Examens et bilans psychologiques

Une méthodologie rigoureuse pour des résultats fiables

Le travail du psychologue lors d'un examen psychologique consiste, en quelques sortes, à rassembler et à agencer les pièces d'un puzzle. En effet, la démarche repose sur un a-priori : celui d'une prédétermination de l'ici et maintenant par l'histoire individuelle. La réflexion s'articule donc autour de trois axes :
u sémiologique : quels sont les signes, les symptômes, les manifestations tangibles... ?
u psychogénétique : quelle est la biographie de la personne à la lumière des étapes du développement psychique ? Quels sont les événements marquants de son histoire ?
u métapsychologique : comment se caractérise son fonctionnement psychique ?

Plusieurs étapes sont ainsi indispensables :

1. La consultation initiale

Au cours de cette séance, il s'agit de faire préciser la demande de bilan. Qui est à l'origine de la demande ? Dans quel contexte s'inscrit-elle ? Quels sont les arguments présentés pour la justifier ? Quelles sont les motivations, les attentes conscientes et inconscientes ? A quelles questions souhaite-t-on apporter des réponses ?

En général, l'entretien se poursuit par le recueil d'informations supplémentaires telles que : la composition de la famille, la place au sein de la fratrie, les antécédents, les événements marquants de l'histoire du sujet, etc. Il est parfois nécessaire de procéder à un deuxième entretien que ce soit pour compléter l'anamnèse ou pour rencontrer d'autres membres de l'entourage de la personne pour qui est demandé le bilan psychologique.

Les difficultés rencontrées par une personne ou une famille ont rarement une cause unique. Il est essentiel que des analyses psychologiques approfondies puissent être menées lorsque du résultat de l'examen psychologique dépend le choix de la conduite à suivre, lorsque l'enjeu est de taille. Parfois, le coût d'un bilan peut paraître élevé mais il faut savoir que, lorsque le recours aux tests s'avèrent  nécessaires, le temps de la passation est négligeable comparé à celui de l'analyse du matériel obtenu. L'éthique du psychologue exige qu'il se dégage des pressions financières ou autres dans le but de fournir une aide pertinente et appropriée à la situation.

La première consultation se termine par la présentation de la méthodologie retenue par le/la psychologue, du nombre de séances qui seront nécessaires et du budget à prévoir.

2. Les consultations suivantes

L'examen psychologique, à proprement parler, s'effectue lors des consultations suivantes. En fonction de la demande et de l'âge du patient, le psychologue choisira tels ou tels outils parmi la palette qu'il a à sa disposition.

Ainsi, par exemple, avec les adultes, l'entretien est souvent assez aisé tandis qu'avec les enfants on privilégiera le dessin et le jeu, voire l'observation dans le cadre de vie habituel (surtout pour les enfants en très bas âge). Face à des difficultés scolaires, il peut être intéressant de commencer par une épreuve d'évaluation du quotient intellectuel mais qui seule sera insuffisante. Les niveaux limites sont les plus délicats à interpréter car ils peuvent correspondre non pas à une insuffisance primitive des fonctions intellectuelles mais à un manque de stimulation, à des blocages affectifs dus à des carences ou des traumatismes, ou aussi à des régressions d'ordre névrotique ou psychotique, ainsi qu'à l'installation d'une psychose ou d'une névrose grave.
Les tests projectifs permettent de révéler la structuration et la dynamique psychique. Leur éclairage est précieux lors de difficultés relationnelles ou de mal-être diffus. Devant la suspicion d'un trouble grave de la personnalité ou d'une pathologie mentale lourde, ils sont indispensables pour confirmer l'hypothèse diagnostique.

Seuls les psychologues cliniciens diplômés sont habilités à utiliser les tests d'évaluation du quotient intellectuel et de personnalité. Il faut noter que l'achat des tests représente un investissement coûteux que tous les professionnels ne font pas.

Je dispose des tests suivants :

u WISC IV : Echelle d'intelligence de Wechsler pour enfants et adolescents. Cette échelle est sans doute la plus connue et la plus utilisée dans le monde. La grande variété des épreuves proposées permet une appréciation fine des caractéristiques personnelles du sujet.

u Test de la figure complexe de REY : C'est un test de copie et de reproduction de mémoire d'une figure géométrique complexe. Ce test perceptivo-moteur fait appel à l'intelligence générale du sujet, ainsi qu'à ses aptitudes à la structuration perceptive.

u ROR : Psychodiagnostic de RORSCHACH. C'est le fameux test des taches d'encre. Ce test projectif est un puissant révélateur de l'organisation structurelle sous-jacente, de la nature de l'angoisse dominante, des mécanismes de défense privilégiés, des conflits internes, des lignes de faiblesse du fonctionnement habituel, de l'image du corps.

u TAT : Thematic Apperception Test. C'est un test projectif également, particulièrement utile dans l'étude approfondie de la personnalité des adolescents et des adultes. Il vise plus spécifiquement à apprécier les modes relationnels du sujet dans ses mouvements identificatoires et ses aménagements défensifs.

u CAT : Test d'Aperception pour enfants. C'est une épreuve basée sur les mêmes principes que le TAT mais plus adaptée aux enfants puisqu'elle met en scène des animaux auxquels les enfants s'identifient plus facilement qu'à des personnes.

u PN : Test de Patte Noire. C'est un test projectif qui couvre un large éventail des tendances instinctives permettant une exploration complète de la personnalité de l'enfant ou de l'adolescent.

u SEI : Inventaire d'estime de soi de Coopersmith, forme adulte et forme scolaire. Comme son nom l'indique, cette échelle permet d'évaluer l'estime de soi d'un individu, dont le niveau détermine la manière dont un individu conduit sa vie. aLire l'article sur l'estime de soi.

u Échelle de gravité des PTSD. Elle permet d'évaluer l'ampleur d'un stress post-traumatique.

3. La séance de présentation des résultats

Une séance doit être entièrement réservée à la présentation de la synthèse des résultats au patient ou à sa famille. En effet, les résultats obtenus ne peuvent être livrés tels quels. Le/la psychologue conscient des implications immédiates et à terme de son investigation pour le patient et son entourage, doit tenir compte des conséquences de sa communication. Il doit fournir une réponse appropriée à la demande et à la situation, adaptée à la sensibilité de chacun, rendre les informations intelligibles et permettre aux intéressés de poser leurs questions et y répondre.

Isabelle LEVERT
Psychologue clinicienne
Psychothérapeute
Pernes les Fontaines (84)

Article (cliquer sur lire l'article) : Des psychologues s'interrogent sur le QI et certains de ses usages.

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