Le travail avec les victimes de violences sournoises

De la parole à la reconstruction de soi

Intervention lors du Colloque à Agen, le 6/12/12, sur le thème : Le viol conjugal, un sujet toujours tabou.

violence conjugaleBonjour à toutes et à tous,

C'est un honneur pour moi d'être ici parmi vous et c'est un plaisir de vous présenter le travail que j'effectue en tant psychologue clinicienne et psychothérapeute auprès des victimes de violences conjugales.

J'exerce principalement en libéral et très rapidement j'ai constaté qu'environ la moitié des demandes de consultation émergeaient directement à la suite d'une crise conjugale et que pour la moitié des autres patientes et patients, leur mal-être s'expliquait par une relation conjugale éprouvante pour ne pas dire destructrice, même si la demande explicite ne mettait pas celle-ci en première ligne. En bref, il s'avérait que 75 % allaient mal parce que le couple posait souci. Il semble qu'un couple qui marche bien a des vertus immunitaires et réparatrices mais que cette condition est rarement rencontrée.

Pourtant, au début, l'avenir avec lui ou avec elle semble très prometteur. Chacun a le sentiment que l'autre est celui ou celle qui a toujours été attendu pour réussir son rêve d'une vie à deux. Les yeux pétillent, emplis d'étoiles. Les amoureux sont aux anges. Puis, un jour, dans le ciel de cette belle harmonie, les nuages s'amoncellent, l'orage éclate, puis un autre... De scènes en scènes, le mauvais temps s'installe de plus en plus. Les périodes d'accalmie revigorent d'espoirs mais un espoir maintenant empli de peur. La peur que l'horreur ne recommence.

Mais qui est donc ce partenaire qui avait tant charmé et qui aujourd'hui déçoit tellement ? Que s'est-il passé ? Comment comprendre que cette osmose des débuts se soit transformée en enfer conjugal, que la voie de la désolation soit empruntée ? Pourquoi certains comportements qui conduisent tout droit au malheur, de l'un et de l'autre sont-ils sans cesse répétés ?

Les séances de couple sont quelquefois assez caricaturales. D'un côté, les émotions sont vives, douloureuses. De l'autre côté, la tendance est à la minimisation. Pourtant il n'y a pas de fumée sans feu ! Cette conviction fut le point de départ de mes recherches.

Je me suis penchée sur une multitude d'interactions dysfonctionnelles au sein desquelles les manières de se comporter du partenaire font violence à l'autre mais sans que pourtant le mot "violence" ne soit énoncé. Il manque dans le discours. Trop d'hommes et de femmes le réservent encore aux seuls cas où la violence touche à leur intégrité physique, même si nous savons que la violence conjugale a commencé bien en amont des coups. Les insultes commencent à être dénoncées comme violence verbale et le dénigrement comme harcèlement moral. C'est déjà un pas en avant. Mais ce n'est pas suffisant, d'une part, pour comprendre les mécanismes qui font que les victimes endurent parfois pendant des dizaines d'années avant de dire "ça suffit" et jusqu'à leur mort aussi parfois. Et d'autre part, il n'est plus possible dans une société qui se dit civilisée de passer sous silence la violence émotionnelle, qui a, elle seule, peut mettre une personne en pièces.

En effet, il existe des formes de violence psychologiques particulières où l'hostilité, comme en filigrane, infiltre le mode d'être en relation de l'auteur, où la destructivité est saupoudrée par fines touches, faites de petits riens. Elle est sans injure mais injurieuse, méprisante. Elle se fait ignorance de l'autre, dédain, indifférence. L'agression est pourtant réelle et récursive.

Pas de coups, pas d'insultes... Non explicites, ces violences sont peu identifiées. Leur lieu privilégié d'exactions est le huis-clos de la relation de couple. Il n'y a donc ni traces, ni témoins. Les dénoncer pour s'en prémunir est très difficile et, ce, d'autant plus      qu'elles détruisent la confiance en soi et en ses ressentis, qu'elles sapent l'esprit critique et la contenance émotionnelle. Elles constituent une atteinte grave de l'intégrité psychique de la victime et font partie intégrante du processus d'emprise.

Il est nécessaire de connaître la violence sournoise pour la reconnaître.

Les victimes peinent à penser que l'on leur accordera le statut de victime. Elles-mêmes ont eu du mal à se considérer enfin comme telles. Elles ne parlent que si elles se sentent écoutées et crues, que si elles entendent que l'on comprend le calvaire de l'accumulation de ces faits qui, pris isolément, peuvent paraître anecdotiques, anodins.

Une petite précision avant de poursuivre : Les violences sournoises ne sont pas spécifiquement une violence de genre. Elles ne sont pas l'apanage d'hommes machos. Mettre la violence uniquement sur le dos d'un machisme de base, d'un héritage socioculturel, est beaucoup trop réducteur. Dans la suite de mon propos, il faudra entendre le mot partenaire comme pouvant être un homme ou une femme.

Je me suis intéressée à la fois à la psychologie des auteurs pour comprendre les raisons du basculement et de leur incapacité à maintenir des relations respectueuses. Je me suis aussi penchée sur les victimes afin de les aider à mettre des mots sur leurs états d'âme, d'expliquer les motifs qui les poussent à rester dans une relation insatisfaisante depuis longtemps, allant parfois jusqu'à consentir à des rapports sexuels non désirés. Non, elles ne sont pas masochistes, non elles ne tirent aucune jouissance de souffrir. Oui, elles sont dans l'amour sacrificiel. Elles aiment trop. Mais quand on aime vraiment, aime-t-on jamais trop ? Cet Amour avec un grand A fait qu'elles se remettent sans cesse en question, qu'elles font preuve d'une compassion sans limite - et elles y sont poussées, manipulées par un appui sur leurs plus belles qualités qui, au final, se retournent contre elles. C'est assez atroce pour ne pas ajouter à leur déchirement en les cataloguant de faibles ou de victimes consentantes. Leur faille est d'être capable d'aimer sans limite la mauvaise personne !

Les conflits sont courants dans la vie de couple mais les altercations qu'il m'est donné d'examiner souvent ne sont pas de simples disputes. Ces situations m'ont amenée à considérer de plus près trois troubles de la personnalité : la mythomanie, la petite paranoïa et la perversion narcissique qui ont en commun des traits pervers plus ou moins prononcés. Il s'agit en fait de trois pathologies du narcissisme qui, au fur et à mesure des interactions, en viennent à mettre le narcissisme des conjoints en souffrance, parfois même dans les formes les plus exacerbées, jusqu'à la perte de l'élan vital et l'annihilation.

Un peu schématiquement, au cours de la première phase de la rencontre,
- le mythomane travestit son personnage et se dote des attributs grâce auxquels il pense être plus séduisant.
- le parano, avant d'en venir à vouloir contrôler son partenaire, se contrôle de manière à préserver son image de marque ; il y tient comme à la prunelle de ses yeux.
- le pervers narcissique est tellement persuadé de sa perfection qu'il excelle à se glisser dans l'idéal de sa victime, à la capter pour la faire entrer dans son scénario.
Jusqu'ici, le partenaire pense vivre un conte de fées avec un prince ou une princesse. Cependant, il ne va pas tarder à être percuté de plein fouet par une toute autre réalité.

Le virage de la relation a lieu
- quand les histoires de plus en plus rocambolesques du mythomane présentent des incohérences et que son brio vole en éclats et avec lui la confiance,
- quand, pour des peccadilles, le parano sort de ses gonds, hurle, menace, terrorise et ainsi laisse percevoir de lui une facette nettement moins reluisante,
- quand le partenaire exprime une insatisfaction ou un désaccord, la relation avec un narcissique vire à l'aigre-doux. En effet, il ne peut rien concéder qu'il n'ait décidé lui-même ou en fait payer le prix fort à l'autre mais aussi, il a besoin du reflet de son image magnifiée dans les yeux de l'autre comme faire-valoir. Et quand ceci achoppe, il passe en une fraction de seconde de la passion à la haine.

On se rend déjà compte que le ou la mythomane s'inscrit en marge parce que ses mensonges visent à séduire l'autre tel un héros et non pas à l'assujettir. Mais quand même il y a un forçage de l'attachement et lorsque le pot aux roses est découvert une amère désillusion. Soit le mythomane recommence ailleurs le même drame, laissant derrière lui son partenaire, honteux de s'être laissé embobiné. Soit il promet qu'il ne mentira plus, entraînant son partenaire, qui préfère le croire que d'affronter la rupture, dans un rapport de collusion.

Quant à lui, le parano, malgré ses attentes de déférence, il se vit comme un vilain petit canard. Il s'est armé d'une maxime qui lui sert de rempart : "Ne compte que sur toi et méfie-toi de tous" et contre laquelle le partenaire se cogne la tête. Il est maintenu en orbite, ni trop proche, ni trop éloigné, de sorte qu'une véritable relation d'intimité ne se construit pas. Tout au plus des moments de fusion succèdent à la domination et au terrorisme relationnel, exercé sous le prétexte (avant le texte) de traits de caractère : susceptibilité, jalousie, rancune. Certains, aux prises avec leur délire de jalousie, intensifient même les rapports sexuels pour se prémunir du danger que leur partenaire aille assouvir son désir ailleurs ; celle-ci n'osant pas dire "non" de crainte d'alimenter le moulin fou de ses doutes. Déjà que ses suspicions sont blessantes, que, par ses questionnements sans fin, il s'acharne à obtenir des aveux et qu'elle s'en veut de ne pas mieux rasséréner le jaloux. Racamier parle de la paranoïa comme d'une perversion socialifiée, avançant sous le couvert d'idées persécutrices.

Le paranoïaque de type sensitif se contient mieux. Il se retire pour ruminer sa hargne dans le non-dit et ne présente donc pas les manifestations de quérulence habituelles du parano. Il est moins autoritaire, moins vindicatif, surtout plus vigilant à ne pas prêter le flanc à la réprobation.

Le diagnostic différentiel avec le pervers peut, de ce fait, être difficile à établir. Surtout, qu'ils ont en commun que
 - leur réalité subjective est la seule admissible,
 - une intolérance radicale à un autre point de vue que le leur,
 - un égocentrisme qui ne laisse aucune place à l'empathie.
Dans leur système de pensées, il n'y a pas de place pour l'éventualité de la méprise.
Leur hermétisme est tel que toute tentative de dialogue échoue. A peine ébranlé, le système se reforme aussitôt.

Le pervers exerce une emprise telle que comme une proie dans une toile d'araignée, le partenaire est englué dans la relation. Usée, abusée sans aucune culpabilité, entrée en disgrâce, la victime s'échine quand-même à sauver son couple. La relation est déséquilibrée, le pervers ne fournit aucun effort. D'ailleurs pourquoi le ferait-il ? Il a décrété qu'elle ne convient pas et il attend simplement de bondir sur une autre, objet-ustensile qu'il espère plus malléable cette fois. Les termes de relation kleenex trahissent 1) leur facilité déconcertante à rompre les amarres, à clamer quelques fois à haute voix et à qui veut l'entendre qu'il serait tout aussi bien de vivre seul mais ils trahissent aussi 2) cette interchangeabilité des partenaires dans l'esprit du pervers.

Jusqu'ici, j'ai à peine évoqué le viol parce que le viol conjugal n'est pas ce qui est mis au devant de la scène par les victimes. Il n'est, et c'est triste à dire, qu'une partie invisible de l'iceberg, qu'une atteinte de plus, parfois de trop d'ailleurs.
Les enfants étaient à proximité, lui, il faisait des histoires et menaçait de réveiller tout le monde avec un esclandre, alors elle a ouvert les jambes, a laissé faire et il a fait sa petite affaire. Certaines femmes vivent là le point de non-retour, s'étant senties si peu considérées, chosifiées à outrance qu'elles parviennent enfin à dire stop, dégoûtées jusqu'à la nausée du comportement de leur conjoint.
Bien souvent, elles ne révèlent cet abus du corps qu'après s'être allégées du poids de la honte. Oui, alors qu'elles n'ont commis aucune faute, elles endossent la honte d'avoir été aussi mal traitées, autant mal aimées, comme si elles étaient dotées d'une tare, qu'elles n'étaient pas aimables, au sens étymologique du mot - aimable, qui peut être aimé(e).
Alors, parfois aussi, quand l'autre se servait de ce corps pour se masturber (on est loin de la communion amoureuse, de l'acte qui sacralise l'amour), et bien, c'était déjà mieux que rien, mieux que le mutisme et l'ignorance. Plusieurs patientes m'ont confié que leur conjoint leur infligeait en guise de représailles parfois des semaines, voire des mois sans une parole, sans un regard, ultime déni d'existence.

Une dame de ma patientèle a épousé un homme qui est la copie conforme de son père. Enfant, elle n'a pas reçu l'affection et la bienveillance, la violence que sa mère et eux, les enfants, subissaient à la maison était son quotidien, l'ordinaire. Elle n'avait pas de repères pour réaliser que ce que son mari lui infligeait était monstrueux. Quelques fois, lors de ses assauts sexuels, sa tête cognait le mur mais il s'en fichait. Il la retournait comme une poupée (elle est toute menue et ravissante) et poursuivait de plus belle. Elle avait mal mais ne se plaignait pas. A son retour de la maternité, à peine lui avait-on retiré les agrafes de l'épisiotomie qu'il la chevauchait et que la plaie se redéchirait. Un jour, elle avait tellement mal dans le bas-ventre qu'elle fut envoyée à l'hôpital. Lors de l'examen, à trois reprises, on lui demanda si elle avait été violée. Son corps, à l'intérieur, portait les stigmates de la brutalité et de la violence sexuelle. Elle répondit "non" et elle était sincère. Dans son esprit, elle était sa femme alors... c'était comme naturel dira-t-elle. De la violence physique, il y en eu aussi, par deux fois : une gifle alors qu'elle le houspillait légèrement parce qu'il refusait de répondre à son affection. C'était à leurs débuts. Plus tard, un revers en travers de son visage. Monsieur n'avait pas supporté qu'elle discute avec une ancienne connaissance. Mais, elle, elle met l'accent plutôt sur la violence morale, disant : "Il y a des mots qui font beaucoup plus mal que les coups". Elle est restée 30 ans avec cet homme, 30 ans de maltraitance, avant de divorcer. Aujourd'hui, les larmes coulent encore le long de ses joues sans qu'elle comprenne parfois ce qui les déclenche. Elle a accumulé tant d'émotions douloureuses qu'à la moindre chose, elles remontent à la surface. A 50 ans, elle découvre la tendresse et le respect.

Quand on a été l'objet de l'autre, on ne peut redevenir sujet de sa vie que sous un regard bienveillant et une écoute active, c'est-à-dire qui qualifie d'inacceptables toutes formes de violence et qui valide les réactions qu'elles ont suscitées. Non, elle n'est pas folle d'avoir réagi de telle ou telle manière. Oui, les colères des victimes - je parle de colère et non pas de débordements violents - sont compréhensibles dans leurs contextes. Il faut restituer cette légitimité parce que les auteurs se sont déjà tellement servis des réactions des victimes pour justifier de leurs causes, dans une inversion sidérante des rapports de cause à effet où leurs propres méfaits sont ainsi complètement occultés. Il y a là de quoi pousser à bout n'importe qui, même la personne la plus équilibrée.

Voici un exemple : lui, depuis une dizaine de jours est parti de la maison, il vit chez sa sœur. Lors d'un échange téléphonique, lui et sa conjointe se mettent d'accord pour se voir un soir de la semaine. A l'heure du rendez-vous, personne. Deux heures plus tard, il décrochera le téléphone pour lui répondre : "je me suis endormi, ça peut arriver, mais de toute façon je ne serais pas venu, je n'en ai pas envie". Elle voit rouge et le lui dit. Certes, d'une façon quelque peu vive mais ni vulgaire, ni méchante. Il rétorque : "de toute manière, on ne peut pas échanger avec toi".

Lorsqu'elle est prise en défaut, la personne perverse n'assume pas la responsabilité de ses actes mais, en plus, reproche à son partenaire de n'être pas d'accord. Il faudrait tout supporter, même l'insupportable, et de gaîté de cœur. La logique absurde est si déconcertante qu'elle laisse pantois. Une femme dit ainsi à son partenaire : "Comme je ne t'emmène pas, c'est bien que le problème est chez toi". Une autre répartie typique : "puisque je ne te touche pas, c'est bien la preuve que le problème vient de toi". Les propos lâchés comme par mégarde sèment une confusion sans nul pareil.

Témoignage :

Je suis un homme de 51 ans, en couple depuis 32 ans, depuis des années à me demander ce que j'avais fait pour être puni par un être si charmant, pour qu'une personne si unanimement appréciée soit si distante, si secrète et si peu aimante dans ses actes par rapport à ses paroles. Elle passe son temps dans la dualité, le chaud et le froid, le mutisme et le mépris.
J'étais d'un naturel expansif et rieur, gai et râleur à la fois, plein de vie et d'envies. Je me remets d'une dépression et cherche au fond de moi quels ressorts seraient encore capables de me faire avancer.
J'ai une sensation de malaise face à celle qui partage ma vie, m'a donné de beaux enfants et avec laquelle j'ai l'impression de m'éteindre à faire de mon mieux pour rien.
Et si finalement c'était elle qui était juste ce qu'elle est et que ma perception de la réalité était encore plus pathologique que je ne le pensais ? Peut-être suis-je un être détestable, névrosé, jamais content, avec des comportements qui l'empêchent d'être ce qu'elle est, avec son propre vécu de souffrance.
C'est effarant de constater à quel point elle est à la fois dans la souffrance et le rejet de l'autre, de ce qui est différent. Elle ne s'est jamais excusé de rien, elle a toujours une justification de ses actions même et surtout si je lui dis qu'elles sont blessantes pour moi. Elle est dans la négation de mes ressentis. Cela ne l'intéresse pas. Si je pose une demande ou exprime un besoin, je suis infantile. Si je me rebelle, je suis méchant. Si je ne dis rien, je fais la gueule. Elle ne rate jamais une occasion de me pousser à bout en public et de m'humilier aux yeux de tous. Elle ne s'est jamais réjouie de mes réussites, de ce que j'ai pu lui donner mais elle se réveille et son regard pétille quand je suis dans l'embarras et les ennuis.
Elle a été élevée par une mère misandre (qui a de la haine et du mépris pour les hommes) et un père colérique et violent. J'espérais en lui donnant tout mon temps, mon amour, mes attentions les plus douces et tout ce que j'avais, l'ouvrir au partage, à la complicité... J'ai échoué car j'ai été maladroit si souvent blessé par son inattention et son indifférence que j'ai moi-même développé des comportements déviants et malsains dont j'ai honte. En même temps que je prends conscience de cela, je cherche des solutions, des méthodes pour retrouver la joie de vivre, arriver de nouveau à lui ouvrir mon cœur sans avoir peur d'être encore délicatement déchiré par petites touches assassines et discrètes, arriver encore à retrouver le chemin pour prendre soin d'elle... mais je doute tellement de mon propre ressenti que je me sens encore plus mal.
C'est une personne qui a d'énormes qualités mais dont la susceptibilité cachée coupe la relation aux autres et elle reste enfermée dans son monde où tout ce qui est masculin est soit dangereux soit néfaste. C'est la personne que je voulais rendre heureuse et qui finalement me fait me ronger moi-même. Je n'éprouve plus le moindre plaisir. Je me sens complètement impuissant (au sens propre comme au sens figuré). Rien de ce que j'ai fait ou mis en route avec elle ne trouve grâce à ses yeux et ne mérite de s'y attarder mais elle s'écroule en morceaux si j'essaie de la quitter et me fait porter le poids de la culpabilité de l'abandonner.
L'ambiguïté de la situation est telle que je me demande si je ne suis pas parano ou tordu.
Sa relation à moi est perverse et même vampirique. Elle prend sans jamais donner et dénigre ce qui me plaît en me ridiculisant tendrement...
Je suis perdu entre moi et l'autre et réalise qu'il me faut me faire accompagner avant de partir plus en vrille dans la souffrance et la honte de moi.
Je prends conscience de ma souffrance et de mes errances. Reste à élaborer une solution soit à deux, soit séparément, mais je ne voudrais pas la faire souffrir car je suis convaincu que son comportement cache un mal-être énorme que je n'ai pas su combler ou, pire, que j'ai aggravé.

Ce témoignage est éloquent du trouble dans lequel sont plongées les personnes sous emprise. La remise en question de soi est excessive, au point que les repères sont balayés, que la déstabilisation est extrême et que les assises identitaires vacillent dangereusement.

Toutes les victimes de violences conjugales ont connu dans les premiers temps de leur vie une sorte d'habituation à l'empiètement de la part des figures d'attachement de sorte qu'elles ne disposent pas de repères suffisamment stables pour poser un jugement négatif sur les comportements inacceptables de l'autre et dire "stop" dès que les premiers surviennent. Ils devraient allumer les signaux d'alarme mais les seuils de tolérance sont trop hauts pour que les voyants clignotent au rouge et que la personne prenne ses jambes à son cou, consciente qu'il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Ceci vous rappelle sans doute la notion de compulsion de répétition. Pour ma part, je n'utilise pas ces termes car ils sont trop culpabilisants pour les personnes mais je travaille à instaurer ou à restituer des repères de manière à ce que les choses ne se répètent pas.

Les victimes sortent de cette spirale lorsqu'elles développent une intolérance à l'empiètement. Les remarques de l'entourage, du type " tu attrapes un sale caractère" marquent le changement et sont la preuve que les manigances ne marchent plus, la personne ne se conforme plus à leurs attentes. En fait, elle n'a pas un sale caractère mais du caractère et ne se laisse plus faire.

Quels sont les ingrédients de l'emprise ? Comment cette emprise se maintient-elle dans le temps?

- la manipulation est au premier plan. Les procédés peuvent être regroupés autour de trois axes :
    - la culpabilisation, avec par exemple : le fait de pousser l'autre à la faute pour le discréditer ou se vexer de tel ou tel reproche alors qu'il est fondé..;
     - la déstabilisation, avec par exemple : la disqualification des besoins, sentiments ou valeurs de l'autre, le fait de se disculper de ses manquements sous prétexte que les intentions étaient bonnes, d'opérer certains glissements dans le déroulement des événements de façon à falsifier la réalité à son avantage...
     - la subjugation. A ce propos, je vous invite à relire la pièce de Molière "Don Juan". Le vil séducteur n'est pas mort depuis le temps, il n'a même pas pris une ride.

La victimisation est un mélange de culpabilisation et de déstabilisation. Elle est une manoeuvre habile pour retourner une situation à son avantage. La pseudo-autodévalorisation en fait partie. Ainsi cette phrase "je suis incapable de rendre une femme heureuse", qui coupe l'herbe sous le pied à l'autre grâce à une sorte de mea culpa triomphant. Face à ce genre de discours, si on se précipite pour rassurer ou réconforter, on tombe dans le piège. Le manipulateur, flairant le syndrome du sauveur n'a plus qu'à frotter son archet sur la corde de la compassion. Si j'en reparle aujourd'hui, c'est que les partenaires en ont fait les frais jusqu'à la rupture mais que cette dernière ne met pas un terme au problème et que les difficultés souvent ne s'arrêtent pas là.

Les divers interlocuteurs (assistants sociaux, policiers, gendarmes, magistrats, psys...) peuvent également tomber dans le piège de la victimisation. Les victimes, les vraies, savent à quel point leur ex-conjoint peut être malin et redoutent que les tiers soient bernés. Elles se voient infligées une double peine lorsque cela arrive et sont affligées de ne plus savoir comment protéger leurs enfants, livrés ainsi à un parent toxique parce que son mode relationnel est tordu. La violence ne s'exprime pas uniquement envers le conjoint mais aussi envers les descendants, d'autant plus vulnérables qu'il y a un rapport d'autorité. Prenons garde, sachant que nous ne sommes pas arrivés dans nos métiers d'aide, de soins, de protection, par hasard.

Fréquemment, les enfants sont instrumentalisés ou utilisés pour continuer à dominer l'ex-conjoint ou conjointe qui cède pour les préserver un maximum, acceptant, par exemple, qu'ils lui soient remis devant une gendarmerie ou sur une place de village à 500 m de son domicile, que les dates pour le droit de visite soient sans cesse modifiées en dépit de l'ordonnance de justice, etc. et quand n'en pouvant plus, n'ont d'autres recours que de déposer plainte et d'être quelques fois mal reçu parce que les forces de l'ordre ont d'autres chats à fouetter et ne comprennent pas quels sont les enjeux. Il n'est pas facile d'expliquer que l'on en a assez d'être comme une marionnette dont l'autre actionne les ficelles selon son gré.

Parmi les ingrédients de l'emprise, on trouve aussi la passivité-agressive. Un comportement peut être qualifié comme tel dans la mesure où, par le silence, l'indifférence affichée, l'éloignement, etc., le besoin d'être en relation et les attentes de dialogue du partenaire sont ostensiblement ignorés. Je la dénonce comme violence sournoise car elle est à la fois une disqualification du lien, une provocation qui pousse à bout et sert à recharger le narcissisme du provocateur, une façon d'assigner l'autre à l'échec, à l'impuissance avec pour effet majeur une confrontation à la même épouvante que celle ressentie par la nymphe Echo face à Narcisse, emprisonnée dans un monologue éreintant.

"Il y a 4 ans, mon mari m’annonçait son intention de divorcer pour vivre seul, ceci après 23 ans de mariage et sans jamais n’avoir parlé de rien auparavant. Je suis toujours dans l’incompréhension. Comment peut-on ‘jeter‘ du jour au lendemain la personne avec qui on vient de passer 23 ans sans aucune explication franche, sans la moindre envie de se donner une 2ème chance ? J’ai le sentiment que pendant toutes ces années il n’a accumulé que rancoeur et non-dits à mon encontre, qu’il a dit ‘oui’ à tout même s’il pensait ‘non’, qu’il a joué le rôle du mari parfait à contrecœur alors que personne ne lui demandait. Lui dire mon ressenti n’a servi à rien. Lettres, mails il ne les lit pas ou s’il les lit, il n’y répond pas. Avoir face à soi un mur totalement muet me fait ressentir de la haine et de la colère. Son silence et son indifférence sont d’une violence inouïe".

Le credo pervers vante l'inutilité de se pencher sur le psychisme. La désolation de l'autre ne suscite aucun questionnement. L'un dira : "J'évite de penser", un autre "Il ne faut pas me tarabuster l'esprit".

Racamier avait mis en évidence, d'une part,
1) l'immunité conflictuelle et objectale du pervers dont l'impassibilité trahit l'absence de souffrance et de deuil, d'autre part,
2) le triomphe d'avoir réussi à compter pour l'autre mais à ce que l'autre ne compte pas pour soi. Or, la réciprocité amoureuse implique au minimum l'interdépendance affective entre les partenaires.
Et de cela, il se protège en expulsant chez autrui ce qu'il ne supporte pas de lui-même pour ensuite attaquer ces excrets et en prendre prétexte pour ne pas s'impliquer. Le mode est rarement direct, plutôt allusif, suggestif.

Et j'en viens à d'autres ingrédients de l'emprise : la disjonction aliénante et le diktat de l'arbitraire, la douche écossaise, la double contrainte.

La disjonction aliénante consiste à projeter sur autrui des traits dans lesquels il ne se reconnaît pas.
Il est acculé à un choix abominable :
ou endosser la culpabilité de ne pas être ou devenir l'incarnation du complément d'identité réclamé par l'autre ou se rendre complice d'une négation de soi quand on accepte de jouer le rôle. Le recours à ce procédé peut être volontaire pour créer une déflation narcissique, comme cet homme qui en présence de sa conjointe avouait qu'il recourait à une stratégie du doute pour mieux la soumettre.

Face à l'aplomb hors du commun de son bourreau, la victime est sommée de se rallier à une conception négative et négativante d'elle-même. Son altérité est considérée comme nulle et non avenue. Quand elle tente de se défendre, son partenaire rétorque qu'elle ne l'accepte pas comme il est, de sorte que ses réflexions sont brouillées, que sa tentative de mutinerie est annexée à son argumentaire. Elle n'a plus qu'à ravaler sa rage. Elle est face à la logique de l'Un.
Certains souvenirs (souvenirs-couvercles) sont sans cesse ressortis du passé comme un paravent dressé au-devant d'elle, un arbre pour cacher la forêt.
Elle paie le prix fort du diktat de l'arbitraire.  Ses sentiments sont dénués de validité, ses actes dépouillés de leurs mobiles, la situation de son sens.
Quand elle dénonce la combine, le pervers se débine et quand elle adhère à son arbitraire, tandis qu'elle perd son ancrage dans la réalité, cela l'ennuie et il la méprise.

La douche-écossaise traduit les multiples voltes-faces du conjoint. Le résultat est la rupture de la contenance émotionnelle. A chaque revirement, les émotions arrivent par vague comme un tsunami et  laminent la victime. Au fur et à mesure, elle perd ses forces d'insurrection. Son humeur devient morose. Elle est sur le qui-vive, ne sachant pas à quelle sauce elle sera mangée l'instant d'après.
Cette alternance de retrait et de rapprochement font qu'elle régresse à une dépendance affective excessive, comme un tout petit enfant.
Elle est prise dans une course folle après un rêve qui s'échappe chaque fois qu'elle s'en approche de trop près. Comme Icare, elle se brûle les doigts quand elle croit toucher enfin le bonheur.

La double contrainte est une notion que l'on doit à l'école de Palo Alto. Je ne la reprends pas ici dans le détail mais souligne quand-même que, lorsque quoi que l'on fasse, cela ne va jamais et qu'un châtiment en découle, on vit avec la sensation d'une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Une phrase peut l'illustrer : "Sois toi mais sois tel(le) que je désire que tu sois !" Je me suis servi aussi du modèle de doubles contraintes réciproques de Mony Elkaïm pour montrer comment les partenaires peuvent, parfois malgré eux, entrer dans un jeu malsain du chat et de la souris.

Au chapitre des composantes de l'emprise, on trouve aussi la communication abusive.

La langue de bois est un point fort de la personne perverse, habile à prendre la tangente ou la fuite, en barrant le dialogue, soit par une clôture unilatérale de la discussion, soit en faisant l'huître, ou par une attaque véhémente, une menace de rupture de la relation, la mauvaise foi.
Les tours de passe-passe sont innombrables : retourner la question, prétendre avoir un trou de mémoire, simuler d'être d'accord, user de formules toutes faites, minimiser, raviver de vieilles rancunes, etc. Alimenter l'ambiguïté en marmonnant, en s'exprimant par bribes, en répondant sans cesse "je ne sais pas" participe également à la langue de bois. De même pour les atteintes portées à l'interlocuteur dont la parole est mise en doute, à qui il est prêté de fausses intentions, qui est discrédité, ...

Le langage d'injonction et de rétorsion vient compléter le tableau. On distingue
 1) l'injonction de culpabilité et
 2) celle de conformité.
La première vise à amener l'autre à croire que ses façons sont répréhensibles, qu'il est seul responsable du fiasco conjugal et à l'accabler pour qu'il ne se débatte pas.
La seconde vise à faire rentrer dans le rang.
La rétorsion entraîne la personne à penser que toute action de sa part se retournera contre elle.
Les conséquences sont notamment une remise en question de soi dans des proportions ahurissantes.

A ce panorama déjà tragique, certains ajoutent des attaques perfides. L'envie haineuse les pousse à castrer les autres du bonheur. L'un d'eux dira à sa conjointe : "ce que tu es m'humilie" ou encore "je t'aime tellement que je ne peux que te détruire". Comme ils ont besoin de stimulations, ils soufflent alternativement le chaud et le froid. Ils n'hésitent pas à recourir au chantage affectif ou à des promesses qui ne les engagent pas Ils ne supportent pas que leur proie ne leur échappe.
Tels des vampires, ils s'abreuvent des émotions de l'autre et vont jusqu'à critiquer un détail du physique de leur partenaire ou à s'en servir comme d'un motif de rupture. C'est humiliant.
Leur but est de supprimer le moindre pouvoir que l'autre pourrait avoir sur eux. Ainsi, leur hiérarchie des priorités lui montre le peu d'intérêt qu'il se voit accordé, les phrases assassines telles que "je serais aussi bien sans toi" finissent de disqualifier le conjoint.

Le processus de l'emprise implique également d'activer et d'accroître chez la victime des tendances qui lui sont propres.
Un tempérament de sauveur peut ainsi conduire
à trop de compassion et à s'oublier au bénéfice du bourreau, supposé hanté de souffrances qui expliquent ses comportements, à croire que l'amour peut tout, à garder un espoir indéfectible que l'autre change, à repousser encore et encore les limites et à vivre une relation de plus en plus inégalitaire.
La nostalgie est quelque chose qui appartient à la victime mais qui est renforcée chaque fois que le bourreau
fait mine de reconnaître ses responsabilités, qu'il ranime le souvenir des débuts magiques comme il actionnerait un levier pour récupérer sa proie. La nostalgie revient souvent en fanfare quand la colère s'estompe. Elle anéantit les bonnes résolutions, bâillonne la fierté et rend sourd à toutes les objections qui empêcheraient que la victime ne se jette encore dans la gueule du loup.

Des distorsions cognitives (des erreurs de la pensée) sont accentuées, qui enferment la victime dans une prison de croyances. C'est le cas lorsqu'elle pense que, seule, elle ne s'en sortira pas, qu'elle n'est rien sans lui, qu'elle occulte ses propres atouts pour ne retenir que ses faiblesses, qu'elle ne se révolte pas contre les étiquettes qu'on lui colle sur le front : incapable, exigeante, pleurnicheuse, et j'en passe...
N'avez-vous jamais entendu dire que la jalousie est une preuve d'amour ? Cette pensée est une distorsion cognitive.
Elles sont nombreuses à saper la confiance en soi, l'estime de soi, l'amour de soi et à entraver l'action qui permettrait de sauver sa peau.

La liste n'est pas exhaustive mais elle donne un aperçu de ce qui empêche les victimes de sortir des griffes de leurs agresseurs, de prononcer un NON irrévocable.

Identifier les divers facteurs qui ont constitué l'emprise permet de se comprendre et de se pardonner. C'est important parce que les victimes elles-mêmes se blâment d'être restées aussi longtemps, trop longtemps dans cette relation qui les détruisaient lentement mais sûrement. La danse du serpent Kâ n'aura maintenant plus le même effet sur elles. Elles n'attendent plus un miracle. Le happy end est leur retour à la vie.

Quand les victimes se dégagent enfin de l'emprise, le sentiment de révolte et le besoin de justice sont immenses. Il y a eu abus de confiance et d'amour et aussi outrage. Mais il n'existe pas de tribunal pour ces criminels, pas de procureur pour exposer au grand jour leurs ignominies et requérir leur condamnation, pas de garde-fou pour les empêcher de nuire. Le meurtre et l'abus sexuel sont passibles des assises mais, en matière conjugale spécialement, faute de preuves, il n'y a pas de procès ou rarement et encore moins pour les violeurs et les assassins de l'âme, si ce n'est celui que la victime mène dans un long conciliabule avec elle-même.

Pourtant le traumatisme est bien réel et ses effets se font sentir pour longtemps, au niveau individuel mais pas seulement (facture des arrêts de travail, des prescriptions de neuroleptiques, aux retentissements sur les enfants, leurs résultats scolaires, leurs avenirs affectifs et professionnels...). Le coût humain et pécuniaire de cette dévastation de la personnalité est gigantesque.
La société, nous, devons tout tenter pour endiguer la propagation de ce mode relationnel pervers et soutenir les victimes dans leur combat pour sortir des situations d'emprise et se reconstruire après un tel massacre psychique. Et ce n'est pas simple parce que leurs bourreaux pour beaucoup d'entre eux ont un double visage. Ils sont mi-anges mi-démons. Démoniaques loin des projecteurs, angéliques en public. Face aux tiers, ils donnent le change, ils se contiennent, présentent bien.

"La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas" (Baudelaire).

Ne commettez pas la même erreur que les victimes qui, pendant longtemps ne parviennent pas à rassembler les multiples facettes du personnage en un seul visage, comme devant une pièce de monnaie dont on ne peut pas percevoir en même temps les deux faces. Leur ambivalence est grande et s'explique par le sabotage insidieux de leurs facultés de penser.
Ne devenons pas des complices involontaires, martyrisant un peu plus les victimes et confortant les agresseurs dans leur sentiment de toute-puissance et d'impunité !

La parole, quitte parfois à leur prêter des mots comme Dolto disait qu'on le fait avec les enfants, permet de restaurer les capacités de distanciation, de positionnement et de dégagement des situations aliénantes. Les mots ont le pouvoir d'abîmer mais aussi de réparer.
Nos mots sont extrêmement importants.
Ils posent des repères là où ils faisaient défaut, ils permettent d'historiciser les traumas, ils ancrent la nécessité de faire confiance à ses ressentis et d'oser l'exigence dans la relation amoureuse. C'est ainsi que l'on se reconstruit.
J'espère que les miens auront trouvé un sens pour vous. Je vous remercie de m'avoir donné la parole. En toute humilité, je suis consciente que c'est une goutte d'eau dans l'océan mais ce n'est pas rien. Merci.

Isabelle LEVERT
Psychologue clinicienne
Psychothérapeute
Pernes les Fontaines (84)

Adresses utiles

Viols femmes informations - 08 00 05 95 95 - du lundi au vendredi de 10h à 19h
Violence conjugale, Femmes info service - 01 40 33 80 60 - 04 40 02 02 33

Liens utiles

stop-violences-femmes.gouv.fr
www.sosfemmes.com
www.infofemmes.com

Bibliographie

LEVERT, I., Les violences sournoises dans le couple. Paris, Robert Laffont, 2011.

retour

 

 

© Les textes édités sur ce site sont la propriété de leur auteur.
Le code de la propriété intellectuelle n'autorise, aux termes de l'article L122-5,
que les reproductions strictement destinées à l'usage privé.
Tout autre usage impose d'obtenir l'autorisation de l'auteur.