Fiches de lecture

Les fiches de lecture n'ont pas la prétention de résumer le livre ou l'article mais ont pour but d'en relever quelques éléments particulièrement intéressants.

FOUREZ, B., "Diagnostic d'exclusion" Théâtre de la première rencontre du patient fonctionnel avec le monde psy, in Cahier de Psychologie clinique, n°1. "La première fois". De Boeck université. 1993, p. 115-125.

La personne est envoyée chez le psy après un diagnostic d'exclusion.
"Le mot d'exclusion est très porteur car d'une part il indique une carence de sémiologie clinique et d'autre part tout se passe comme si la maladie fonctionnelle pouvait véhiculer une exclusion, ou un rejet voire un déni." p. 116.

La maladie fonctionnelle est un indice, un signal de dysfonctionnement de l'être humain dans sa globalité (complexification de la tâche médicale).
2 risques face à un patient psychosomatique :
- limiter l'approche à un traitement de l'organe seul constitue à dénier tout ce que recouvre le symptôme.
- situer le traitement en dehors du cadre médical souligne la limite de la pensée médicale organique.
Il y a lieu de perméabiliser le discours. Plutôt que d'entamer l'escalade d'une recherche de la compétence supérieure auprès du spécialiste ce qui en bout de course signifie souvent "maladie imaginaire". Pendant ce temps, durant quelques fois plusieurs années, le statut du symptôme a changé, d'affection il est passé à celui de maladie et les ressources physiques et psychiques se sont affaiblies. Une douleur qui perdure épuise tant le corps que le mental, d'où l'intérêt qu'il y a à opérer un lien entre la psyché et le soma dès le début de la prise en charge. En effet, Fourez va jusqu'à s'interroger sur les conséquences de cette période mutique (laps de temps entre la plainte du patient et l'émission du diagnostic de fonctionnalité), cause sans doute de l'évolution à un stade lésionnel.

L'entretien de psychiatrie de liaison
Le malade est psychosomatique dans la culture du psychosomaticien mais pas à ses propres yeux.
Entretien = choc de culture
C'est pourquoi il faut qu'il y ait une rencontre véritable c'est-à-dire que le patient se sente reconnu tant au niveau de sa souffrance que de la logique de sa démarche (logique personnelle/familiale/contextuelle). Ce n'est pas par hasard que le patient a dénié jusque là les implications du psychisme dans son être. Travailler dans le champ de la psychosomatique n'est pas exclure l'une ou l'autre discipline mais opérer la liaison entre elles (entretien de triangulation), d'autant plus que c'est le somaticien qui est demandeur de l'intervention du psy.
Autre intérêt de ce type d'entretien : Bien que le patient s'ouvre à une autre dimension de son problème, celle de l'intra-psychique et/ou interrelationnelle, c'est dans son corps qu'il souffre, la présence du corps médical dénonce clairement qu'il faudra tenir compte de cet insupportable dont la prise en charge psy ne pourra pas faire l'économie. On ne peut attendre que la guérison survienne "de surcroît". L'entretien de triangulation stipule explicitement cette interaction nécessaire entre les soins apportés au corps et au psychisme tout en effectuant une différenciation entre le rôle respectif de chacun des intervenants. L'entretien de liaison ne posera pas d'emblée l'indication de psychothérapie mais essayera de sensibiliser le patient à l'intérêt d'élargir le lieu d'investigation de son trouble. Se souvenant que l'initiateur de la rencontre n'est pas le patient, il a à se positionner en offreur et travailler à partir de l'interaction provoquée (circulation de l'information).

Et passage à un diagnostic d'inclusion.

 

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