L'impuissance masculine

D'origine psychologique dans la majorité des cas

L'impuissance masculine est une vraie pathologie aux multiples implications psychologiques et relationnelles.

Définition

L'impuissance peut se définir comme l'impossibilité d'obtenir ou de maintenir, lors des changements de position ou en cours de pénétration, une érection suffisante à un rapport sexuel, survenant au moins une fois sur deux ou ne permettant que rarement, voire jamais, d'atteindre la satisfaction sexuelle. Il y a donc plusieurs degrés d'impuissance : l'absence totale d'érection ou l'érection capricieuse, instable.
Les termes de dysfonction érectile sont de plus en plus préférés à celui d'impuissance bien que ce dernier mot renvoie explicitement au ressenti de l'homme qui en est victime.
Tous les hommes connaissent, un jour ou l'autre, une panne, les empêchant de pénétrer leur partenaire. On ne parle pas d'impuissance lorsque les défaillances sexuelles sont occasionnelles. 

Les causes de l'impuissance

Dans tous les cas, le diagnostic relève des compétences d'un médecin spécialiste en urologie. La présence d'érections matinales est souvent un indicateur d'impuissance pour des raisons psychologiques. La distinction des causes organiques et des causes psychologiques est quelque peu artificielle dans la mesure où elles sont presque toujours intriquées et où les facteurs psychologiques se surajoutent aux problèmes organiques.

Causes organiques
- maladie : diabète, taux de cholestérol trop élevé, hypertension, déséquilibre hormonal
- interventions chirurgicales : opération de la prostate, du rectum, de la vessie
- lésions traumatiques de la moelle épinière, du bassin
- neuropathies
- maladie de La Peyronie
- mode de vie : alcoolisme, tabagisme, consommation de cannabis, prise d'anabolisants
- certains médicaments
- obésité
- vieillissement

Causes psychologiques
- le stress ;
- la fatigue ;
- les contrariétés, les soucis professionnels ;
- les conflits conjugaux ou les difficultés de communication avec la  partenaire ;
- le manque de confiance en soi ;
- les épisodes dépressifs ;
- l'arrêt de l'anticipation sexuelle ou absence de l'imaginaire érotique ;
- la crainte d'un nouvel échec, en cas de panne(s) précédemment ;
- la peur de ne pas être à la hauteur avec sa partenaire, peur souvent aggravée par l'investissement affectif de soi (anxiété de performance) ;
A noter, l'anxiété provoque la sécrétion d'adrénaline qui inhibe l'érection. De plus, dans les deux derniers cas, il est probable que l'homme, trop obnubilé par son érection ou son absence d'érection, demeure hermétique aux signaux érotiques de sa partenaire.

Les traitements de l'impuissance

En cas de cause organique, différentes solutions existent, à déterminer absolument avec votre médecin. Un traitement médicamenteux, dont le plus connu est le viagra, est souvent prescrit en cas de dysfonctionnement lié à l'âge mais pas seulement. D'autres fois, un dispositif de mise sous vide de la verge (vacuum) sera utilisé. Des injections locales (prostaglandine dans un des corps caverneux) sont également possibles afin d'obtenir une érection satisfaisante. Parfois, il sera nécessaire de recourir à la chirurgie pour la pose d'une prothèse semi-rigide avec ou sans pompe.

Dans 80 % des cas, l'origine de l'impuissance est psychologique. En parler avec sa partenaire peut quelquefois suffire à résoudre le problème mais, si les difficultés persistent, l'aide d'un(e) professionnel(le) s'avère indispensable.

Mise en garde : même s'il est possible de se procurer du viagra sans ordonnance, sur internet par exemple, les risques cardio-vasculaires potentiellement graves rendent l'avis médical indispensable !!!

Le mécanisme de l'érection

L'érection ne se commande pas. Il s'agit d'un réflexe neuro-physiologique qui est indépendant de la volonté.  Le mécanisme de l'érection se déroule en 4 temps.
Le premier temps est constitué d'une phase de stimulations : visuelles, auditives, tactiles, fantasmatiques. Lors du traitement de l'impuissance, l'apomorphine agit à ce niveau. Un climat de sérénité et de détente est nécessaire car l'anxiété, le stress, les énervements, etc. qui provoquent la sécrétion d'adrénaline ont un effet contraire, incompatible avec l'excitation sexuelle. En effet, le pénis est composé de trois éléments : deux corps caverneux (responsables de la rigidité) et le corps spongieux (responsables du volume). Le corps caverneux est un muscle vasculaire qui doit se relâcher pour permettre l'érection, afin d'ouvrir les espaces vasculaires et de comprimer les sorties veineuses jusqu'à ce que la pression artérielle intra-caverneuse dépasse celle du reste du corps.
La perception d'un stimulus sexuel, qu'il soit extérieur ou interne (une pensée, un souvenir, etc.), et la prise de conscience du désir, qui s'effectue simultanément, provoquent un relâchement de ces muscles. Il s'agit d'une relaxation active.  C'est le deuxième temps. L'action du Sildénafil-Viagra, Tadalafil-Cialis, Vardénafil-Levitra est une amplification de la relaxation de sorte que sans désir, aucun de ces produits n'a d'efficacité.
Dans un troisième temps, la verge augmente de volume. Progressivement, elle devient de plus en plus rigide jusqu'à l'être suffisamment pour permettre la pénétration. La tumescence se maintient normalement pendant toute la durée de l'acte sexuel.
Après l'orgasme et l'éjaculation, la détumescence survient généralement et suit une période  dite "réfractaire", liée à l'état de fatigue ou à l'équilibre hormonal (la lutropine, commandant la fabrication de testostérone, et la folliculostimuline).

On comprend ainsi que la mauvaise relaxation musculaire engendre des problèmes d'érection. Il faut systématiquement tenir compte du facteur psychologique car, à un trouble organique même mineur peut se superposer un trouble psychologique qui accentue et fait perdurer le problème d'érection.

L'impact du psychisme

La relation amoureuse ne se réduit pas à la relation sexuelle. Cette dernière est un aboutissement si les conditions sont réunies pour qu'elle puisse harmonieusement avoir lieu. Ainsi, la sexualité s'inscrit dans un faisceau d'interactions entre les partenaires de sorte que la modification de l'un d'eux ou de sa situation (changement de statut social, etc.) peut influencer leur sexualité et, ce, parfois de façon tellement subtile que la cause réelle du problème passe inaperçue. Dans cette optique, les dysfonctionnements sexuels seront à considérer comme la résultante d'une discordance entre les partenaires dont les modes d'être interfèrent l'un sur l'autre. Fréquemment, les torts sont partagés même s'ils le sont de manière asymétrique.

Assez régulièrement, les tentatives de rationalisation renforcent le problème en empêchant l'accès à ses véritables racines. Lorsque la personne croit dur comme fer qu'il n'y a aucune raison logique pour que telle ou telle chose continue à perturber sa vie émotionnelle ou sexuelle, elle n'affronte pas ses peurs que l'événement traumatisant ait des conséquences affectives et relationnelles sur son couple ou sur sa vie actuelle, avec laquelle elle perd d'ailleurs le contact. Petit à petit, elle perd confiance en ce qu'elle ressent.  Ces peurs sont la source d'évitements qui génèrent le problème ou le grossissent. Par exemple, les individus qui enfants ont été victimes d'empiétements répétés de la part des adultes chargés de les protéger n'oseront pas se rebeller contre telle ou telle attitude de leur partenaire de peur de paraître "trop capricieux", "trop difficiles", "trop exigeants", etc. comme le parent avait pour coutume de le leur répéter. Il y a eu une forme d'habituation aux empiétements. D'autres, par crainte de ne pas être à la hauteur des attentes de leur conjoint, verront leurs moyens fondre comme neige au soleil. Quelquefois, le manque de communication provient de la peur du ridicule ou des traces d'anciennes moqueries,... La peur est souvent mauvaise conseillère. Elle engendre des tentatives de solution qui font perdurer les difficultés plutôt que de les résoudre.

A la place de chercher à éviter les situations inquiétantes, en confrontant ses croyances paralysantes et invalidantes avec la réalité des échanges aujourd'hui, en soumettant la difficulté à son partenaire, la personne peut faire l'expérience du contraire et corriger sa vision du monde et d'elle-même. La relation amoureuse peut ainsi servir de levier pour sortir de l'impasse ou pour réparer des blessures narcissiques.

En passant sous silence sa frustration face à l'absence de désir sexuel de son conjoint, le partenaire communique qu'il n'attache pas beaucoup d'importance aux rapports sexuels ou que cela ne lui manque pas et il induit de cette manière une politique de l'autruche chez son conjoint, qui sans doute, par gêne ou pour sauvegarder la face, a déjà trop tendance à le faire. Il est important de faire passer un message clair et de se préoccuper du problème avant qu'il ne prenne des proportions catastrophiques (infidélité, séparation, jalousie, etc.). Des solutions existent mais pour les trouver il faut les chercher. Il peut être utile pour libérer la parole de se poser la question suivante : quels sont les risques que j'encours si j'en parle ? et si je n'en parle pas ?

L'impuissance dont les causes sont psychologiques nécessitent quasiment toujours une psychothérapie. Amener la personne à cette démarche ne sera pas toujours aisé car il est plus facile pour l'homme impuissant d'amplifier les soi-disant obstacles apparents plutôt que de reconnaître qu'il a un souci pour obtenir une vie sexuelle épanouie. Pour lui, cela équivaut à mettre en cause sa virilité et sa représentation de lui-même en tant que mâle. Les véritables facteurs explicatifs sont ainsi longtemps refoulés, minimisés et, à l'opposé, des faux-semblants sont exacerbés, montés en épingle, un peu comme un paravent dressé au-devant de soi.

La souffrance de chacun des conjoints

à venir, article non terminé

Isabelle LEVERT
Psychologue clinicienne
Psychothérapeute
Pernes les Fontaines (84)

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