
"La lecture comme l'amour est la pierre à aiguiser l'âme" (Paul Désalmand, Le Pilon).
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u De
chair et d'âme de Boris CYRULNIK
Dans cet ouvrage, le
psychiatre explique comment une carence affective précoce entraîne une
atrophie de certaines zones cérébrales avec pour conséquence un trouble des
conduites et de la gestion des émotions. "Mais
on ne peut pas parler de résilience émotionnelle, car le petit carencé garde
dans sa mémoire une extrême sensibilité à l'autre"
(p.42-43). Il montre aussi comment nos représentations des traumas et de notre
histoire de vie, avec la résilience, peuvent avoir un impact neurologique
positif. "Le cerveau devient la
conséquence d'un état d'âme aussi sûrement qu'un état d'âme peut être la
conséquence du cerveau..." (p.115) Il souligne l'importance des
contrastes : "... pour éprouver le
bonheur d'aimer, il faut auparavant avoir souffert d'une perte affective"
(p. 159) et du sens trouvé/créé parfois grâce à une psychothérapie, avec
une incidence au niveau organique mettant ainsi en évidence que les mots ont
réellement un pouvoir de guérison.
u Survivre
à la peine d'amour de Susan ANDERSON
Un ouvrage qui est une
merveille de précision, d'humanité, indispensable à ceux qui vivent le
cataclysme de la séparation.
u Éloge
du mariage, de l'engagement et autres folies ! de Christiane SINGER
Les passages ci-après
mettent assurément l'eau à la bouche, l'envie d'en lire plus...
"L'amour
est visionnaire. Il voit la divine perfection de l'être aimé au-delà des
apparences auxquelles le regard des autres s'arrête."
"Entre le désir profond de se lier, de s'engager corps et âme, et le désir
tout aussi profond de préserver sa liberté, d'échapper à tout lien, quel
tohu-bohu ! Or, pour vivre ces exigences contradictoires et d'égale dignité
sans être écartelé, il n'y a aucun secours à attendre ni de la philosophie,
ni de la morale, ni d'aucun savoir constitué. Il est probable que les seuls modèles
adaptés pour nous permettre d'avancer sont la haute-voltige et l'art du
funambule. Un mariage ne se contracte pas. Il se danse. A nos risques et périls."
"Souvent la peur de l'engagement nous coûte cher et nous laisse errer
libre certes, mais vide. Entre cette liberté si désirable et la relation
vivante que notre nature appelle ardemment, le déchirement semble fatal. Je ne
l'ai pas. Pourquoi notre rêve d'autonomie ne respirerait-il pas au coeur même
de nos plus profonds engagements ? Pourquoi dans un respect mutuel de nos
rythmes et de nos lentes métamorphoses, ne tenterions-nous pas une loyauté
nouvelle ? Le mariage - et les alliances vieilles comme le monde - familles et
communauté - qui volent en éclats aujourd'hui attendent d'être réinventées,
modulées de neuf. Car en-deçà du bruit et de la fureur, l'histoire de notre
humanité n'est qu'un lumineux tissu de solidarités secrètes.[...] La vraie
aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de
l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute
celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses
passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé
à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le
sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour
finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement
honoré dans la traverse sans feintes d'une vie d'homme.[...] Ce qui rend le
mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme
autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune. D'un défi
quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas
tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce qu'on
peut".
"Le serment! Voilà un mot ancien qui sonne fier, j'en conviens, mais qui
n'est plus d'usage, comme il n'est plus d'usage de voir la vie tel un chemin
initiatique émaillé de stations [...] et le serment brisé pèse sur nos vies
comme sur le toit de nos maisons la couronne d'un grand marronnier décapité
par la tempête. Ce n'est pas un sujet dont il y ait à débattre. Un sujet
d'opinion. C'est un fait. Et plus j'en accepte l'évidence, plus je peux
commencer de considérer les dégâts causés avant que tout ne soit détérioré
et qu'il se mette à pleuvoir dans les chambres. Ce n'est pas de lois morales
qu'il s'agit mais de lois ontologiques. Nier le sinistre met ma vie en danger.
[...] Il y a aujourd'hui un irrespect de l'engagement qui fige la moelle dans
les os. Entrer au service de la vie est un devoir d'honneur. Mais qui a songé
à le dire? A dire aux époux qu'ils partent sans ticket de retour pour une
odyssée et que le voyage va aussi les mener à travers des forêts sombres, des
steppes désertiques ... Qui a songé à leur dire qu'une seule chose les
portera: la fidélité à leur plus haute espérance - à ce qui leur a été
donné de pressentir en l'instant où ils ont le plus aimé! Qu'ils sachent que
cette folie-là, cette fulgurance, cette clairvoyance qui n'aura peut-être duré
que le temps de battre des cils est pourtant le seul roc sur lequel se construit
une vie, et qu'il n'est de fidélité qu'à cette folie - parce qu'elle seule
est à la (dé) mesure de l'amour".
Ce livre contient également un très bon conte sur la parole donnée
et l'engagement.
u La
sainte folie du couple de Paule SALOMON
D'après l'auteur, le couple permet un parcours initiatique dont les 7 états
sont autant d'étapes dans la quête de Soi. Elle démontre comment ces états
intermédiaires sont nécessaires pour réaliser la réconciliation avec
soi-même et avec l'autre, comment les crises sont des occasions de prises de
conscience et d'approfondissement de la relation à soi-même et avec
l'autre. «Le
couple est pour chacun un creuset privilégié d'évolution" (Editions
Albin Michel, p. 21). Un
livre très intéressant qui met en lumière notamment le piège qu'est le
couple dominant/soumis, les écueils de la tendance à se sacrifier par peur de
mettre la relation en péril ou à aliéner l'autre par peur qu'il échappe à
notre contrôle ou s'oppose à notre désir, etc.
«
J'ai
besoin que l'autre reste un vivant mystère pour continuer de trouver en lui le
miroir de ma propre quête d'amour et je fais tout pour qu'il s'aliène, pour
qu'il me promette de s'aliéner, pour qu'il me rassure sur mon besoin de
sécurité affective. Tel est le paradoxe du couple.»
(p. 246). «
C'est tout un parcours initiatique qui
commence et le couple n'a de chances de parvenir au sixième niveau que dans la
mesure où le Grand Passage commence à s'effectuer pour chacun, dans la mesure
où l'angoisse de l'amour et les projections culpabilisatrices sur l'autre
commencent à laisser place à une confiance, à une acceptation
inconditionnelle de l'autre.»
(p. 273).
u Le
choc amoureux de Francesco ALBERONI
Une analyse assez complète de l'état amoureux. Chaque chapitre est consacré
à un aspect de la question. Ainsi sont traités : l'erreur d'imputer à l'autre
le caractère extraordinaire de l'expérience, les processus à l'œuvre pour
conserver un objet d'amour non ambivalent, la ré-interprétation du passé au
moment où l'on tombe amoureux, la sacralisation du temps et de l'espace lorsque
le sentiment est partagé, la tension inhérente à l'état amoureux, la
restructuration imposée aux autres relations des partenaires amoureux, les
modifications apportées à nos ressentis, pensées, etc. Les états amoureux
déséquilibrés sont aussi examinés, avec leurs causes et leurs conséquences,
le rôle du leurre et du silence mais également la manière dont être amoureux
ouvre une fenêtre pour entrevoir l'être de l'autre et de soi-même, comment
peut s'effectuer le passage de l'état amoureux naissant à l'amour...
«C'est
ainsi que certains ne trouvent la paix qu'en transformant leur partenaire
en quelque chose de contrôlable, de malléable - animal domestique, dont le
prix à payer est la banalité quotidienne, l'ennui, la rancoeur, la déception»
(p. 52, Edition Ramsay).
«Il
est possible de rendre quelqu'un amoureux si, au bon moment, une personne se
présente et lui témoigne une profonde compréhension, si elle le conforte dans
sa volonté de renouveau, si elle le pousse dans cette direction, si elle
l'encourage, si elle se déclare prête à partager le risque du futur en le
soutenant, en restant à ses côtés, quoi qu'il arrive et pour toujours»
(p. 82). «L'amour
ne devient psoosible que lorsque l'on prend le point de non retour de l'autre
comme sa propre vraie limite...»
(p. 109)
u Femmes
qui courent avec les loups de Clarissa PINKOLA ESTES
Ce n'est pas un livre, c'est une OEUVRE d'ART ! une source de vie et de régénérescence.
Au travers d'histoires et de mythes, l'auteur nous invite à lever de plus en
plus l'ombre de nous-même et à découvrir les forces que recèle notre nature
profonde... la rencontre avec l'archétype de la femme sauvage est un
cadeau infini...
u Victime
des autres, bourreau de soi-même de Guy CORNEAU
L'auteur s'inspire de la légende égyptienne d'Osiris pour montrer comment la
part d'ombre, nourrie de l'orgueil, des peurs, de l'envie, etc. et qui n'est pas
consciemment assumée, gouverne notre existence à nos dépens, nous conduisant
à projeter nos propres conflits sur le monde extérieur. Il invite le lecteur
à plonger à l'intérieur de lui-même, à affronter le dragon de l'immonde en
son sein, afin d'émerger enfin à la lumière et de libérer le développement
de son individualité.
u L'intelligence
émotionnelle de Daniel GOLEMAN
Un ouvrage, très bien documenté, grâce auquel, on comprend les mécanismes
responsables de la submersion par les émotions telles que la peur, la colère,
etc. et comment la conscience de soi et des émotions qui nous animent, la
maîtrise de nos émotions, l'automotivation, la perception des émotions
d'autrui et l'empathie, la maîtrise des relations humaines constituent l'intelligence
émotionnelle. Celle-ci chapeaute toutes les autres compétences mises en
oeuvre pour atteindre nos objectifs et réussir notre vie. Même si elle se
construit essentiellement au cours du début de la vie, les choses ne sont pas
figées et il est possible de modifier nos "habitudes"
émotionnelles...
u L'art
d'aimer d'Erich FROMM
L'auteur démontre qu'aimer est un art, jamais abouti, toujours perfectible, qui
consiste essentiellement à prendre une part active dans l'épanouissement de
l'autre, à donner le meilleur de nous-même et pour se faire à aller à la
rencontre de l'autre et de soi-même. Fromm
explique que l'amour implique plusieurs composantes fondamentales : la
sollicitude, la responsabilité, le respect et la connaissance.
- «L'amour
est une sollicitude active pour la vie et la croissance de ce que nous aimons
[...] On aime ce pour quoi l'on peine et l'on peine pour ce qu'on aime».
- «Etre "responsable" signifie
être capable et prêt à répondre. [...] Dans l'amour entre adultes, elle
[cette responsabilité] se réfère surtout aux besoins psychiques d'autrui».
- Respecter, c'est accepter l'autre personne telle qu'elle est et
désirer qu'elle grandisse pour elle-même.
- Il est
indispensable de ne pas rester à la surface des choses et de chercher à
connaître en profondeur, ce qui nécessite de se décentrer de soi-même pour
être réceptif à autrui. Ceci permet par exemple de comprendre que derrière
l'irritation apparente se cache souvent un être angoissé et désemparé,
c'est-à-dire en souffrance.
«
[...] la connaissance par la pensée, c'est-à-dire la connaissance
psychologique, est une condition nécessaire de la connaissance totale dans
l'acte d'amour. J'ai à connaître autrui - et moi-même - objectivement afin
d'être capable de percevoir sa réalité, ou plutôt, de surmonter les
illusions, les distorsions irrationnelles de l'image que j'ai de lui. C'est à
la seule condition de connaître objectivement un être humain que je puis en
connaître l'essence ultime dans l'acte d'amour».
A lire absolument !
u Ces
femmes qui aiment trop de Robin NORWOOD
Un livre qui a déjà quelques années mais qui n'a rien perdu de sa véracité.
Dans un langage tout à fait accessible, l'auteur montre que les femmes qui
aiment trop mesurent la profondeur de leur amour à l'intensité de leur
douleur. Un outil précieux pour toutes celles qui souhaitent mettre un terme à
une succession de relations difficiles et enfin accéder à des relations
amoureuses saines et heureuses.
«Ayant
appris très tôt à nier nos propres besoins affectifs, nous avions, avec
l'âge, cherché d'autres occasions de nous livrer à ce en quoi nous excellions
: la satisfaction des besoins et des exigences d'autrui et l'ignorance de nos
peurs, de nos souffrances et de nos besoins. Nous avons fait semblant si
longtemps d'être adultes, à trop en faire et à demander trop peu, qu'il est
désormais trop tard pour que nous changions de rôles. Nous continuons donc de
secourir les autres dans l'espoir de dissiper nos peurs et de recevoir, en
échange, de l'amour»
(p. 97, Editions J'ai lu). «Les
choses vont en empirant. Mais, son partenaire, ayant peur de la voir se
décourager et s'éloigner de lui (car il a besoin de son aide affective,
matérielle, sociale ou pratique), lui dit qu'elle se trompe et s'imagine des
choses, qu'il l'aime et que leur situation s'améliore sans qu'elle s'en rende
compte parce qu'elle est trop pessimiste. Elle le croit parce qu'elle a
tellement besoin de le croire. Elle lui donne raison, pense vraiment qu'elle
exagère leurs problèmes et, ce faisant, s'éloigne encore davantage de la
réalité»
(p. 290).
u Je
t'aime mais je ne suis plus amoureux d'Andrew G. MARSHALL
Cette phrase peut sembler tout à fait paradoxale, à moins de comprendre que
l'attachement amoureux s'est transformé en estime affectueuse. L'auteur
s'attache à décrire les étapes de la vie d'un couple, leurs pièges et les
stratégies pour les déjouer. Il démontre aussi que la colère refoulée est
souvent beaucoup plus dévastatrice qu'une "bonne" dispute qui permet
d'atteindre le noyau des difficultés et d'assainir la relation. Il fournit
également quelques clefs pour raviver la flamme et que chacun puisse
s'épanouir individuellement et ensemble, dans le compromis et non dans les
concessions. Il s'agit de trouver des solutions où tous les deux sont gagnants.
Un bon outil pour toutes celles et tous ceux qui n'ont pas baissé les bras et
qui pensent que leur Histoire mérite quelques efforts.
u Une
passion - Entre ciel et chair de Christiane SINGER
"Ainsi j'appris que l'homme ne peut franchir seul la dernière des sept
portes de la Jérusalem céleste. N'ont accès au Secret des Secrets, à la
Klala Dekola - au principe universel qui résume toutes réalité passée,
présente et à venir - que le "deux fondu dans le un" -
l'homme et la femme. C'est en l'épousant que l'homme relie
l'intérieur à l'extérieur, le visible à l'invisible, l'évidence au caché,
l'apparence au sens. De l'union des deux souffles s'élance le souffle suprême.
Heureux ceux qui réalisent l'unification de ce qui était séparé, qui
deviennent le lieu de la Réconciliation et de l'Etreinte !"
Extrait de la 4ème de couverture : Pour dire la passion éprouvée au
plus profond de l'âme et du corps, Christiane Singer revit celle d'Héloïse,
quintessence de l'amante et de la mystique. Elle nous donne à travers cette
confession tout à la fois païenne et spirituelle, ce bréviaire fou, cette
exaltation unique du plaisir et de l'extase, un texte qui restera parmi les plus
intenses jamais écrits sur l'amour.
u La
pitié dangereuse de Stefan ZWEIG
"Il y a deux sortes de pitié. L'une,
molle et sentimentale, qui n'est en réalité que l'impatience du cœur de se
débarrasser le plus vite de la pénible émotion qui vous étreint devant la
souffrance d'autrui, qui n'est pas du tout la compassion, mais un mouvement
instinctif de défense de l'âme contre la souffrance étrangère. Et l'autre,
la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce
qu'elle veut et est décidée à persévérer jusqu'à l'extrême limite des
forces humaines."
L'histoire passionnante d'un homme qui, saisi par la pitié devant la
souffrance d'autrui, oublie de considérer les conséquences à long terme de
ses mots, de ses actes et de l'espoir qu'ils suscitent...
u Belle
du seigneur de Albert COHEN
La tragédie d'un couple d'amants qui s'est replié sur lui-même et que la
passion amoureuse dévore... mettant en lumière le péril de cette folie, le
piège terrible qu'est une relation sans espace et sans temps pour que les
partenaires existent indépendamment l'un de l'autre. Un récit merveilleusement
écrit où l'humour est savoureux, les métaphores résonnent de mille sens, le
ton toujours juste et qui transpire de vérités.