Qu'est-ce que tu fais ?

Telle est la question préférée des miens.
Pas une minute de répit, pas un seul instant de paix à la maison . Dieu seul sait pourtant combien j’ai besoin de ces quelques moments de liberté !!!
Même lorsque je me « mets à table », tout le monde me regarde : « que fais-tu ????
Besoin d’espace

La première fois que j’ai lu ce proverbe :

« Nos vie commencent à s’éteindre le jour où nous restons silencieux. »

Chacune de mes activités est disséquée, autopsiée, sujette à interrogation. « A qui écris-tu ? » 
Question banale. Je réponds : « A moi ». Même si j’écrivais au Pape, je le cacherais. Obligée de mettre ma main sur la feuille. Aucun instant de répit.

Qui a dit que l’Homme est un mammifère à l’instinct grégaire, que je l’embrasse ce crétin !!!!
Sommes-nous sociables ou sociaux ? Fourmis ou lions ?
Je me bats chaque jour pour rester en vie. Je suis unique, je suis différente. C’est pour cela que je suis appréciée, mais à quel prix.
Pourquoi ce combat ? Pourquoi devons-nous nous imposer ? Je n’en vois pas ni la nécessité ni la raison. Pourtant la réalité nous rappelle chaque jour cette triste vérité : « Pour vivre heureux, vivons cacher ! » Que de contradictions ?
Me cacher, voilà un mode de vie que je connais. Oh oui, je le connais. Et me livrer, du moins en partie, est un exercice d’autant plus difficile qu’il m’est d’autant plus familier... Et un jour je suis restée silencieuse. Il y a tellement longtemps, …

« On risque de pleurer un peu si on s’est laissé apprivoiser. »

Peut-être est-ce dû à l’univers de mon enfance, peut-être est-ce dû à l’univers de mes parents ou de ma famille, toujours est-il que m’apprivoiser n’est pas facile. Et lorsque je me laisse apprivoiser, souvent je m’investis trop.
Alors, pleurer, non, mais me sentir concernée, oui !!! Parfois trop, je sais !!!

Je crois n’avoir jamais rien compris à la société humaine. Tout m’est étranger, parfois à l’encontre du bon sens ou encore à l’encontre de l’amour. Toujours est-il que j’y crois à cet amour. J’ai eu la chance de le vivre à toutes les étapes de ma vie et aussi de le « dé-vivre ».
Ici, je ne parle même pas de haine, je parle simplement de non-amour, c'est-à-dire de négation de l’autre, d’invisibilité, de non-reconnaissance de l’autre !

Voici un proverbe arabe que j’ai déjà eu l’occasion d’expérimenter à mes dépens.

Désolée , de nouveau interrompue,… Je viens de changer de table, … 
Question : « Je te dérange ? »
Eh bien oui,… là , on me dérange !!!
Alors voici ma prochaine citation :

« Si tu veux que quelqu’un n’existe plus, cesse de le regarder ! »

Pour moi , avoir des relations humaines équivaut à un regard, à un niveau de qualité d’écoute. Bien souvent ce genre de considération passe largement au-dessus de la plupart des gens. Et pourtant, il suffit d’un regard (lorsque l’on est à l’écoute de l’autre) pour le reconnaître en tant que personne.
Curieux, non ? Regard et écoute ? Deux sens différents et pourtant les deux vont de paire. Encore faut-il les appliquer ? L’humain se trouve résumé dans ces quelques mots : regard, écoute, amour. Qualités dont nous sommes parfois si dépourvus. Encore que, …
Je crois surtout que nous avons peur de l’autre. Non seulement nous devons apprendre à apprivoiser et à voir l’autre, mais nous devons aussi apprendre à être apprivoisé par l’autre et accepter son regard. A ce moment-là, nous pourrons embrasser l’Homme, tel qu’il est, et non plus tel que nous voudrions le voir.

 

Le temps de la parole : 

« Le mot que tu retiens entre tes lèvres est ton esclave.
Celui que tu prononces est ton maître. »

La philosophie du vent. Personne n’oublie son chant.
Mots qui vont et qui viennent, retenus ou libérés. Ils sont ce que nous sommes.
Nous nous cachons parfois derrière et pourtant ils nous révèlent.
Beauté et mort.
Oui, un mot peut tuer, un autre peut sauver. Dans notre relation à l’autre, il peut être tout.
Compris à demi, il peut être celui qui n’est pas. Certains d’entre eux peuvent prêter à confusion.
D’autres sont de véritables déclarations de guerre.
Il y en a d’incompris qui te propulsent dans l’inconnu ou dans le non sens.
Les mots peuvent te perdre mais aussi te retrouver.
Alors choisis-les avec soin, car toute ta conscience ne peut en mesurer le sens.

Ici j’hésite, que dire : j’ai envie d’humour ! Faites-moi rire !

« L’amour est un sport, surtout s’il y en a un des deux qui ne veut pas !!! (Jean Yann)

Pour en terminer, pour te sortir de cette noirceur et de ce cynisme, fais- moi un plaisir, lis « le Hun blond » de Cavanna. Je crois que cela te fera du bien !!!

 

Isabelle V.

retour

 

 

© Les textes édités sur ce site sont la propriété de leur auteur.
Le code de la propriété intellectuelle n'autorise, aux termes de l'article L122-5,
que les reproductions strictement destinées à l'usage privé.
Tout autre usage impose d'obtenir l'autorisation de l'auteur.