Questions Réponses

Cette page est consacrée à vos questions pourvu que l'objet concerne le champ de la psychologie ou des psychothérapies. Les réponses sont aussi précises que possible mais elles ne remplaceront jamais l'entretien avec un(e) psychologue. Posez votre question par e-mail. L'anonymat est garanti.
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Famille
e Déçue par ma belle-famille
e
Harcèlement de mon père, pourtant ma sœur vit toujours sous son toit
e Ma fille est entre les griffes de la psychanalyse

Couple
e
Il dit nous aimer toutes les deux
e Infidélité récurrente
e Besoin de tester l'autre
e Très mal suite à une rupture après qu'il m'ait trompée
e Que penser des messages de mon ex-amant ?
e
Un break face à son ambiguïté
e Pas de désir sexuel
e
Je suis le principal artisan des difficultés conjugales
e
Il est émoustillé par d'autres
e Se voir en tant qu'amis après une rupture ?
e Il est déjà parti trois fois
e Amoureux de ma belle sœur
e 20 ans de mariage et elle me quitte pour un autre
e J'ai perdu le sourire... 
e Capable d'aimer à nouveau ?
e
Sous le même toit et séparés
e Folle amoureuse depuis ses jolis mots mais ...
e
Malade ou fou ?!

Mythomanie
e  Je crois qu'il est mythomane
e
Comment lui dire qu'il est mythomane ?
e Des petits mensonges à la trahison
e Tragédie du suicide et de la mythomanie
e Quitter un mythomane sans culpabiliser

Violence morale
e
Phobique de l'engagement
e Vais-je droit dans le mur avec un passif-agressif ?
e
Incompréhension face à la colère et au rejet d'un passif-agressif
e Un pervers narcissique peut-il changer ?
e Manipulée ?
e Déçue par un homme marié

Relations avec soi et avec les autres
e Impulsive, je dis des mots que je ne pense pas
e Difficultés à avoir un projet professionnel
e Je me sens tellement seul
e Handicapée par l'éreutophobie
e Inhibition de l'expression des sentiments
e
Névrosé ?
e Manque de confiance en soi et relations avec les hommes
e Caractère changeant, suis-je maniaco-dépressive ?

Divers
e
Un psy qui ne va pas bien, est-ce un comble ?

Caractère changeant, suis-je maniaco-dépressive ?

Je me suis rendu compte qu’on me faisait toujours le même reproche: un caractère très changeant. Je regarde une série dans laquelle, une fille est maniaco-dépressive. Je suis allée voir ce que c’était sur internet et j’ai reconnu mon mode de vie. Je ne pense pas que ce soit très grave mais les internautes ont l’air de dire que si.

Réponse : Seul(e) un(e) psychologue ou un(e) psychiatre est en mesure de poser un tel diagnostic !!! On peut être lunatique sans être maniaco-dépressif(ve). Attention de ne pas tomber dans le syndrome de l'étudiant en médecine qui pense avoir telle ou telle maladie au fur et à mesure qu'il en apprend les symptômes. Si votre fonctionnement est source de souffrance pour vous ou pour vos proches, alors, le mieux est d'aller consulter et de mettre en place le traitement adéquat (médicamenteux et/ou psychothérapique) afin de gagner en constance et donc en sérénité. Les psys ne sont pas réservés aux fous ! L'essentiel de leur travail est d'aider les personnes à vivre mieux, à augmenter leurs compétences au sentiment du bonheur.

Impulsive, je dis des mots que je ne pense pas

Je suis une femme de 33 ans, en couple depuis 15 mois. On est très amoureux, je n'ai aucun doute sur ses sentiments. Je suis une personne impulsive et, dans les moments de colère, je lui balance des mots que je ne pense pas et qui le blessent.  Il me laisse sans nouvelles pour un jour ou deux et, quand on se parle, il est toujours en colère. Il me dit, à chaque fois, "laisse les choses se calmer" mais je l'aime tellement que, quand il est comme ça, j'ai l'impression qu'il me met de côté, ce que je ne supporte pas et je lui envoie des messages où je déballe tous ce que j'ai dans le cœur et ça le met encore plus en colère. J'ai l'impression qu'il ne me comprend pas et je ne supporte pas de vivre cette situation avec lui, ça me stresse et ça m'empêche de dormir alors que je sais qu'il suffirait de le laisser se calmer et que tout va s'arranger. Je réagis toujours de cette manière avec lui et je n'arrive pas à me contrôler. D'habitude, je suis une personne très réfléchie. Que dois-je faire pour arrêter de me comporter de la sorte avec lui et d'enfoncer nos problèmes ?

Réponse : Il est très important que vous vous occupiez sérieusement de ce problème de gestion des émotions. Il semble que lorsque vous êtes ou que vous vous sentez blessée, votre douleur se transforme en colère (comme une sorte de réaction de survie), voire en violence, ne fut-ce que verbale, ce qui est destructeur et risque de ronger les sentiments de votre partenaire. Face à votre réaction excessive, il prend du recul et espère sans doute que la distance vous aide à retrouver vos esprits et plus de tempérance. Il marque aussi son désaccord, ce qui est bien compréhensible et lui permet de ne pas se sentir comme une carpette qui laisse tout passer. Le souci pour vous est que, dans ces moments, comme vous vous êtes emportée en plus, vous redoutez de l'avoir perdu et qu'à nouveau, face à l'angoisse et à la souffrance, vous réagissez par des passages à l'acte. C'est le cercle vicieux. Même si, pour toutes les autres sphères de votre existence, vous êtes plutôt réfléchie, en matière affective, la plupart des personnes sont bien plus vulnérables et plus facilement la proie à leurs démons car les enjeux touchent en plein cœur. Le décalage est fréquent entre la façade sociale et la personnalité profonde qui ne se dévoile que dans l'intimité.  Je vous conseille de consulter un(e)psychologue afin de travailler tout cela, d'une part, en liquidant petit à petit, les émotions d'un autre temps pour qu'elles ne viennent plus se surajouter automatiquement à la situation présente, d'autre part, en apprenant à prendre le temps de la réflexion avant l'action, ceci afin de nuancer ses pensées parce que c'est un non-sens de prétendre que l'on ne pensait pas ce que l'on a dit. Si on l'a dit, c'est qu'on le pensait mais dans un état où l'émotionnel avait pris le contrôle. Il est important de réunir les deux registres : le rationnel et l'émotionnel.  Il n'est pas forcément nécessaire de passer des années sur un divan pour progresser, une thérapie en face à face, interactive peut donner des bons résultats si vous êtes active pour devenir vraiment qui vous voulez être.

Il dit nous aimer toutes les deux

6 mois que je vis une histoire d’amour avec un homme qui s’est séparé, il y a 8 mois de la mère de sa fille. Au début, il a eu un énorme coup de cœur pour moi. Des déclarations qu’on ne trouve que dans les romans. Je lui disais que cela allait trop vite et que je ne suis pas sûre de moi. Récemment, son ex a fait une réapparition, veut le reconquérir et qu’il refasse un essai. Depuis quelques temps, je le trouve distant et j’avais donc compris qu’il est perdu. Il a admis qu’il est toujours amoureux d’elle... et je lui ai dit que je lui laisse le temps de faire le point. Le lendemain matin, il m’appelle à la première heure pour me dire qu’il m’aime et que c’est avec moi qu’il se voit, qu’il sent qu’il est heureux... Hier, son ex femme m’appelle pour me dire de laisser tomber, qu’ils s’aiment, que je suis qu’une passade dans sa vie, qu’ils ont pour projet d’agrandir leur famille et surtout qu’ils continuaient à coucher ensemble. Il a confirmé que quand il la voit, ils n'arrivent pas à se retenir mais il me maintient qu’il m’aime aussi, que, contrairement à moi, elle lui promet de l’aimer toujours, de changer. En bref, tout ce que je  ne fais pas... Je ne pensais pas ressentir un amour aussi fort pour lui, je suis anéantie!

Réponse : L'homme que vous avez rencontré n'a pas pris le temps de faire le deuil de sa relation précédente. Deux mois entre deux histoires d'amour, c'est bien trop peu. Ceci a pour résultat qu'il ne sait plus où il en est. De plus, ses grandes déclarations sont le signe d'une idéalisation exaltant la passion. L'amour nécessite de connaître l'autre et de l'accepter avec ses défauts et ses qualités. Il est possible qu'il change ainsi d'objet de désir en fonction du niveau de satisfaction qu'il éprouve avec l'une ou avec  l'autre. Lorsque l'une s'avère décevante, il se rabat alors sur l'autre dont il espère moins de frustration et ainsi de suite... Pour l'instant, il n'est pas au clair avec lui-même et donc ne peut pas l'être avec aucune de vous deux. Le mieux pour vous est sans doute de prendre de la distance avant de vous investir plus encore dans cette relation et de souffrir plus longtemps du doute, de la perte de confiance, de ne pas vous sentir plus rassurée, etc.

Que penser des messages de mon ex-amant ?

Je suis mariée, 2 enfants et j'ai entretenu pendant 3 ans une histoire extra conjugale chaotique avec un homme lui aussi marié avec 3 enfants. Cette histoire a été faite de ruptures et de retrouvailles régulières. Nous étions, me semble-t-il, dans une espèce de rapport de force... Il est à l'origine, il y a un an, de la dernière rupture, me disant qu'il avait bien réfléchi, qu'il ne pouvait pas m'apporter plus et qu'il ne voulait pas jouer avec moi... Alors que non, je ne voulais rien de plus et que oui c'était bien agréable de jouer.. J'ai décidé sachant qu'il quitterait la région 6 mois plus tard de ne rien relancer et de tenter de tourner la page ... Il a quitté la région mais rentre tous les We. Nous ne nous sommes pas croisés mais, avant son départ, il m'a envoyé un sms me disant que notre histoire l'avait marqué à jamais.. Ensuite un message pour ma fête qui est aussi le jour de notre rencontre. Je n'arrive pas à faire le deuil. Quel sens donner aux messages ? Je trouve malsain qu'il fasse des piqûres de rappel de ce style ! Aidez moi à tourner la page.... 

Réponse : Oui, effectivement, votre ex-amant (il faut appeler un chat ...) ne se  montre pas bienveillant en vous envoyant ces messages. Ils peuvent être des relances et dans ce cas, y répondre vous réinscrit dans ces cycles de retrouvaille-rupture, source d’intensité mais aussi de souffrance. Ils sont peut-être seulement l’expression de sa nostalgie et de son besoin de la dire à quelqu’un, en l’occurrence vous, sans considération des émois que cela peut soulever chez l’autre. Ils peuvent également n’avoir qu’une visée narcissique, s’il espère obtenir une réaction disant votre manque de lui, etc. Toujours est-il que vous dites bien l’effet négatif qu’ils ont sur vous. Il me semble que la question à se poser est ailleurs : qu’êtes-vous allée chercher dans cette relation que vous n‘avez pas trouvé dans votre couple ? Il serait sans doute salvateur de soigner cette relation-là afin qu’elle vous apporte plus de satisfaction. Il s’agit de vous occuper de la cause des difficultés plutôt que leurs conséquences.

Très mal suite à une rupture après qu'il m'ait trompée

J'ai du mal à m'en sortir suite à une séparation, une relation qui a duré 6 ans, une rupture que j'ai établie suite à une tromperie.
Je suis de nature très souriante, plein de vie, et j'ai accompli beaucoup de chose après une enfance difficile.
J'habite actuellement en colocation avec une amie, et je le vois comme un échec, une impression d'être tombé bien bas.
Depuis maintenant deux mois, j'ai une perte de confiance en moi énorme. Au travail j'ai plus de mal qu'avant, je me suis mis en arrêt ne comprenant pas ce qui m'arrivait...
Je me dis que j'aurais dû sûrement rester en appartement seul pour mieux m'en sortir afin de mieux me retrouver. Qu'en pensez-vous?
J'ai l'impression de ne savoir plus rien faire.
Qu'elles seraient les solutions pour m'en sortir assez rapidement ? J'ai besoin de me retrouver afin de ne pas tout perdre.

Réponse : Une rupture, qu'elle soit à votre initiative ou à celle de l'autre, quel qu'en soit le motif, est toujours accompagnée de renoncements, de pertes et donc nécessite un travail de deuil, c'est-à-dire un cheminement mental pour retrouver l'équilibre. Lorsqu'elle survient à la suite d'une déception quant aux comportements de l'autre, elle est quelquefois prise dans une sorte d'urgence, de besoin de dire stop. Ce qui est inacceptable pour soi, on ne peut l'accepter. On pourrait presque dire alors que la séparation est provoquée par l'autre et qu'elle a lieu à contre-cœur. Le cœur dit une chose et la raison une autre. Le désinvestissement affectif n'est jamais, quand le don de soi a été réel (il y a des personnes qui ne s'investissent qu'en surface et qui semblent équipées d'un bouton on/off), aussi radical. Il demande du temps. Il est possible d'aider le processus en se consacrant à ses projets, à des tâches intellectuelles ou manuelles, qui absorbent une partie des énergies et qui distraient l'esprit du chagrin et ainsi le repose parce que la rumination du passé épuise mais il n'existe pas de baguette magique qui enlève la douleur du jour au lendemain. De plus, être trompée est vécu comme une blessure narcissique. Qu'a-t-il eu besoin de chercher ailleurs ? Pour certains, l'herbe est plus verte chez le voisin. On peut en douter fortement. Il s'est tourné vers une autre femme, s'est donc, même si c'est passagèrement, détourné de vous, d'où l'impact au niveau de votre confiance en vous, sans compter la baisse massive de l'entrain, de la joie de vivre due au choc. Ce changement, tout à fait compréhensible, chez vous, vous déstabilise. Vous ne vous reconnaissez plus, vous ne vous retrouvez plus. Ayez simplement à l'esprit que, petit à petit, votre naturel va reprendre le dessus, ce qui ne doit pas vous empêcher de demander de l'aide, notamment auprès d'un(e) psychologue, encore une fois pour tenter de gagner du temps et surtout en sortir sans devenir amère ou extrêmement méfiante, auprès de votre médecin pour un éventuel traitement médicamenteux qui peut vous permettre de mieux gérer les émotions. Quand  on s'est fait une entorse, on marche pendant quelques temps avec une attèle et des béquilles. Cela évite les séquelles et favorise la guérison. Quant à l'appartement, seule ou en colocation, je ne peux rien vous en dire, manquant d'éléments pour ce faire. Vous savez ce qui est bon pour vous. Il est possible de faire de cette épreuve une richesse, de transformer cette souffrance en tremplin pour aller au-delà de vous-même. Cela n'apparaîtra peut-être pas tout de suite mais plus tard lorsque vous regarderez dans le rétroviseur de votre vie.

Besoin de tester l'autre

Les personnes qui ont toujours besoin de tester l'autre, d'avoir des preuves de sa fidélité, de son amour, de son "allégeance" ...ça renvoie à quoi ?  ( quelles peurs, quels manques ? ). De même pour celles qui en arrivent à pister l'autre... le suivre, fouiller son portable, etc., le piéger ? Il y a du plaisir là-dedans, non ? ou de la satisfaction ?

Réponse : Tester sans cesse l’autre est le reflet d’une recherche compulsive de preuves d’amour. La personne ne parvient pas à être assurée de compter pour son partenaire, soit que celui-ci est trop peu rassurant, soit qu’elle doute tellement d’elle-même qu’elle n’ose croire qu’elle peut être aimée. Il se peut aussi qu’une trahison passée ait laissée des traces si douloureuses que la personne a, en permanence, la hantise que cette catastrophe se produise encore. Pister l’autre vise alors à vérifier qu’il n’y a rien à craindre pour l’instant mais ne donne aucune garantie pour demain. Au contraire, piéger le conjoint en le soumettant à la tentation a pour but de confirmer la croyance que la fidélité n’existe pas. Or, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler si bien que la satisfaction de voir la manigance réussir est une piètre satisfaction.
La personne justifie ainsi, après coup, sa jalousie, ses suspicions et ses conduites de contrôle, la violation du droit de disposer d’un jardin secret, etc. On est là face à la jalousie maladive, où le postulat de départ est que l’autre risque de considérer que l’herbe est plus verte ailleurs et de ne pas résister aux manœuvres de séduction d’autrui. Certes, beaucoup d’hommes sont émoustillés par un décolleté, un string qui dépasse du pantalon,... Certains osent le dire, d’autres non, sachant sans doute que cela sera mal supporté par la compagne ou juste par respect. De même, certaines femmes reconnaissent volontiers qu’elles sont sensibles à un beau torse... Quoi qu’il en soit, ce qui est réellement essentiel, c’est que ce désir sexuel, éveillé ailleurs, soit assouvi au sein du couple. En matière de relations amoureuses, rien n’est jamais acquis définitivement mais la meilleure assurance consiste à maintenir ses efforts pour être au top l’un pour l’autre, pour donner le meilleur de soi et vivre une belle harmonie. La jalousie comme trait de caractère signe un manque de confiance en l’autre (perçu comme quelqu’un qui cèdera au plaisir immédiat en dépit des conséquences désastreuses pour le couple) et en soi (jugé comme incapable de supplanter le(la) rival(e)) qui peut dégénérer jusqu’à l’obsession. Les choses virent alors à l’aigre-doux, comme le résultat d’une prophétie auto-accomplissante. La personne jalouse, bien souvent, provoque le malheur qu’elle redoute, tant ses insinuations, accusations, interdictions... peuvent être blessantes, et peuvent user les plus belles promesses d’éternité. Le moindre regard vers autrui est mal venu, y compris devant la télévision, un retard dans une réponse est interprété comme une insuffisance de sentiments, etc. On comprend que la jalousie pathologique figure au tableau clinique du trouble de la personnalité paranoïaque.
Il faut distinguer ces situations de celles où la jalousie est fondée. Un conjoint qui entretient une aventure sème malgré lui des indices, petits ou gros (moins attentionné, plus silencieux, distant, sentant la cigarette, prétextant des week-end de travail, etc.) qui s’accumulent jusqu’à donner lieu au pressentiment ou à la conviction que quelque chose a changé. La personne soudainement se met à fouiller dans les poches ou examiner la teneur des messages du téléphone et découvre le pot aux roses. Face au déni de l’adultère par certains, c’est parfois la seule façon d’en avoir le cœur net et de les confronter à leurs mensonges. Quand la preuve advient, les sentiments sont mélangés. A la colère, la déception et la tristesse, se mêlent le soulagement de sortir de la confusion, le plaisir d’être conforté dans la justesse de son ressenti et un peu de jubilation à acculer l’autre. Quelques fois, la haine sert à ne pas s’effondrer tellement le choc est immense.
Tester, pister et piéger l’autre n’est pas une démarche saine. En effet, est-ce bien raisonnable de former et de rester en couple avec une personne à qui l’on n’accorde pas sa confiance ?! que l’on n’estime donc pas digne de confiance ?!

Infidélité récurrente

Cela fait 10 ans, bientôt 11 ans, que je suis avec mon mari mais, depuis que nous sommes ensemble, il m’a trompé assez souvent. J’ai toujours eu la force de pardonner mais, cette dernière année, j’ai vécu un enfer. Il me trompait avec plusieurs conquêtes et m’a dit un jour qu’il ne se sentait plus à l’aise avec moi et qu’il n’avait plus de sentiments. On s’est séparé. 3 mois après, il est revenu me disant qu’il m’aimait, qu’il s’excusait, etc. Amoureuse, j’ai accepté encore une fois de le pardonner. On a décidé de repartir sur de nouvelle base mais, 1 mois après, il m’avoue qu’il a attrapé une infection sexuellement transmissible. Il a peur des conséquences. Je le rassure, je me plie en quatre pour lui, pour pouvoir le satisfaire. Maintenant, je découvre qu’il continue à me mentir  car il continue à  parler avec ses ex, disant qu'il voulait savoir qui l'avait infecté. Je n’arrive pas à le croire et lui ai demandé de me laisser seule pendant 2 semaines afin de réfléchir.  Ses actes ne me prouvent pas qu’ il tient à moi. Je suis perdue. D’un côté, j’ai peur de plus être avec lui. D’un autre coté, j’ai ma fierté et veux reprendre ma vie en main.

Réponse : Votre email laisse entendre que vous connaissez les réponses mais peinez à en prendre la pleine mesure. Il semble peu probable que votre mari change et ne vous soit plus infidèle. Il ne s’agit pas, étant donné le nombre de récidives, d’une aventure exceptionnelle proche d’un accident de parcours dont il aurait tiré la leçon. C’est récurrent et, malgré la souffrance que cela engendre pour vous, c’est symptomatique d’un manque évident de considération à votre égard. Combien de fois encore allez-vous croire ses belles paroles que très rapidement ensuite ses actes démentent. Votre confiance a été tellement de fois brisée. Le pardonner n'est plus, à ce stade de la tromperie, une force mais une faiblesse, à savoir de ne pas réussir à dire stop, de ne pas surmonter votre peur d'affronter le changement. Cette relation ne vous apporte-t-elle aujourd’hui pas plus de peines que de bien-être ? Est-cela que vous voulez pour vous ?

Malade ou fou ?!

En épousant mon mari , je savais qu'il était musulman, mais moderne. Cela fait un peu plus d'un an que nous somme mariés, et il me parait de plus en plus bizarre. Il me dit entendre des voix qui lui disent ce que je fais en son absence, que chez sa mère, il ressent des présences invisibles à en avoir la chair de poule, que la chose qui est chez nous nous protège et qu il ne faut pas en avoir peur. Il vit la nuit et dort le jour. Il ne m'a jamais embrassée, n'a aucun plaisir à faire le devoir conjugal. Il le fait une fois tous les deux mois quand je lui en fais la remarque. Il n'a de plaisir à rien sauf à manger et à faire la prière, pendant la moitié de la nuit. Des fois, je le sens comme en transe et il dit des choses bizarres. On a une petite fille de deux mois. Cela fait un mois qu'il me demande de la donner à sa mère pour quelques jours. Il y a quelque temps, il m'a dit que sa mère était malade, suivie chez un psy, qu'elle était sortie dehors toute nue et en pleine nuit. La mère de sa première fille est française. Il m'a dit l'avoir quittée (enceinte de deux mois) à cause de rêves qu'il aurait faits et que sa foi en Allah est plus grande que l'amour d' un enfant. Il m'avait caché cet enfant. Après notre mariage, il prétendait qu'il ne croyait pas que cet enfant était de lui alors que j'ai découvert qu'il lui versait une pension depuis longtemps. Je me suis rendue compte qu'il mentait tout le temps et pour un rien. Il décide de faire quelque chose, il sort, il revient et il décide le contraire. Je ne sais pas s' il est malade ou fou. J ai peur pour moi et ma fille. Il ne pense qu' au jour oùu il mourra et qu il ira près d' Allah. Ma vie est insupportable. 

Réponse : Les comportements et pensées de votre mari que vous décrivez sont très inquiétants. Entendre des voix qui n'existent pas ou que dans l'imagination d'une personne est un délire. Quant aux mensonges à propos de cet autre enfant, il semble plus s'inscrire comme une tromperie et donc un trait pervers. Votre relation paraît cruellement manquer de tendresse de sa part à votre égard. Le manque de désir sexuel peut être le signe d'une absence d'investissement affectif de soi auprès de l'autre. Est-ce à une telle vie de couple dont vous rêviez en vous mariant ? Vous dites que votre vie est insupportable. Il vous faut donc sérieusement réfléchir à votre avenir et songer aux modalités du changement pour sortir de cette situation. Votre peur (pour vous-même et votre fille) est probablement tout à fait justifiée de sorte qu'il vous faut agir avec prudence. Je vous conseille de vous rapprocher d'une association qui aide les femmes en difficultés afin de recevoir l'aide dont vous avez besoin.

Folle amoureuse depuis ses jolis mots mais...

Je suis une fille folle amoureuse d'un hyper beau garçon ! Au début, il m'a donné tellement d'attention et j'ai cru que je lui plaisais. Il m'a dit des choses incroyables et j'ai cru à chaque mot qui sortait de sa bouche . Mais maintenant il sort avec une fille et il ne me salue même pas. Je ne sais pas pourquoi ! et je veux vraiment être avec lui .Pouvez-vous me donner une solution ?!

Réponse : Je n'ai pas de solution à vous proposer, juste quelques mots pour faire face à la réalité et tourner la page. Les belles paroles que ce garçon vous a prodiguées avaient apparemment pour unique but de vous séduire afin d'obtenir de vous ce qu'il souhaitait. Une fois conquise, le jeu n'était plus aussi amusant et il s'est détourné pour recommencer ailleurs le même manège. Il faut tirer les leçons de l'expérience et à l'avenir, prendre le temps de vérifier si les mots ne sont juste là comme de la poudre aux yeux, si les faits les confirment. Certaines personnes, habiles à tenir le discours que vous avez envie d'entendre sont en fait manipulatrices mais il est important de comprendre qu'elles réussissent leur manœuvre quand on se montre trop naïf(ve). Prendre sa part de responsabilité permet de ne pas reproduire les mêmes erreurs et d'avancer vers plus de succès dans ses projets de vie.

Harcèlement de mon père, pourtant ma sœur vit toujours sous son toit

Mon père se trouve être un manipulateur. Je m'inquiète particulièrement pour ma sœur aînée qui vit toujours chez mes parents (elle a 36 ans), qui veut absolument partir car elle ne supporte plus la situation (elle est en permanence harcelée implicitement par mon père), elle a des "pulsions" de suicide et ne sait pas quoi faire pour partir. Les assistantes sociales qu'elle a rencontrées ne lui ont pas donné de réelle solution à part le foyer, et encore, c'est provisoire ! J'ai bien sûr proposé à ma sœur de venir chez mon conjoint et moi mais elle ne veut pas déranger et me dit qu'elle se sentirait gênée et encore une fois dépendante. Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire pour l'aider. Je suis certaine qu'elle ne peut absolument pas travailler dans cet état, tout en restant chez mes parents.

Réponse : Ce que je vais vous dire ne sont que des pistes de réflexion pour vous permettre peut-être de comprendre un peu mieux votre sœur.
La première est l’ambivalence c'est-à-dire une alternance entre “je veux “ et “je ne veux pas”.
La deuxième est à chercher dans les bénéfices secondaires découlant de la situation : par exemple, rester lui évite de se lancer dans l’existence. Voler de ses propres ailes peut sembler vertigineux et l’est parfois réellement. Certaines personnes ne réussissent jamais à oser. La confiance en soi est directement en cause dans cette problématique. Les causes d’un manque de confiance en soi peuvent être nombreuses : travail de sape de la part d’un ou des parents (dévalorisation, ...), absence d’instruction, négligence affective (en lien aussi avec un manque d’estime de soi)...
La troisième, il est possible que votre sœur veuille protéger votre mère en restant ou veiller sur elle. Elle se sacrifie pour elle. Les rôles sont ainsi inversés puisqu’elle devient le “parent protecteur ou inquiet” pour sa propre mère. N’est-ce pas le cas depuis longtemps ? N’avez-vous pas connu cela vous aussi ?
Ceci dit, vous ne pouvez pas prendre le rôle de psy auprès de votre sœur. Vous êtes trop proches pour être efficace même si vous aviez les compétences. Si sa situation financière ne lui permet pas consulter un(e) psychologue clinicien(ne) en libéral, qu’elle se dirige vers le CMP et demande à en voir un(e).

Ma fille est entre les griffes de la psychanalyse

Je suis père d'une fille âgée de 41ans qui voit son psy depuis des années et j'ai vu ma fille perdre peu à peu de son éclat, devenir comme un enfant, régresser... Elle possède tous les symptômes que vous décrivez dans votre article sur la manipulation ! Ayant un niveau d'études supérieur, elle est en ce moment aide-soignante auxiliaire ! J'essaie de lui venir en aide quoique sachant bien qu'elle est insensible à la raison, étant sous la dépendance de son "gourou"... Comment procéder pour la sortir des griffes de la psychanalyse ? Est-ce seulement possible ? N'est-il pas trop tard, je ne sais... 

Réponse : Je comprends votre désarroi mais n’ai pas de solution tout prête à vous proposer. Seule votre fille détient les rennes de sa vie entre ses mains même si pour l’instant elle les a abandonnées à son psychanalyste. Il est vrai que le cadre de la psychanalyse (position allongée du patient, séances nombreuses et rapprochées) augmente la régression du patient et donc sa dépendance. Le transfert ne facilite pas non plus le recul et l’esprit critique envers la méthode et le praticien. Votre fille est majeure et le mieux est certainement de respecter ses choix. J’ai conscience que ce n’est pas la réponse que vous attendiez. Prenez le temps d’y réfléchir.

Vais-je droit dans le mur avec un passif-agressif ?

Mon conjoint est passif agressif. Il s'en est rendu compte, dit souhaiter faire des efforts même si je trouve qu'il se cache désormais derrière cette nouvelle "excuse". Beaucoup de souffrance chez moi et beaucoup d'indifférence chez lui. Je me demande aujourd'hui si ma persévérance en vaut la peine. Ne vais-je pas droit dans le mur ? Un passif agressif peut il réellement ressentir de l'amour pour sa compagne ou ne sert-elle qu'à exulter ses frustrations ? Peut-il s'en sortir ? Notre couple peut-il s'en sortir ? Merci de la réalité de l espoir que vous pourrez me donner.

Réponse : D'une part, il est préférable de ne pas poser de diagnostic vous-même. D'autre part, la passivité agressive n'est pas un diagnostic en soi mais la manifestation d'un trouble de la personnalité. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon livre "Les violences sournoises dans le couple". Au fur et à mesure de la lecture, vous affirmerez un autre positionnement, seule condition pour faire évoluer votre relation si cela est possible. La seconde condition étant que votre conjoint se remette véritablement en question, ce qui n'est pas possible pour tout le monde. Je ne peux vous donner qu'un seul espoir : ouvrez grands les yeux et les oreilles, faites confiance à vos ressentis et saisissez-vous de la vérité qui se présente à vous pour en tirer les conclusions qui s'imposent et prendre les décisions qui vous aideront à retrouver le bien-être.

Un break face à son ambiguïté

J'ai 30 ans et vis depuis 10 ans avec mon conjoint. Nous ne sommes pas maries et avons un enfant. Récemment, nous avons pris la décision de nous séparer (temporairement dans un 1er temps) pour essayer de trouver une solution à nos problèmes de mésentente. Il s'est éloigné de moi il y a bientôt 10 mois, quelques mois après la naissance de notre enfant. Il dit vouloir rester avec moi et m'aimer mais adopte une attitude qui me déplaît, me contrarie et enrichit mes soupçons ! Il s'est rapproché d'une femme et d'une amie qu'il ne veut pas me présenter. Ma question est donc la suivante : "quelle attitude adopter pendant un break du couple afin qu'il puisse réaliser si oui ou non il veut faire sa vie à mes côtés et mettre un terme à ses relations ambiguës ?

Réponse : Vous souhaitez mettre à profit ce break pour que votre conjoint clarifie sa position et cesse de vous soumettre à une situation paradoxale. Il semble en effet, qu'il y ait quelque chose de contradictoire entre son discours et les faits. D'une part, il dit vous aimer mais agit d'une manière non aimante d'autre part. Dans un tel contexte, il est souvent préférable d'opérer une véritable coupure (même transitoire) c'est-à-dire d'éviter tout contact et de trouver des alternatives comme par exemple, de confier votre enfant à une personne de confiance chez qui il viendrait le chercher s'il veut le voir, etc. Ceci lui permettra peut-être de ressentir le manque de vous et de ne plus croire que vous êtes là disponible, prête à l 'attendre et à tout supporter... De plus, être en sa présence sans obtenir la qualité de l'échange qui vous rassurerait est très perturbant et rompt chaque fois l'équilibre que vous aurez pu retrouver.

Déçue par ma belle-famille

Je vis entourée d’un climat familial hostile (ma belle-famille). Tout ce que je fais ou dis est critiqué négativement. Par exemple : si avec mon mari nous décidons de faire des travaux chez nous, c’est affreux « ce qu’on peut nous casser du sucre sur le dos ». Nous vivons dans le même hameau en face les uns des autres. Cela fait des années. J’avais pris du recul face à cette situation et, pensant que cela s’était amélioré, je me suis à nouveau rapprochée, ma belle-mère étant très malade. Mais j’apprends toujours de manière détournée ou par des intermédiaires que je suis, ainsi que mon mari, tout autant qu’avant, sévèrement jugée, critiquée ,enviée. Mon mari arrive à prendre plus de recul que moi face aux situations mais pour moi cela est plus difficile et souvent j’en sors blessée et triste. Que dois je faire ?

Réponse : Vous ne changerez pas votre belle-famille et vous ne pouvez pas non plus imposer à votre compagnon de couper les ponts avec ses membres, d’autant plus que les lieux d’habitation ne s’y prêtent pas du tout. Il n’y a donc qu’une seule chose à faire. D’une part, prendre conscience que personne ne détient votre vérité et apprendre à être moins déstabilisée par les critiques, et, d’autre part, cesser d’attendre ce que les gens ne sont pas capables de donner pour éviter les déceptions. A chaque fois, certes ils sont coupables de casser du sucre sur votre dos mais vous êtes responsable de vous être laissée réillusionner.

Il est émoustillé par d'autres

J'ai perdu confiance en moi depuis que mon mari m'a dit qu'il trouvait parfois d'autres femmes désirables, qu'il aime les femmes pour leur beauté, qu'un décolleté, qu'une mini-jupe ou un string qui dépasse l'émoustillent. Pourtant il me dit qu'il n'a jamais eu envie de me tromper, ni de faire l'amour avec une autre, qu'il m'a dans la peau, m'aime, me trouve toujours belle et désirable. Ce que j'ai toujours voulu être pour lui et aujourd'hui j'avoue que je suis déçue et je ne comprends pas que cela laisse malgré tout la place à ces parcelles de désir pour d'autres, cela me rend maladivement jalouse et je suis un peu perdue. Je vivais dans une bulle avec lui, j'avais confiance et aujourd'hui j'ai peur de le perdre et je me remets en question.

Réponse : Il est important de ne pas dramatiser. Beaucoup d’hommes sont émoustillés par d’autres femmes, un décolleté, ... Certains osent le dire, d’autres non, de crainte sans doute que cela soit mal supporté par leur compagne. Quoi qu’il en soit, ce qui est réellement essentiel, c’est que ce désir, c’est avec vous qu’il souhaite l’assouvir et qu’il n’en a jamais été autrement et n’envisage même pas que cela puisse être différent. La remise en question doit être permanente de manière à maintenir les efforts, à rester séduisante, à donner à l’autre le meilleur de soi, etc. Rien n’est jamais acquis définitivement et il est nécessaire de se re-séduire l’un l’autre chaque jour. Pour autant, il n’est pas bon de se rendre malade à force de douter et de ne plus penser qu’au pire jusqu’à l’obsession. Finalement, à poursuivre ainsi, vous risquez de provoquer le malheur que vous craignez. Vous êtes sortie de votre bulle parce que votre confiance reposait sur une espèce d’aveuglement, de déni. Vous pouvez retrouver l’équilibre à condition de mettre en valeur la chance que vous avez d’avoir rencontré un homme qui ose vous dire ses sentiments. Beaucoup sont bien trop pudiques pour se dévoiler ainsi. Montrez vous digne de sa confiance.

Je suis le principal artisan des difficultés conjugales

 Je vous remercie de votre site qui m'a permis de me découvrir une personnalité : le passif:agressif. En proie à des difficultés de couple depuis plus d'un an , je viens de découvrir que j'en suis pour ainsi dire le principal artisan. Même si je ne minimise pas le rôle de mon conjoint, je suis conscient de tout le mal que j'ai pu lui faire en lui imputant la responsabilité de cet échec. Je vais évidemment tout faire pour changer cet état de fait et sauver je l'espère notre couple. Je vais prochainement acheter votre livre pour parfaire ma connaissance de moi-même . Une petite question : étant tout de même d'un naturel réservé, est-ce que cette démarche peut-être personnelle ? ou nécessite-t-elle l'avis d'un professionnel ?

Réponse : La prise de conscience d’un problème est la première étape de sa résolution. Il est possible d’avancer seul mais toutefois, avoir un vis-à-vis permet une sorte d’entraînement à la verbalisation de l’intériorité. Une psychothérapie, c’est aussi cela. Étant d’un naturel réservé, il vous serait sans doute utile de prendre l’habitude de sortir de votre réserve pour prendre la parole, partager, communiquer...

Je me sens tellement seul

J’ai 31 ans et je n’ai jamais eu de relation avec une femme. J’ai l’impression de subir ma vie au lieu de la vivre. Je suis très introverti, très timide et peu bavard à tel point qu’à l’époque où je cherchais un travail, je me décourageais face à l’enjeu et aux difficultés que j’avais à me mettre en avant lors des entretiens d’embauche. Finalement, j’ai arrêté mes études à l’âge de 23 ans et ai signé mon premier et unique CDI à 25, un emploi d’hôte de caisse dans une grande surface que j’occupe toujours aujourd’hui . Je pensais vaincre ce côté réservé au contact des clients. Il n’en est rien. Je crois aussi que le fait d’avoir vécu de nombreux décès familiaux après mon embauche m’a enfermé un peu plus dans le mutisme et le deuil.
J’attendais beaucoup de personnes extérieures, un peu trop peut-être. Ainsi, j’ai l ‘impression d’être un automate, de ne pas être l’acteur mais la doublure de ma vie. Alors, comme j’ai des difficultés à m’exprimer, j’ai cru bon de m’inscrire sur un site de rencontre comme pour me convaincre du contraire. Je me sens encore plus dépité qu’auparavant ; moi qui tends la main, je n’ai aucun suivi de la part de la gente féminine. J’ai l’impression de leur être indifférent, sans intérêt puisque je n'ai aucun retour. Mon rêve c’est que je voudrais aimer, échanger, partager les joies et les moments difficiles avec une personne, fonder une famille, avoir des enfants ; j’en fais une fixation de tout cela. Quand je croise un couple avec des enfants ou quand je vois la même situation au sein de ma famille cela me fait rêver. Est-ce si difficile ? Pour moi, à l’heure actuelle ça l’est mais j’aimerais savoir pourquoi ?

Réponse : Au vu de votre description, votre timidité est pathologique c’est-à-dire qu’elle vous entrave considérablement dans votre vie, vous empêchant même d’atteindre des objectifs pourtant nécessaires tels que obtenir un travail qui vous convienne, fonder un couple et une famille, etc. Vous dites avoir étudié jusqu’à 23 ans, ce qui laisse supposer un certain niveau d’études et pourtant vous vous contentez d’un travail de caissier. Quel dommage ! Pas étonnant que cela n’ait pas permis de dépasser votre introversion maladive. Au bout de quelques jours, le travail et les contacts avec les clients sont vite routiniers. “Bonjour, au revoir...” rien qui ne vous engage vraiment.
Aborder une femme via un site de rencontre peut a priori sembler plus facile que dans la vie réelle mais, en fait, c’est une manière de fuir la difficulté qui n’est jamais affrontée. Et tant que vous tenterez d’échapper à cette confrontation/rencontre avec les autres vous ne pourrez pas développer tout un tas de compétences sociales et relationnelles indispensables. L’échange avec autrui se situe sur deux plans : verbal et aussi non verbal. Ce dernier permet de s’ajuster à son interlocuteur car il complète, enrichit le niveau verbal. Sur un site de rencontre, cette dimension est absente car tout passe par l’écrit. De plus, certaines personnes ne prennent même pas la peine d’être polies et zappent sans un mot si vous ne les intéressez pas. Il vous est nécessaire d’acquérir quelques habiletés en matière de séduction, d’apprendre les codes de ce type d’interaction et ce, dans le réel... Votre timidité est en ce domaine votre pire ennemie et vous n’avez que trop attendu à lui tordre le cou. Je vous conseille vivement de prendre à bras le corps ce problème et de consulter un(e) psychologue proposant des thérapies cognitivo-comportementales. Il sera nécessaire de suivre ses prescriptions et de vous tenir à ce travail sur vous-même si vous voulez avancer.

Je crois qu'il est mythomane

J'ai 24 ans et, étant célibataire depuis pas mal de temps, une bonne amie ( qui a souvent l'habitude de faire des histoires avec tout le monde ) me présente un jeune homme . Je viens donc de rencontrer ce garçon, depuis une semaine. Nous sommes ensemble et tout va bien. Il est très gentil avec moi et nous passons de bons moments ensemble. Mais plusieurs choses me perturbent dans cette relation.
C'est quelqu'un qui complimente souvent les autres filles, allant même parfois jusqu'à la drague ouverte devant moi, ce qui me fait du mal étant donné que j'ai perdu confiance en les hommes depuis pas mal d'années.
Mais la chose qui me perturbe le plus est la suivante : le passé de ce garçon.
Il habitait dans le nord de la France avant de s'installer dans ma région, ça fait un mois qu'il est arrivé et il a déjà plein amis qu'il qualifie de " frères". Il raconte son passé à qui veut bien l'entendre
    - violé par son père pendant son enfance (rupture totale avec son père depuis lors )
    - mort de sa sœur, il y a une dizaine d'années
    - mort de sa mère (cette année). Elle s'est suicidé en étant au téléphone avec lui
    - un cancer qui ne trouve pas de traitement
    - et soi-disant il aurait coupé contact avec tous ses amis ou soi- disant amis de son ancienne ville pour se venger de leur absence aux obsèques de sa mère.
Toutes ces histoire sont bien entendu édulcorées avec des voyages à disney offerts à sa mère le vieille de sa mort, des coups de fil de sa mère pour lui dire d'aller à l'hôpital avant qu'il sache qu'il avait un cancer , comme si elle avait un 6° sens ... Sans parler des nombreux travails qu'il a fait SOI DISANT : maître d'hôtel, chef de rang, gogo danseur, dj, une licence en droit .... Et je tiens à vous préciser que ce jeune homme n'a que 21 ans !
Le voila arrivé Ici dans le sud de la France, qui était, soi- disant , le rêve de sa maman. Et il est sans travail et visiblement n'en recherche pas activement.
Moi même ayant perdu mon papa je sais qu'on ne peut pas plaisanter avec ce genre de choses, j'ai eu une vie pas très heureuse mais là, tout ça me parait vraiment gros et exagéré et je ne sais pas si je dois le croire ou non. S'est- t- il construit cette histoire malheureuse pour attirer la compassion et avoir des amis dans cette nouvelle ville ??
Aidez moi j'ai peur de me mettre avec un fou furieux.

Réponse : Tout d’abord, je voudrais attirer votre attention sur un fait. Vous dites avoir du mal à accorder votre confiance aux hommes mais malgré que vous ne connaissez ce jeune homme que depuis une semaine, vous êtes déjà ensemble. Vous devriez prendre plus de temps pour découvrir qui est l’autre avant de vous lancer dans une histoire amoureuse.
Ensuite, il est tout à fait inacceptable qu’en votre présence (ou même en dehors dès lors que vous êtes en couple), Monsieur se permette de séduire une autre femme. Il s’agit de violence psychologique, d’un irrespect total de votre personne. Est-ce donc quelqu'un de si gentil avec vous ? Ce jeu de séduction outrancier montre que non.
Puis, ce passé qu’il raconte semble en effet très noirci, trop à vrai dire. Vous devriez vraiment lire mon livre dont la première partie dépeint le mythomane. Les similitudes sont impressionnantes, surtout lorsque le mythe personnel qu'il s'invente se décline sur le versant du roman noir, c'est-à-dire une soi-disant histoire de vie tragique. Vous ne douteriez plus de ce que vous ressentez à son sujet. Ce personnage joue sur le fait que personne n’osera mettre en doute des événements aussi graves. Il s’agit purement et simplement de manipulation dans le but notamment mais pas seulement d’attirer l’attention et la compassion à lui.
Finalement, posez vous les bonnes questions avant de vous investir plus dans cette aventure qui risque fort d’être compliquée et de vous faire souffrir. N'attendez pas que le temps passe et de vous attachez plus à ce jeune homme qui a surtout besoin d'une aide psychologique pour mettre un terme à ce scénario qu'il reproduit de ville en ville, obligé de couper les ponts avec tout le monde dès qu'il est démasqué.

Phobique de l'engagement

Je suis dans une impasse depuis plus de 5 années avec mon ami et pourtant nous avons vraiment tout pour être heureux. J'ai 30 ans et lui 39, nous nous aimons (je pense), nous sommes très attirés physiquement l'un par l'autre, avons tous les deux un bon travail, sommes en bonne santé ... Depuis 1 an, nous nous séparons, puis il revient me reconquérir, puis repart puis revient .... (5 fois en 1 an). A chaque fois, en disant qu'il a changé, qu'il m'aime et qu'il est prêt à construire enfin une vie de famille avec moi (enfants, mariage ...), qu'il ne voit pas sa vie sans moi. Puis lorsqu'il voit que les choses deviennent sérieuses, que je suis concrètement en attente d'une vie de famille, il change littéralement sans rien dire ! Il est dans sa bulle, m'ignore, me méprise, ne parle plus du tout d'avenir, il est ambigu... Il finit par me dire qu'il ne sait plus ce qu'il ressent, qu'il n'est plus sûr, qu'il n'y arrive pas ou alors que ça va trop vite ... Il m'a même dit, il y a 3 semaines, : "Mais comment fais- tu pour être comme ça avec moi alors que je suis odieux avec toi ?" Je lui ai répondu : "parce que je t'aime ..." Il n'a rien dit .... C'est intenable ! Je me suis remise maintes et maintes fois en question et j'ai fini par le quitter, il y a quelques jours, par écrit car je pensais mieux exprimer ma souffrance et mon incompréhension face à son comportement ... et là encore il s'est enfermé dans son mutisme et n'a même pas répondu ! Je lui ai fait parvenir votre article mais depuis aucune nouvelle ... J'espère que ça lui fera prendre conscience du malaise et qu'il aura envie de réagir pour sauver le couple ? J'imagine que si il est revenu me chercher 5 fois en une année c'est qu'il m'aime ? sinon il ne serait jamais revenu ??? Sa grande excuse dernièrement pour son manque d'implication et sa non prise de décision, quand je lui ai demandé ce qui clochait : "Je te vois comme la mère de mes enfants, je t'aime mais j'ai peur qu'on ne s'entende pas" ......Pensez vous que je perds mon temps avec lui ? ou qu'il y a quelque chose à sauver ? J'ai quelque part envie de l'aider mais si il ne prend pas conscience lui- même du problème je n'y pourrais rien !

Réponse : Tout d'abord, il faut rappeler qu'il y a une différence entre aimer et croire que l'on aime. Aimer, c'est avant tout agir pour rendre l'autre heureux(se). D'ailleurs l'amour rend heureux(se) pas malheureux(se). Éprouver un émoi amoureux ne veut pas dire que l'on est capable d'aimer. La passion n'est pas non plus de l'amour. Il ne suffit pas de mots, aussi beaux soient-ils. Il faut des gestes, des actes, des engagements. Une erreur fréquente consiste à faire de l'attirance physique entre deux personnes un critère à partir duquel on évalue les possibilités de former un couple épanoui. Certes, se plaire est indispensable mais ce n'est pas suffisant. Beaucoup de personnes s'avèrent capables de corps à corps savoureux sans être prêtes à partager une intimité plus profonde, à savoir celle des cœurs et des âmes et sans jamais oser s'abandonner à l'autre. Il n'y a pas d'amour sans investissement de soi, sans le désir fort de s'endormir et de se réveiller aux côtés de l'autre.
La situation décrite ci-dessus n'est pas rare. A chaque fois, on y retrouve les mêmes composantes :
1) Un partenaire qui ne semble pas savoir ce qu'il veut, qui quand il est rassasié de tendresse, rassuré sur son pouvoir d'attraction, se replie sur lui-même, se montre froid et distant, voire glacial ou sarcastique jusqu'à la dispute. Dispute qu'il reprochera en plus à l'autre de façon sournoise, disant par exemple que les nombreux conflits ne lui permettent pas d'envisager sereinement une vie ensemble ou que les états dans lesquels elle se met (par sa faute) lui font craindre le pire. Toutefois, au bout d'un moment, la solitude lui pèse ou la pression du conformisme (fonder une famille comme tout le monde), plus crûment parfois l'envie d'un rapport sexuel le titille, de sorte qu'il sort de sa tanière et qu'elle trouve à nouveau grâce à ses yeux. Finalement, se dit-il, aucune femme n'est parfaite... alors pourquoi pas elle.
2) Une partenaire qui souffre de cet incessant yo-yo, portée aux nues quand il veut la charmer encore, dénigrée quand il a l'impression qu'elle lui en demande trop, qui cherche en elle ce qui a bien pu décevoir l'autre au point qu'il se retire sur la pointe des pieds dans une caverne de silence et qui s'acharne à faire comprendre à l'autre le calvaire qu'il lui impose mais aussi à analyser d'où peut bien provenir ce satané problème qui saccage les plus belles promesses d'amour. Lui est unique pour elle mais elle ne se rend pas compte que ce n'est pas réciproque ; elle en a juste l'intuition.
3) La dispute éclate toujours à l'initiative du partenaire "désaimé" et ce n'est qu'à ce moment que l'autre, tarabusté jusque dans ses retranchements, révèle ses doutes, ses peurs et pousse parfois le vice jusqu'à dire qu'il se sent coupable de faire autant de mal. Il s'agit d'une pseudo-culpabilité, d'une part, parce que afficher de la culpabilité sert à le dédouaner sans que rien ne soit mis en place pour que la situation évolue favorablement. Au contraire elle lui sert à se déclarer inapte à la vie conjugale et à la satisfaire. D'autre part, le même scénario se reproduit à l'identique de manière cyclique sans que les leçons ne soient tirées des fois précédentes. Les vrais sentiments de culpabilité poussent à la sollicitude et à la réparation, à assumer les conséquences de ses actes et non pas à continuer à blesser l'autre. De plus, comment imaginer qu'une personne consciente de son problème, de ses répercussions dramatiques sur l'autre (perte de la vitalité, de la joie de vivre, etc.) mais qui ne tente pas tout pour le résoudre, comment imaginer que cette personne soit réellement animée de bonnes intentions ? L'issue de la dispute est généralement la séparation, inévitable dans un contexte aussi paradoxal. En effet, le partenaire reflète une image négative de l'autre tout en prétendant ne pas être, lui, à la hauteur. Les attitudes et le discours sont la source de la plus grande confusion. La partenaire, victime de la phobie de l'autre, est contrainte de quitter une personne dont elle est toujours amoureuse. Face à ce déchirement, l'espoir se montre tenace à l'extrême, l'espoir que l'autre change enfin, l'espoir que tous ses efforts n'aient pas été vains, l'espoir que son amour arrange tout. Quelques jolies paroles et le tour est joué, la voilà reconquise... La répétition de l'expérience désastreuse devrait pourtant amener cette femme à admettre que son partenaire n'est pas prêt de se remettre radicalement en question et de changer.
Quant aux causes de cette problématique, je n'en parlerai pas ici, ayant développé ce sujet dans un livre qui paraîtra vers le mois d'avril ou mai 2011 aux éditions Robert Laffont.

Sous le même toit et séparés

Cela fait 11 ans que je suis avec mon amie qui est devenue ma femme en 2008. Nous avons 2 enfants de 4 et 2 ans et acheté une maison. Début de l'été, elle m'annonce qu'elle veut faire un break pour souffler, qu'elle ne m'aime plus. Autant de mots qui font très mal à entendre. Elle me dit qu'il faut que je reste à la maison, que je ne peux pas prendre d'appartement, qu'au niveau financier cela ne pourrait pas aller - chose que je comprends. Je suis en CDI et ma femme en congé parental de 3 ans, donc pas beaucoup de revenu. Mais vivre avec elle à mes cotés me fait très mal. Quelle attitude prendre par rapport à tout cela ?

Réponse : Un break véritable ou une rupture doivent toujours être effectués avec une interruption de la vie commune, sans quoi c'est une torture pour celui ou celle qui subit la décision de l'autre. Même s'il est douloureux d'assister impuissant(e) au départ du partenaire amoureux, c'est à ce prix que chacun peut réaliser ce qui se passe, que celui ou celle qui rompt peut décider de persévérer ou revoir sa position. Le départ effectif est un acte signifiant qui permet aussi de démarrer le deuil de la relation conjugale, deuil sans cesse postposé tant que les choses ne sont pas claires ou matérialisées. Un break doit également comporter un terme, qui peut, au besoin, être fixé par celui ou celle qui n'en a pas pris l'initiative, ce qui est une façon de reprendre la main et de ne pas être laissé(e) en suspens dans une situation inconfortable qui s'éterniserait. Essayer de retenir quelqu'un contre son gré ou par un chantage quelconque s'avèrera toujours une solution bancale, vouée tôt ou tard à l'échec. Il n'y a de bonheur à deux que dans l'amour réciproque. Peu importe que financièrement, cela soit difficile pour votre femme, il faut qu'elle assume ses choix. Il me semble que votre femme n'a pas à dicter seule les règles. Vous devez décider ensemble de ce qu'il y a lieu de mettre en place ou pas. Vous avez votre mot à dire et il vous faut veiller à vous préserver un maximum.

Comment lui dire qu'il est mythomane ?

Je suis un peu perdue et ne sais plus que faire... J'ai eu une histoire amoureuse avec une personne qui, je pense, est mythomane... nous avons eu plusieurs séparations, suite à ses mensonges et ses réactions très impulsives... Je voudrais vraiment lui faire prendre conscience de ce qu'il souffre mais je ne sais comment lui dire... Je lui ai fait parvenir quelques mots par e-mail : "Qui veut comprendre, trouve toujours l'explication... On peut comprendre mais on ne peut pas tout accepter... On peut aider que si la personne prend conscience des faits…". Je n'ai eu aucune réaction à ce sujet... J'ai l'intention de lui écrire une petite lettre pour lui faire comprendre que je sais, sans le brusquer car, au fond de lui, c'est vraiment quelqu'un de génial qui fait tout pour faire plaisir... mais, par contre, il invente des histoires totalement incroyables... qui me font souffrir et qui font souffrir aussi ses amis avec qui il a eu déjà énormément de disputes.. Que pensez-vous de ma démarche? est-elle bonne? cela servira t-il à quelque chose?

Réponse : Il ne sert à rien de tourner autour du pot. En procédant par allusion, vous offrez au mythomane une échappatoire dans laquelle il va s'engouffrer pour se défiler. Il me semble nettement préférable de mettre clairement les points sur les i et de signifier avec fermeté les limites au-delà desquelles vous n'irez pas ou les comportements que vous n'admettrez plus, sans quoi, d'une certaine manière, vous devenez complice du jeu de l'autre. En refusant d'y entrer encore, vous mettez le mythomane face à ses réalités. Certains choisiront de fuir, de tourner les talons et de claquer la porte afin de recommencer le même manège ailleurs, prisonniers de leur scénario. D'autres saisiront l'occasion pour affronter leurs difficultés, souvent d'ailleurs parce qu'ils sont au pied du mur et qu'ils ne peuvent plus faire autrement, sauf à perdre trop dans l'histoire. Nommer la maladie et accepter d'avoir besoin d'aide pour la soigner est la première étape d'un changement en profondeur. Le premier pas est sans doute le plus angoissant parce qu'il implique en quelque sorte de renoncer à sa carapace de mensonges et de se dévoiler sans artifice. Mais c'est le premier pas d'une nouvelle vie, de la vraie vie...  

Des petits mensonges à la trahison

Voici ma triste histoire, je vis depuis 7 ans avec une femme qui ne peut s'empêcher de me mentir. En fait, je l'ai su assez rapidement au début de notre relation : ça me semblait être des petits mensonges d'agrément. Je lui ai expliqué très rapidement que je n'envisageais pas de relation vraie et durable construite sur le mensonge et que s'il y avait bien une chose qui m'insupportait c'était que l'on me mente. Le souci c'est qu'elle reconnaît très très difficilement son mensonge, il faut vraiment la pousser dans ses retranchements pour qu'elle finisse par avouer et encore qu'une partie de la vérité... C'est très épuisant moralement. Ainsi quand j'avais des doutes, cela finissait en scène de ménage où elle me jurait qu'elle ne recommencerait plus... ça a duré des années et puis, il y a quelques mois, j'ai découvert qu'elle me trompait depuis 2ans... que des mensonges d'agrément on était passé, doucement mais sûrement, à une mascarade effroyable. Comment ai-je pu être aussi naïve, aucune idée... mais je l'ai été bien plus que je ne l'aurais imaginé. J'ai eu de nombreux doutes, mais j'avais toujours comme réponse : "tu te fais des idées", "arrête avec ta jalousie maladive", "si maintenant je ne peux plus avoir d'amis...." et surtout jamais d'aveux, toujours des histoires plus effarantes les unes que les autres, et absolument aucun aveu. Bref, c'est elle qui fautait et c'est moi qui culpabilisais.... On s'est séparé, puis retrouvé, elle a entrepris une psychothérapie. Le problème est que les mensonges d'agréments perdurent et que je n'ai plus la force de les entendre et surtout de les démasquer, je lui ai proposé une thérapie de couple, mais est-ce la solution? Elle dit souffrir de ses mensonges, vouloir s'en sortir mais j'ai tellement entendu ce discours... Je n'arrive vraiment pas à comprendre comment on peut vivre en paix avec soi-même, en vivant tellement dans l'illusion. Comment s'entêter autant, surtout quand il n'y a aucune bonne raison de le faire??? Vraiment cela me dépasse complètement.

Réponse : La mythomanie est une pathologie de l'estime de soi qui se manifeste par une compulsion à raconter des histoires mensongères. Même si le sujet mythomane a conscience de mentir, il ne peut s'en empêcher. Le mythe personnel dans lequel il se réfugie sert aussi de colmatage narcissique et de paravent entre lui et les autres. C'est parce qu'il est mal avec lui-même qu'il vit dans l'illusion et qu'il défaille face au regard d'autrui. Une psychothérapie individuelle est indispensable pour sortir de ce cercle vicieux.
Comme pour d'autres maladies du narcissisme, les manœuvres manipulatrices ne s'arrêtent pas aux mensonges. Elles s'immiscent dans la moindre brèche pour renverser les situations, opérer un transfert de culpabilité ou affubler l'autre de différents défauts, etc. Ainsi, accorder le bénéfice du doute ou la présomption d'innocence, qui est louable comme attitude, se retourne contre l'entourage, au point que celui-ci perd ses repères et ne fait même plus confiance à son ressenti, systématiquement dénié par le manipulateur.
La mythomanie est une chose, l'infidélité en est une autre. A ce propos, votre partenaire amoureuse semble avoir poussé le bouchon très loin puisqu'elle vous a menée en bateau pendant deux ans. Après l'avoir mise en garde sur votre intolérance aux mensonges, en poursuivant la relation en dépit de ceux-ci, vous avez repoussé vos limites, vous êtes entrée dans une sorte de jeu de pouvoir pernicieux et vous lui avez inconsciemment ouvert la porte de l'irrespect. Malgré vous, vous êtes devenue "complice" de cet abus.
La persistance des mensonges, même petits, est de mauvaise augure, surtout dans un contexte de retrouvailles. Le danger que vous retombiez dans le même engrenage ne doit pas être écarté, sans compter la hantise que cela doit aviver sans cesse. Précédemment, vous avez déjà fait l'expérience que tenter de la démasquer était épuisant et assez stérile. Il est donc inutile de vous acharner à faire toujours plus de la même chose. Il est plus que temps que vous mesuriez l'écart entre la relation que vous vivez et celle dont vous rêvez pour tirer les conclusions qui s'imposent. Il semble que votre point faible est votre manque de fermeté et de détermination. La rupture, même si elle est douloureuse, est parfois nécessaire pour mettre le mythomane face à sa réalité.
Une thérapie de couple me paraît contre-indiquée à cause du risque de déresponsabilisation qu'une démarche commune peut engendrer dans l'esprit du mythomane, laissant sous-entendre que le problème demeure dans l'interaction entre vous deux et non chez le menteur pathologique.

Handicapée par l'éreutophobie

Je souffre actuellement d'éreutophobie. Cela dure depuis quelques années avec une période de rémission d'un an environ. Cela a commencé quand je me suis installée pour la première fois dans une relation durable avec un jeune homme particulièrement jaloux. Je rougissais lorsque je rencontrais des connaissances comme si j'avais peur qu'ils pensent que je sois devenue un fille soumise. Cela a cessé lorsque nous nous sommes séparés tout d'abord grâce à un traitement anti- dépresseur puis le symptôme n'est pas réapparu après l'arrêt du traitement. il a resurgi depuis quelques mois sans que je comprenne très bien pour quelles raisons.
Lorsque j'y réfléchis, je réalise que ce symptôme est déjà apparu lorsque j'ai traversé un épisode d'angoisse suite au départ de ma sœur pour l'étranger et également lorsque je fréquentais un garçon que j'idéalisais.
De plus, à l'âge de 7 ans, j'ai développé une phobie de la mort qui a duré plusieurs années avec attaques de panique et presque perte de connaissance. Cela a cessé au début de l'adolescence et s'est réinstallé à 17 ans lorsque j'ai fais une dépression.
Ce qui est le plus difficile, c'est qu'autrefois j'étais très sûre de moi en apparence, je savais tout à fait me défendre et faire face aux critiques, agressions et j'étais fière de cela. Aujourd'hui, j'ai l'impression de n'être plus moi-même. Je rougis lorsque je rencontre des personnes que je connais, quelquefois lorsque je dois parler de moi ou devant plusieurs personnes, et plus étrange, lorsque je rigole... Cela m'handicape notamment dans mon travail lors d'intervention devant un groupe ou en réunion.
J'ai consulté plusieurs psychologues comportementalistes et cela ne m'a strictement rien apporté. Puis, j'ai fait une psychothérapie (avec une psychologue clinicienne) qui a duré 3 ans, j'ai compris beaucoup de choses mais les symptômes sont toujours là. Et j'en développe des nouveaux: Je ne suis plus satisfaite de moi physiquement depuis un an et demi environ alors qu'avant je me trouvais très jolie. Ma confiance en moi reposait d'ailleurs sur cela. Aujourd'hui je ne sais plus à quoi me raccrocher et pense à la chirurgie esthétique.
J'ai l'impression que les symptômes et mon mal être empirent avec le temps au lieu de s'être améliorés grâce à la psychothérapie. J'aimerais avoir votre avis et vos conseils pour sortir de cette "prison".

Réponse : L'éreutophobie se définit comme la crainte excessive, pathologique de rougir. Le rougissement est simplement une réaction physique qui résulte d'une poussée d'émotions. Le problème de l'éreutophobe n'est pas tant le fait de rougir que la peur de rougir. La guérison de ce symptôme passe donc, d'une part, par l'acceptation de votre émotivité et de ses manifestations et, d'autre part, par une meilleure gestion de vos émotions. Rougir n'a rien de honteux ! Cela arrive à une multitude de personnes, dans une foule de situations. En détachant son attention de la sensation (on se sent rougir), en ne s'y attardant pas, au bout de quelques secondes, les traces visibles s'estompent et disparaissent.  Mais tant que l' esprit reste focalisé sur les joues rouges, il alimente par tout un tas de pensées parasites la source de stress et le processus se trouve renforcé. Donc, ramener les choses à de justes proportions est la première étape. Ensuite, il est possible de devenir petit à petit moins "émotive" au moyen d'une restructuration cognitive. Il s'agit de repérer les pensées qui activent les émotions négatives et de les corriger. Certaines d'entre elles sont fulgurantes et donc parviennent difficilement à la conscience mais elles suffisent à déclencher des émotions néfastes. On les appelle pensées automatiques. Un petit exercice simple permet de les repérer. Pour ce faire, dès qu'une émotion désagréable a lieu, arrêtez vos occupations du  moment et nommez-là. Puis, retrouvez le fil conducteur de vos pensées jusqu'à identifier celle qui vous pollue. Ensuite, imaginez le plus grand nombre possible de propositions alternatives. Ce travail permet d'atteindre plus de réalisme et d'améliorer considérablement sa confiance en soi. L'aide d'un psy peut être utile pour détecter les croyances, non fondées, qui interfèrent sur la vision du monde et de soi.
Par ailleurs, au travers de vos mots, il semble que votre confiance en vous s'est effritée au fil du temps et qu'elle reposait en grande partie sur votre apparence extérieure, d'où le "choix" du symptôme qui n'arrive pas là par hasard. Je vous invite à aller à la rencontre de vous-même, plus en profondeur afin de découvrir qui vous êtes vraiment, quelles sont vos valeurs, quels sont vos rêves, quelles sont vos réussites, etc. Qu'est-ce qui fait votre individualité, votre différence, etc.???? Développez votre potentiel créatif afin d'être fière de vous-même.
Quant au physique, il faut savoir que l'on plaît à certains et que l'on déplaît à d'autres. A moins d'une véritable difformité, je ne pense pas que la chirurgie esthétique soit une solution pour vous. Au contraire, vous risquez d'en attendre bien trop, d'être déçue et peut-être piégée dans un engrenage sans fin. C'est au fond de vous-même qu'est votre force !
Personne n'est obligé de devoir cheminer seul et si une aide extérieure vous est un soutien précieux, assumez ce choix, sans chercher de "bonnes" raisons pour consulter. Il est possible que la multiplication des symptômes devienne inutile.

Tragédie du suicide et de la mythomanie

Il y a peu de temps, mon beau-frère a mis fin à ses jours. Suite à une dispute pour des broutilles avec son amie, il lui a ramené toutes ses affaires. Le soir même, il se documentait sur le médicament XXX, disant tout d'abord à son amie que c'était la plus grande preuve d'amour, ensuite qu'elle aurait sa mort sur la conscience, puis il a nié avoir pris ces comprimés. Le lendemain, il est sorti avec des amis qui n'ont noté aucun comportement particulier. Les premiers symptômes de l'intoxication sont apparus le surlendemain. Il est décédé le week-end suivant sans avoir rien avoué. L'autopsie est formelle. Si je vous écris, c'est parce qu'il avait une grande tendance à la mythomanie et qu'en découvrant votre article sur le sujet mythomane, j'étais effarée car cela correspondait en tous points à sa personnalité. J'avais toujours perçu cela comme une manière de se mettre en avant, je n'avais jamais compris combien son désespoir était grand. Il racontait à ses amis que son père frappait sa mère et qu'il avait dû mettre son père dehors à cause de cela, que son amie l'avait quitté devant l'autel lors de leur mariage, qu'il avait une tumeur au cerveau... Ses déclarations étaient toujours spectaculaires, voire pathétiques. Il attendait une démonstration de compassion, qui, si elle ne venait pas, signifiait qu'on ne l'aimait pas. Il avait un caractère dynamique et enjoué et souriait tout le temps de sorte que personne ne s'est douté qu'il serait capable de se suicider. Nous n'arrivons pas à comprendre son geste, nous ne pouvons nous y résoudre. Pourquoi ne nous a-t-il pas demandé de l'aide ? Pourquoi n'a-t-il laissé aucun mot, aucune lettre ? Nous sommes perdus... (Pour des raisons d'anonymat, des éléments importants pour la compréhension ont été omis de cette présentation)

Réponse : Ce qui est arrivé est une terrible épreuve. Je comprends votre désarroi et votre tristesse.
J'imagine votre stupeur devant l'article sur la mythomanie. C'est une problématique sur laquelle on trouve très peu de documentation ou d'ouvrages de qualité, quelques rares textes qui tiennent en une ou deux pages mais rien de fouillé et de vraiment profond. Je travaille depuis plusieurs mois à la rédaction d'un livre et j'ai écrit tout un chapitre de 40 pages sur ce sujet, sur la mythomanie telle qu'elle confronte l'entourage à des questions jusqu'ici sans réponse. J'espère terminer l'ensemble en juillet 08 et trouver rapidement ensuite un éditeur. Ceci pour vous dire que vous n'avez absolument rien à vous reprocher. Il faut être un professionnel de la psychologie ou de la psychiatrie pour soupçonner la détresse que ce masque de mensonges cache. En plus, à force de mensonges récurrents, souvent l'entourage se lasse, quand ce ne sont pas des réactions de colère tout à fait compréhensibles. Personne n'apprécie d'être dupé et mené en bateau. Le mythomane ment de façon compulsive pour tenter, bien maladroitement, de colmater une hémorragie narcissique et d'obtenir de la compassion face à une souffrance que lui-même peine à affronter et à nommer. Le sourire affiché, le tempérament enjoué, dans ce contexte, semblent être d'autres tentatives pour séduire ou au moins ne pas déplaire, se rendre attrayant. Il y a en plus chez ces personnes une sorte d'identification à la figure du héros qui leur barre en quelque sorte la possibilité de se montrer vulnérables, faibles ou dépressifs. Avant le passage à l'acte de votre ami, vous ne pouviez savoir tout cela, ni que la plupart du temps ce trouble s'inscrit dans une organisation de la personnalité de type limite (borderline), chez qui la gestion des émotions est particulièrement périlleuse et source d'effets montagnes russes vertigineuses (des pics et des gouffres). La dispute avec son amie a été simplement le déclencheur ou le détonateur, qui aurait pu être n'importe quel autre événement, qui a pris pour lui des proportions affolantes, au point qu'il perde pied et le sens de la mesure. Les mots durs qu'il a eu à son égard sont à entendre comme une sorte de rage passagère (réactions fréquentes chez ces personnalités) dont il n'était plus capable de saisir l'impact et les conséquences. Il est probable qu'en n'avouant jamais son intoxication volontaire, il ait pensé annuler cela, la protéger et lui enlever ainsi ce poids des épaules. En souvenir de la meilleure part de lui-même, elle doit absolument veiller à ne pas se culpabiliser.
Les projets de mariage et immobilier avec son amie étaient de nature à vous rassurer sur ses capacités à affronter les épreuves qu'il traversait quant à sa santé. Vous ignoriez tout de sa précédente tentative de suicide et lui-même a nié jusqu'au bout s'être volontairement intoxiqué.  La plupart des gens parviennent à vider la coupe quand elle est trop pleine, pour d'autres, il y a une sorte d'accumulation, de saturation et de moindre résistance à chaque nouveau coup dur. Ce phénomène est peu connu !!! et je pense même que rares sont les professionnels psys qui le prennent vraiment en compte. En n'avouant jamais l'absorption des comprimés, il a délibérément refusé toute aide ! Il est manifeste qu'il ne voulait pas être empêché dans sa décision de mourir. Pour l'entourage, cela peut sembler absurde. Certainement, avait-il encore de belles choses à vivre mais il vous faut accepter qu'il ait pensé autrement. Il a choisi de mettre fin à SA vie.
En espérant vous aider à cheminer vers l'acceptation...

J'ai perdu le sourire...

J'ai 24 ans et j'ai perdu beaucoup d'ambitions, de tonus, ... pour et dans la vie. Je viens de subir une rupture amoureuse (nous étions ensemble depuis 2 ans). J'ai énormément de sentiments pour lui. Je suis retournée chez mes parents, en attendant de pouvoir me remonter mais je ne suis pas bien ici. Ils donnent beaucoup de jugements à ma vie et ceci depuis un bon moment. C'est sûrement dû à cela aussi, que j'en suis là aujourd'hui. Depuis plus d'un an, je n'arrive plus à avoir le sourire et l'envie de mordre la vie à pleines dents que j'avais avant. On m'a souvent dit que je me plaçais en tant que victime et cela a beaucoup joué dans ma vie affective. C'est arrivé jusqu'au point de rompre. Je souffre beaucoup et j'aimerais m'en sortir pour ma vie future si j'y arrive. Que me conseillez- vous?

Réponse : Au travers de vos mots perle un état dépressif évident qui ne date pas d'hier et que la rupture n'a sans doute qu'aggravé. Le mal-être dans lequel vous êtes nécessite des soins et plus précisément une psychothérapie. A ce propos, lisez attentivement la réponse faite à la question intitulée "Manque de confiance en soi et relations avec les hommes".
Vous souffrez de la rupture mais étiez-vous heureuse avec cet homme ? Il semble que non puisque depuis un an vos forces vives s'échappaient hors de vous. Vous donnez à entendre que vous êtes responsable de cet échec par un positionnement en victime. Qui est ce "On" qui vous a collé cette étiquette sur le front ? Est-ce un(e) véritable ami(e) ? Est-ce vos parents ? Cela a-t-il été dit pour vous aider ou par l'autre pour se disculper ? Vous paraissez peiner à vous dégager des jugements portés par les autres, qui vous affectent jusqu'à vous faire perdre tout repère. Peut-être que cette opinion comporte une part de vrai, malgré vous. Le manque de confiance en soi peut conduire certaines personnes à une insuffisance d'affirmation de soi et, à cause de cela, à se laisser marcher sur les pieds, trop longtemps avant de réagir. Mais quand on aime, on n'écrase pas, encore et encore, les orteils de l'autre même si elle est trop compréhensive, trop compatissante, trop à pardonner... S'aimer, n'est-ce pas s'entraider ? Être là l'un pour l'autre ? Accepter ses qualités et ses défauts, le ou la soutenir pour qu'il ou qu'elle progresse ? Dans le respect et dans la réciprocité. Donc, sous un angle de vue différent, il est possible de considérer que vous étiez réellement victime... Rien n'est binaire, ou blanc ou noir. Il est temps que vous découvriez qui vous êtes, ce que vous voulez pour vous-même, ce que vous ne voulez pas ou plus, que vous deveniez le centre de votre vie et que vous appreniez à y rester. Ce n'est n'y de l'égoïsme, ni de l'égocentrisme, simplement prendre les rennes de votre existence entre vos mains et ne les confier à personne. Personne ne sait mieux que vous ce qui est bon pour vous.
Toute crise signifie un impératif de changement. La crise que vous traversez contient tout ce potentiel, gigantesque et salutaire, source de croissance, de mieux être et de mieux vivre, de joie pure. Mon conseil, soupirez d'aise et partez à la découverte de vous-même.

Se voir en tant qu'amis après une rupture ?

Je vis une rupture amoureuse (j'ai 54 ans) vraiment dans la phase de "déni". Mon amie  me dit quelle n'a plus de sentiments pour moi mais elle souhaite continuer à me voir régulièrement uniquement dans une relation amicale. Je n'arrive pas à dire "non" car j'espère toujours... et chaque avance est repoussée régulièrement ... et je souffre ... et je reviens ... Un conseil s'il vous plait ?

Réponse : Une rupture décidée unilatéralement crée un décalage au niveau des attentes des deux partenaires et donc une asymétrie des positions relationnelles. Le danger est de rentrer dans un "jeu" pervers du type domination/soumission. En souhaitant maintenir un lien amical avec vous, votre amie vous reconnaît certaines qualités mais, en même temps, plus assez pour autre chose. A la fois elle vous rejette et à la fois elle veut maintenir un contact. Peut-être n'assume-t-elle pas complètement sa décision de séparation et, dans ce cas, c'est une façon de faire taire sa propre culpabilité, ou de ne pas vous perdre complètement, de vérifier que vous êtes là à l'attendre, quasiment à sa disposition. C'est une manière de ne pas prendre de risque : loin des yeux, loin du cœur ! Tant que vous l'espérez, vous ne vous tournez vers personne d'autre. Le piège est l'installation d'une prise de pouvoir sur l'autre, sur vous en l'occurrence, et d'une jouissance (excessivement difficilement à s'avouer) à contrôler l'autre, à le faire ou le voir souffrir. Le chagrin de l'un nourrit le narcissisme de l'autre. C'est flatteur d'être désiré(e) à ce point. Il y a beaucoup d'égocentrisme derrière une demande d'amitié régulière adressée à un conjoint que l'on quitte. Comment tourner la page quand la présence réveille sans cesse la flamme ? Comment guérir de cette blessure quand l'espoir est répétitivement aux aguets ? A l'impossible, nul n'est tenu. Peut-être qu'un jour, les conditions seront réunies pour une relation d'amitié mais il faut du temps pour cela, parfois plusieurs mois ou années, le temps que l'un et l'autre soient sur le même registre affectif et qu'il n'y ait plus de rancœur, plus de regret. Mon conseil : respectez-vous, prenez soin de vous et cessez de vous infliger cette souffrance à répétition qui ne fera que vous détruire à petit feu. Rassemblez vos forces et mettez une distance radicale entre vous et elle. 

Il est déjà parti trois fois

Je suis en pleine "dépression" amoureuse après cinq ans de relation, c'est pourquoi une amie m'a donné vos coordonnées, pensant que parler à une inconnue me ferait du bien. Voilà, mon ami est parti déjà 3 fois mais est toujours revenu et aujourd'hui son comportement a changé car il part pour l'étranger pendant six mois. Je sais que c'est bien pour lui, pour son futur métier mais aussi pour moi car je pourrai me consacrer à mes projets. Simplement je n'arrive pas à remonter la pente, c'est trop dur. Si je me fie à vos explications sur la rupture amoureuse j'en suis à la première phase, alors avez-vous un secret pour passer directement à la fin ou dois- je passer par la dépression ?

Réponse : Le changement de comportement de votre ami, son éloignement pour six mois semblent être les éléments déclencheurs de la "crise" que vous vivez pour l'instant. Votre question porte plus précisément sur la rupture amoureuse. Ma réponse part de ce constat et des quelques indices contenus dans votre présentation.
Je ne connais pas de secret pour passer directement à la dernière phase. Une rupture est toujours douloureuse. C'est la fin d'un beau rêve et d'une histoire qui a certainement été très belle en son temps. Ce qui rend l'acceptation plus difficile, c'est l'attente d'un happy end à laquelle il faut renoncer pour sourire à nouveau à la vie et que d'autres possibles soient à nouveau possibles.
Votre ami est déjà parti trois fois, ce n'est pas rien. Certes, un couple n'est pas un long fleuve tranquille et rencontrer des heurts et des conflits est inhérent à une construction à deux, à condition d'être deux à y croire et ce, sans défaillir. L'amour est une volonté consciente de participer au bien-être de l'autre.
De façon répétitive, il vous a fait ainsi vivre des chauds et des froids. Pour la partenaire, ces aller-retours sont éprouvants et très insécurisants. D'une certaine manière, détournée, indirecte, il signifie ainsi qu'il n'est pas très investi dans votre relation, que vous ne comptez pas plus que ça pour lui. L'horizon à deux a été balayé par trois fois déjà. Par trois fois, vous vous êtes retrouvée sur le carreau, déçue. Il est temps d'ouvrir les yeux et d'admettre que vous ne pouvez pas vous fier à lui. Ne donnez plus votre confiance à quelqu'un qui la bafoue et qui vous fait du mal. En tirant les leçons de ces expériences, en regardant cette vérité aussi dure soit-elle bien en face, vous accélérerez le processus de "guérison". Personne n'est complètement blanc ou noir et bien sûr qu'il a certainement des qualités et qu'au début il s'est montré sous son meilleur jour, mais ce qui semble évident, c'est que globalement dans la relation avec vous, il ne vous fait pas du bien. Combien de larmes avez-vous déjà versées ? N'êtes-vous pas lasse de ces états de tension, d'angoisse, d'attente, d'espérance muette pour n'être pas harcelante, etc.... ? Vous êtes jeune, ne vous abîmez pas dans une relation destructrice, ne laissez personne éteindre votre joie. L'amour doit rendre heureuse ou ce n'est pas de l'amour.
Un petit truc : plutôt que de revoir tous les bons moments, listez sur papier tous les mauvais ! Entourez-vous de personnes qui vous estiment, de vos vrais amis.
Pas après pas, à votre rythme, comme les arbres se dirigent vers la lumière, vous remonterez la pente, simplement parce que c'est le mouvement de la vie en vous !

20 ans de mariage et elle me quitte pour un autre

Subissant une rupture, je vous expose mon histoire afin d'entamer un deuil et une acceptation de cette séparation (elle ne veut pas divorcer pour l'instant). Après une vingtaine d'années de vie commune heureuse, mon épouse vient de quitter le domicile (décision prise en 1 mois ou 2) pour vivre une histoire fusionnelle avec un autre homme. Il y a déjà longtemps, elle était déjà partie pendant deux années. Actuellement, la séparation se passe bien (garde alternée pour les enfants, etc.). Les reproches qu'elle me fait depuis deux ans concernent mon absence d'attention à son égard et la priorité donnée à mon travail au détriment de notre couple et des enfants : "tu ne me prêtes pas attention, tu es égoïste". Tout le reste lui convient parfaitement (entente intellectuelle, week-end, éducation, etc.). Cette période de deux ans coïncide avec le début de sa pleine réussite professionnelle et une perte de poids de 20kg. Après un break de deux semaines et avoir pris réellement conscience que ses griefs étaient fondés, j'étais prêt à tenter de modifier mon comportement. Mais au cours de cette coupure, elle a rencontré un autre homme. Mon psy m'a indiqué qu'elle faisait une confusion entre une crise de désir et l'amour. J'ai l'impression que ce qui l'attire irrésistiblement, c'est de concrétiser leur projet de vie commune au quotidien - quotidien qui semble fait d'attentions -, de recevoir l'amour que cet homme lui porte. Elle a un caractère totalement entier et n'a pu tenter l'aventure sous forme d'adultère. Elle est de nature fonceuse autant que généreuse. Moi, au contraire, je suis très stable, mesuré, et constitue un pilier sur lequel elle a toujours pu s'appuyer. Elle a manqué de reconnaissance de la part de sa mère et vécu trois deuils douloureux . La réussite de notre couple reposait sur la sécurité que je lui apportais. La contrepartie : elle m'a idéalisé et porté un amour sans doute disproportionné. Ce qui m'interroge, c'est que maintenant elle veut recevoir et ne plus donner. Est-il possible de changer aussi rapidement en milieu de vie ? N'est-elle pas victime d'un coup de foudre, complètement envoûtée par le regard de cet autre homme ? Une telle modification des attentes du conjoint est-elle fréquente ? J'ai l'impression d'une rencontre entre quelqu'un qui veut donner, donner, ... (il la dévore des yeux) et ma femme en crise de recevoir. Leur nouveau couple peut-il tenir sans une étape de prise de recul ? 

Réponse : Au travers de vos mots, il apparaît clairement que la décision de votre épouse n'est pas aussi brutale et rapide que ce que vous semblez penser. Il est compréhensible que, si pendant deux ans, elle a exprimé ses frustrations et que n'ayant pas le sentiment d'être entendue, elle se soit lassée et n'ait plus cru obtenir satisfaction, un jour. Les marques d'attention, même petites, sont importantes puisqu'elles confèrent le sentiment d'exister et la sensation d'être important(e) dans la vie du conjoint, ce qui est d'autant plus nécessaire lorsque la reconnaissance a manqué dans le passé ou que des blessures affectives ont jalonné l'enfance. Partant d'intentions louables comme assurer l'avenir de la famille, beaucoup d'hommes, et parfois de femmes, commettent cette erreur de surinvestir leur boulot et de consacrer trop peu de temps à leurs enfants et à leur couple jusqu'au jour où ... et là, le couple craque. Le succès professionnel et retrouver une jolie silhouette ont certainement amélioré la confiance en elle de votre épouse et lui ont donné des ailes. Les êtres évoluent, changent au fil de l'existence et la survie d'un couple dépend aussi de l'adaptation du partenaire à ces changements. La rencontre d'un autre homme n'a probablement qu'accéléré la rupture dont le processus était déjà en cours. La communion amoureuse est un savant mélange d'amour oblatif et d'amour captatif. L'amour oblatif consiste à aimer, donner, vouloir le bien-être de l'autre, être à ses petits soins, se mettre entre parenthèses pour le placer au centre de sa vie. L'abnégation de soi est l'extrême. L'amour captatif est l'inverse : être aimé, recevoir, ramener tout à son propre bien-être de façon égocentrique. L'introversion pathologique est donc l'autre pôle. Il semble peu probable que du jour au lendemain une personne change radicalement d'attitude ou d'attentes. D'ailleurs, vous parlez de deux années où ses reproches sont restés lettre morte, pendant lesquelles elle aspirait à autre chose. Cet homme est simplement arrivé au moment où elle était prête à vivre une autre histoire. Bien sûr, il vaut souvent mieux s'accorder une période de solitude avant d'entamer une autre relation mais cela ne signifie pas que leur couple ne sera pas viable. Ces questions que vous vous posez ne visent-elles pas à trouver quelque chose à quoi vous raccrocher, un espoir de la retrouver ? Dans tout, il y a du positif, même si parfois il est difficile de le découvrir. Tirez un enseignement de cette épreuve afin de ne plus tomber dans les mêmes embûches. Je vous souhaite de sourire à la vie sous toutes ses couleurs.

Un pervers narcissique peut-il changer ?

Un passif-agressif le restera-t-il toute sa vie ? Peut-il changer ? Mon compagnon m'épuise. Il a pompé mon énergie. Je l'ai appelé le "mutant" car, pour moi, il a deux visages. Les gens de l'extérieur ne connaissent qu'une facette. Personne ne me croirait si je racontais tout ce qu'il a dit ou fait. Je suis prête à faire encore des efforts (même s'il ne me reste plus beaucoup de force ni de sentiments pour lui) car nous avons deux adorables enfants qui n'ont rien demandé à la vie, si ce n'est d'être aimés. Ce que je vis relève de la violence conjugale (cf. de nombreux posts sur le forum XXX), même si les agressions n'ont jamais encore été physiques... Tout le monde me dit de partir, que je n'arriverai à rien. Mais je n'y arrive pas. Je ne peux admettre que mon conjoint soit un manipulateur ou un pervers et encore moins les deux. Je me dis que ce n'est pas possible, que j'affabule. Malgré les nombreux avis unanimes, j'en suis toujours au même point : le déni et l'impossibilité de me défaire de la situation. En plus, je ne suis pas du genre à laisser les gens tomber lorsqu'ils sont en souffrance, surtout si cela peut être à cause de moi. Mais, selon lui, je lui faisais trop de reproches alors qu'il faisait des efforts. Le problème, c'est que cela fait des années qu'il me LAMINE psychologiquement. Dès que je me plains, il prend des mesures drastiques, arrête la conversation, se met dans des états ... La communication, lorsqu'elle n'abonde pas dans son sens est tout simplement impossible. Il ne veut pas suivre de thérapie. Après avoir eu l'idée de voir un psy en couple, il n'a fait qu'une séance. Depuis, j'y vais seule.

Réponse : J'ai lu vos posts sur le forum XXX. Il semble, au travers des exemples de maltraitance que vous donnez, que le trouble dont est atteint votre partenaire ne se réduise pas à la passivité-agressive, que cela va au-delà, vers plus de pathos et de perversité. Il faut savoir que la théorie psychanalytique pose en principe de base qu'il y a trois sortes de structure psychologique : névrotique (au mieux), psychotique et perverse. La structure est déterminée dans l'enfance, confirmée au moment de l'adolescence et surtout définitivement fixée pour toute la vie. Un pervers restera toujours un pervers ! Il n'y a jamais de formes pures mais, selon le type et le degré de gravité des troubles, il est toutefois possible de distinguer la structure d'une personnalité. Les pervers se caractérisent par un manque total d'empathie pour les autres, utilisés comme des objets au service de leur satisfaction. La jouissance peut résulter de conduites sexuelles tordues mais pas seulement. Cet aspect est parfois même marginal. En fait, ils tirent plaisir d'avilir, de dominer, de se sentir tout puissant face à leur proie, soumise, éplorée, déçue. Ils agissent comme s'il fallait sans cesse anéantir tout regain d'espoir et de joie chez l'autre, comme si le bien-être de leur partenaire leur était insupportable mais, en même temps, ils veulent décider, mener la barque, surtout ne pas subir la situation. Leurs réactions d'indifférence, de résignation, lorsque le conjoint les quitte, visent à détruire le plus petit pouvoir de l'autre sur eux-mêmes ou à le laisser penser. Le pervers ne souffre pas, il enrage de voir sa victime lui échapper. La culpabilité qu'ils affichent quelques fois pour récupérer l'autre n'est pas authentique, elle est feinte pour mieux manipuler ou sauvegarder l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes. Ils sont très habiles pour retourner les situations, que ce soit en rejetant les fautes sur vous ou en se victimisant, pouvant aller jusqu'à évoquer des envies suicidaires. Pour quelqu'un qui se remet volontiers en question, ils sont extrêmement déstabilisateurs car eux, ne doutent pas d'eux-mêmes ! Un peu comme un mécanisme de compensation, la victime a alors tendance à douter exagérément d'elle-même et elle perd tout repère. Face à un pervers, le proverbe "mieux vaut seul(e) que mal accompagné(e)" trouve toute sa véracité.
Beaucoup de parents commettent l'erreur de mettre leurs rêves d'une vie conjugale épanouissante entre parenthèses dans l'idée qu'ainsi ils épargnent une séparation ou un divorce à leurs enfants et qu'ils leur évitent de cette façon une bonne dose de souffrance. Il faut savoir qu'à terme, les conséquences de ce raisonnement sont bien pires ! Leur environnement, sous les apparences trompeuses d'une famille unie, est malsain et perverti. Seule une parole vraie est porteuse de sens, de respect et de vie. Les enfants ne sont pas dupes et ils sentent, consciemment ou inconsciemment, quand les choses ne fonctionnent pas comme elles devraient. Un enfant ne peut grandir de manière positive si un de ses parents se laisse enterrer vivant par l'autre parent et meurt à petit feu de négligences ou de violences physiques et/ou psychologiques. Cette douleur-là, l'enfant ne peut pas toujours la dire, trop occupé qu'il est à tenter de sauver sa mère ou son père, à la ou le préserver, etc.
Il arrive aussi que les enfants servent de prétexte pour reculer une décision trop angoissante mais qui s'impose comme la seule issue, comme une question de survie...
Affronter la réalité de son existence, regarder les choses bien en face et ne plus croire que miraculeusement les choses changeront est un passage obligé. Un pervers ne consulte pas un psy de son plein gré et s'il semble s'y résoudre, il se présentera de manière à obtenir une confirmation de ses pensées, nullement pour s'interroger sur son mode de fonctionnement. Sans demande véritable, aucune psychothérapie individuelle ne peut donner de résultat !
Une rupture, la fin d'une histoire, est une ouverture vers d'autres possibles !
En espérant que ces quelques mots vous aident à cheminer et que dans l'avenir vous trouverez plus de bonheurs.

Incompréhension face à la colère et au rejet d'un passif-agressif

C'est avec grand intérêt que j'ai lu votre article qui traite du comportement (ou personnalité) du passif-agressif. Cet article me touche directement parce qu'il synthétise, en particulier dans le tableau, tous les sentiments (à 2 ou 3 exceptions prêts) que j'ai ressentis durant les presque 5 années passées auprès de mon ex-compagnon. J'ai dû rompre il y a 4 mois parce que je pensais notre relation condamnée. Il est une chose que je ne comprends pas bien. Un passif-agressif "agit" pour exprimer sa colère et son rejet. Dans mon cas, je comprends que, hormis notre 1ère année ensemble, il m'a toujours rejetée. C'est donc qu'il a toujours été en colère contre moi. Mais qu'ai-je donc pu lui faire pour mériter cela? Et puis, comment se fait-il que mon ex (passif-agressif de son état) ai souhaité jusqu'au bout maintenir une relation (certes vidée de toute substance à mes yeux) entre nous ? Je ne comprends pas. Pouvez-vous un peu éclairer ma lanterne?

Réponse : Je ne connais pas les détails de votre histoire et il m'est donc délicat de répondre à vos interrogations. Toutefois, elles ont fait naître quelques pensées en moi, qui peuvent être des pistes de réflexion, en aucun cas des vérités.
Tout d'abord, la colère "agie" et le rejet larvé découlent souvent d'un conflit d'ambivalence que l'on pourrait résumer comme suit : "je veux mais je ne peux pas". Le passif-agressif peine à s'affirmer et à réellement assumer la position qu'il adopte. Il pense "non" mais il dit "oui" ou ne dit rien. Il ravale ses contrariétés au lieu de les affronter. Il tente sans doute, en faisant cela, d'éviter un différend avec sa partenaire. Du coup, il est en conflit avec lui-même, ce qui génère une tension intérieure qu'il est toujours plus facile de décharger sur l'autre que de liquider en se remettant en question, en effectuant un tri parmi ses pensées et ses émotions. L'orgueil joue certainement un grand rôle dans ce type de difficultés et peut expliquer que la projection soit "inconsciemment choisie" comme le mécanisme défensif de prédilection. Avant d'être en colère contre sa conjointe, il est en rogne contre lui-même. Autrement dit, face au malaise qu'il ressent, il est plus simple d'en attribuer la responsabilité à un facteur externe plutôt qu'à soi-même, en l'occurrence, dans une relation amoureuse, au partenaire qui sert, en quelques sortes, de bouc-émissaire sur lequel se focalise toutes les frustrations du sujet. Le dilemme peut être : "je voudrais m'abandonner à l'amour mais je n'y arrive pas". Au marathon des sentiments, les méfiants trébuchent sur la ligne de départ. En même temps qu'ils désirent vivre cette intensité sentimentale là, ils craignent de devenir vulnérables et dépendants. La peur de souffrir est éprouvée non comme une chose éventuelle mais comme un danger probable qui gèle tout investissement affectif d'un autre. Passée la période de lune de miel, la partenaire est moins idéalisée, elle est plus nettement perçue avec ses qualités et ses défauts. Or, lorsque cette altérité, source de différences avec soi-même, n'est plus ressentie comme une potentialité d'enrichissement, de croissance et de complémentarité, mais qu'elle est synonyme d'écarts, de divergences et d'obstacles, elle réactive les traces des traumas non dépassés ou mal cicatrisés. L'altérité devient alors une adversité. Ce processus dévastateur entrave toute possibilité de construction d'une relation authentique pérenne. La personne qui souffre d'un trouble de personnalité non soigné est amenée, malgré elle, à reproduire le même type de scénario. A chaque fois, elle se leurre elle-même sur ses capacités à aimer et elle leurre ainsi les autres. Le passif-agressif est victime d'une névrose qui fait de lui un bourreau. Personne ne mérite de tomber dans les filets d'un système relationnel aussi dévastateur.
Les sensitifs sont une catégorie à part parmi les paranos, en ce qu'ils s'en démarquent par l'absence d'agressivité franche. Il est peut-être justifié d'établir un parallèle entre le trouble de la personnalité sensitive et la passivité-agressive. Ils semblent avoir en commun une hypertrophie de l'ego, des comportements de maîtrise et de contrôle de l'autre qu'il ne faut pas laisser échapper mais à qui ils ne doivent surtout pas montrer leur attachement, une lutte contre l'implication émotionnelle au sein de la relation, une prépondérance de la projection, la rancune, la susceptibilité... Sous le couvert d'une meilleure contention des mouvements pulsionnels agressifs, se cache en fait plus de perversité, en ce sens que c'est toujours de la faute de l'autre ; le pervers ne manque de rien, surtout pas de l'autre.
En vous souhaitant de vous reconstruire le mieux possible.

Quitter un mythomane sans culpabiliser

J’ai réfléchi …Tout à l’heure j’ai écrit spontanément ça doit être drôlement embrouillé parce que j’étais sous le coup de l ‘émotion de toutes ces lectures sur cette maladie, (je me suis rendu compte de la gravité ) j'ai reconnu mon histoire tant de fois, et aussi ... de vous avoir en face de moi … !
Finalement c’est simple : 
-          Il ne peut pas avouer qu’il ment = mécanisme de sa maladie (mythomanie)
-          Mais il peut s’avouer qu’il est malade ! (j’ai lu des témoignages de malades qui avouent et qui désirent se faire soigner)
-          En lui ayant ajouté de la souffrance je ne l’ai pas aidé ! = 
C'est négatif pour moi = je culpabilise
C'est négatif pour lui = il souffre et va renforcer sa protection donc son mécanisme infernal.
J’ai désiré inverser le processus, par les fameuses trois quatre lignes à lui écrire (convaincue que je suis d’avoir été maladroite… ) Parce que je ne le déteste plus. Je ne lui en veux pas. C’est pas de sa faute s’il est malade. Je ne veux que son bien. Je continue à avoir de la tendresse pour lui, celle de l’amie fidèle. Même si il ne demande rien, il en a besoin et je le sais. MAIS je veux MA paix !! Donc rien relancer du tout, = faire attention à ce que j'écrirai. Par contre  je ne supporte pas de faire souffrir,  qui que ce soit d'ailleurs. Voilà pourquoi.

Réponse : La situation semble plus simple que ce que vous pouvez percevoir. La complication vient du fait que vous êtes immergée dans votre histoire. Je vais donc vous énoncer les pensées qui m'ont traversée en vous lisant :
1. Il est impossible d'aider quelqu'un malgré lui.
2. Éviter de jouer au psy, c'est tout un métier et de plus, c'est se leurrer que de s'y essayer avec son compagnon ou son ex-compagnon.
3. Il ne sortira de sa mythomanie que le jour où lui décidera que cette maladie lui est insupportable.
4. La crise est nécessaire à la remise en question du mythomane et il n'y a jamais de crise sans souffrance, donc arrêtez de vous culpabiliser. La souffrance fait avancer. En ce qui le concerne, vous ne le voyez peut-être pas mais il est certain que lui renvoyer la réalité est une pierre de plus à l'édifice qui lui permettra peut-être un jour d'être juste lui-même. Ce jour-là, il sera alors capable d'amour. Êtes-vous certaine de ne pas vouloir être cette femme qu'il pourra alors aimer ? Êtes-vous prête à le laisser faire son chemin ?
5. Vous finirez par vous perdre, par ne plus savoir qui vous êtes, si vous acceptez que le mythomane vous fasse douter de vous-même. Exemple : votre mail est un message d'amour et vous le croyez encore lorsqu'il vous dit qu'il est blessant. Restez spontanée et authentique. Ce que votre cœur, en colère ou en tendresse, vous invite à écrire est votre vérité, rien d'autre.
6. L'analyse des motivations conscientes ou inconscientes ne peut se faire qu'avec soi-même. C'est se prendre pour "Dieu" que de prétendre savoir ce qu'il en est de l'autre. Donc, l'issue passe par le lâcher-prise. Vous devez renoncer à le comprendre. Se comprendre soi-même est déjà assez difficile.
7. Il semble que vous attendiez qu'il change, qu'il se soigne, comme si vous espériez qu'ainsi, preuve vous soit apportée que vous ne vous étiez pas trompée complètement sur l'homme avec qui vous avez eu cette grande histoire d'amour.
8. Votre paix passe par le silence et la coupure totale : y compris celle de l'écrit. Vous ne ferez le deuil de cette relation qu'à ce prix. On ne peut pas réussir à rester amis dans tous les cas. Vous semblez en être capable mais vous oubliez que lui ne l'est pas. De plus, maintenant que vous savez, choisiriez-vous un tel ami ? Choisiriez-vous de telles valeurs : mensonge, manipulation, etc. ?
9. Pourquoi vouloir tellement aider ? Qu'essayez-vous de réparer ainsi ? Lui, me direz-vous, certes, mais au-delà de lui, qui ? Vous-même bien sûr et probablement cette partie de vous-même qui a la fibre maternelle et pas d'enfant. Mes mots vous renvoient sans doute cruellement face à vous-même mais regardez en face ce qui est et prenez note de vos émotions. Si c'est une blessure pour vous, trouvez les moyens de la panser en aménageant votre vie autrement. Prenez soin de vous avant de prendre soin des autres ! Vous ne pouvez respecter vraiment les autres qu'en vous respectant d'abord. Imposer son aide, est-ce du respect ? Ou est-ce une façon de vous sentir moins seule ? Qui souffre de solitude, vous ou lui ?
10. Vous parlez de 3 ou 4 derniers mots pour trouver l'apaisement. Y en a-t-il réellement 3 ou 4 que vous ne lui ayez pas déjà dits ? Et s'il vous répond encore ? Vous utilisez les mots "lignes magiques". Seuls les enfants croient à la magie. Les adultes ne croient plus aux miracles. Si une fée se présentait et vous proposait de réaliser 3 de vos vœux, lesquels seraient-ce ? La réponse vous permettra peut-être de voir plus clair en vous-même ! jamais en lui car lui seul détient les clefs de sa demeure. Que vous l'ayez aidé à guérir ne dépend pas de vous mais de ce que lui fera de ce que vous lui avez donné !!!
Soyez honnête avec vous-même est le conseil le plus fondamental que je puisse vous donner.
N'hésitez pas à consulter quelqu'un pour vous y aider. Il ne faut pas être "malade" pour avoir aussi besoin d'aide.

Déçue par un homme marié

Ce mail tourne en moi depuis quelques temps. Je viens de comprendre définitivement que mon ami est un mythomane et depuis je suis comme un bateau sans gouvernail ! ma bouée de sauvetage, je la trouve auprès de mes enfants, quelques amis, et des forums. Sur un de ses lieux de rencontre (du pire comme du meilleur!!) j'ai lu votre texte, l’ai imprimé et je l’emmène partout avec moi comme un doudou qui me panse le cœur.
Pour faire court : notre histoire a duré presque X ans. Lorsque je l'ai rencontré, je savais qu'il était marié en envoyant un baiser virtuel, mais je ne m'attendais pas à tant de bonheur suivi de tant de désespoir ! Rapidement on s'est plu, rapidement il m'a dit qu'il voulait divorcer et vivre avec moi. Il a occupé tout l'espace de ma vie de célibataire rompue (X ans à la suite d'un divorce mal digéré), avec le téléphone, les mails. Il venait une fois par semaine mais les quelques heures passées ensemble étaient si magnifiques; il me comprenait tellement, me valorisait tellement, il était tellement fier de moi, faisait des travaux chez moi pour que je sois bien installée pendant que lui était "obligé" de rentrer chez lui à XX Kms de distance et s'occuper de ses enfants parce que Madame était "incapable" de le faire correctement d'après ce qu'il me racontait ! Je suis certaine qu'il adore ses enfants et qu'il est un père merveilleux mais je pense qu'il m'a raconté une fabuleuse histoire à laquelle il croyait quand il était chez moi mais que sa vraie vie reprenait quand il regagnait sa région ! Il a été au chômage, je l'ai aidé pendant X mois, me déplaçais là-bas pour le voir, payant l'hôtel, les repas lors de nos escapades (je gagne peu). Il disait que j'étais son soleil, sa lumière.... il a retrouvé un travail... lors de la convocation au tribunal pour le divorce à l'amiable, madame aurait refusé .... nos projets étaient reportés....
Les vacances arrivent, nous devons partir ensemble et 5 jours avant plus de nouvelles, aucune....alors qu'il m'appelait 40 fois par jour.....désespoir....calmants.... il finit par me dire qu'il ne peut quitter ses enfants ......et là je m'effondre, des amis me rattrapent au bord du gouffre, je me retape et, à la rentrée, Monsieur appelle, je vide mon sac et tout doucement il se ré-insinue dans ma vie, je suis tellement bien dans ses bras, dans ses yeux, nous faisons, refaisons des projets, je le présente à ma fille qui vient d'avoir un bébé, elle l'invite au baptême, il en pleure presque, allons fêter cela au resto, je me dis que ça y est, j'ai eu raison de patienter, que la vie n'est pas facile pour personne et qu'avec beaucoup d'amour et de patience j'aurais moi aussi ma part de bonheur enfin, je l'ai bien méritée...... je vais pouvoir avoir une épaule masculine digne et à la hauteur de mes rêves !!! et plouf ! le vendredi soir il m'annonce qu'il ne viendra pas, que ce n'est pas possible, que ses enfants (un ado et un jeune adulte) ne comprendraient pas que leur père ne soit pas là un dimanche et patati et patata..... et moi je replonge, je me tape une colère, je suis désolée pour ma fille qui me répond avec amour que le pire n'est pas pour elle mais pour moi !!! (je crois que sans mes enfants je ne serais plus de ce monde). Les vacances de Noël passent, pas de contact, je ne veux plus en entendre parler. Le 1er janvier, il m'appelle, me présente ses vœux, me dit qu'il veut me voir pour "parler" et après un non catégorique, il réussit à me convaincre et j'accepte car il est tellement prévenant, me demandant des nouvelles de mon travail, sachant qu'à ce moment là l'ambiance était plus que tendue,....; et voilà, on mange ensemble il repart chez lui sans que rien d'autre ne se passe, je reste ferme, quoique toujours amoureuse (incroyable ! hein!) et il revient la semaine après, nous dormons ensemble mais ne faisons pas l'amour et la fois d'après c'était reparti!!! et là il me dit qu'il a mis une procédure en route "séparation de corps" comme cela madame n'aura rien à dire, que cette fois-ci il va mener la danse il me montre un papier avec des coordonnés d'avocat...; et moi gênée, je replonge, bien que au fond de moi, je ne "sente" pas trop cette démarche.
Un jour, il fait un malaise chez moi, il repart. C'est très grave aurait dit son médecin ! Était-ce de la simulation!!! Je suis hyper inquiète, il est soi-disant hospitalisé, j'appelle la clinique, on y a enregistré aucun nom comme je le donne, alors je me dis que j'ai pas dû bien comprendre. Il guérit, me dit qu'il sait maintenant que je l'aime "vraiment" et qu'il sait définitivement que je suis la femme qu'il lui faut !!! Il m'annonce ensuite son arrivée pour les vacances et qu'il amènera ses bagages, quelques jours avant. Il me parle de son fils qui est actuellement en stage "on attend qu'il ait revu ses potes du village et on partira le lendemain". Je vous passe une foultitude de détails qui me font dire que cette fois-ci c'est la définitive !!!!. Je renonce à un projet humanitaire qui me tenait à cœur. Faire ce geste est pour moi capital et si j’y renonce c’est par amour pour lui !!! Il me répond qu’il ne comprendrait pas que je n’y renonce pas !!!! Vous imaginez le gugusse auquel j’ai eu à faire !!! Je ne vous raconte pas tout ce qu'il m'a dit , fait gober, avec un art digne des plus grands acteurs, ici ce ne sont que les faits qui me viennent tout de suite mais il s'est infiltré dans ma vie et j'y ai cru. Il a toujours eu réponse à mes doutes, mes questions, ne supportait pas que je lui "fasse la gueule"; me disait qu'il fallait aussi accepter les moments moins agréables dans une relation, parce que le meilleur était là, que nous étions faits l'un pour l'autre, même à distance !!!
Alors maintenant j'essaie de digérer, de me dire que j'ai vraiment vécu d'excellents moments avec cet homme, qui m'a fait avancer dans ma vie de ma femme, m'a même aidé à me comprendre. Le drame c'est que, à cause de lui, j'ai maintenant très envie de retourner dans mes terres natales, que nous faisions des projets (acheter une maison, moi je devais quitter mon travail et il allait m'aider à en trouver avec toutes les connaissances qu'il a !!). J'adore cette région que j'ai quittée très jeune, et souhaite vraiment y retourner pour y vivre et y travailler (mais seule, sans appui cela me fait peur maintenant et je prends un grand risque); et j'ai peur de le revoir. Mes amis me disent qu'il va me recontacter quand les vacances seront passées, ou quand il viendra chez ses enfants d'un premier mariage, dans la ville où j'habite.
Je souffre, car il me manque, ses rêves me manquent, ses bras, ses yeux dans lesquels je me voyais me manquent, les projets que nous faisions me manquent…; mais ce n'était pas lui et à cause de lui mes vacances sont gâchées une fois de plus.... et je mérite mieux qu'un beau parleur qui ne fait que de belles promesses. Mais le pire c'est que je pense à me venger, et c'est pour cela que je vous écris. Je ne suis pas méchante, j'ai toujours respecté sa famille, sa vie privée et il le sait. Mais là, ça suffit je ne veux pas être la seule victime de sa façon de faire : je voudrais rencontrer sa femme, savoir si elle est celle qu'il m'a décrite, je voudrais lui dire mon désarroi. Elle m'a appelée au début de notre relation lorsqu'elle a découvert que j'existais, elle m'a même écrit mais n'ai jamais ouvert ses courriers ni répondu à ses appels. J'ai besoin d'un conseil avisé. Je ne sais pas si elle sait que son mari est un adepte d'internet. Voilà en gros le désespoir qui m'habite; les forums sont des lieux très intéressants où l'on s'aperçoit que l'on est pas seule. Mais j'ai besoin de tourner la page de cette histoire, et de me tourner positivement vers l'avenir, si vous pouviez me donner quelques conseils : dois-je le recontacter? provoquer la rencontre, attendre, jeter ses affaires dans son jardin !!!....... Je sais qu'il est malade, à la lecture des forums, mais c'est trop facile de s'en tirer comme cela ! Le fait d'écrire fait du bien, (j'espère ne pas avoir été trop confuse). J'ai l'impression d'avoir déchargé un peu de mon malaise.

Réponse : Beaucoup de femmes et d'hommes tombent dans ce piège qu'est une relation avec une personne mariée. D'entrée de jeu, les choses sont rendues plus compliquées pour tous les partenaires. Celui qui a la bague au doigt est parfois sincère quand il promet de divorcer pour s'engager ailleurs mais quand il s'agit de concrétiser cette décision, rares sont ceux qui ont le courage d'aller jusqu'au bout ou qui ne sont pas parachutés dans une confusion énorme et terriblement inconfortable. Ils réalisent que cela implique de briser une famille, de meurtrir leur conjoint, de faire des concessions financières, etc. Tout un tas de bonnes ou de mauvaises raisons affluent et les conduisent souvent à renoncer. Lorsqu'ils comprennent qu'ils ne tiendront pas leur parole, certains cessent la relation adultérine, d'autres la poursuivent, s'étant pendant ce temps attachés à leur amant ou à leur maîtresse, appréciant le havre de paix offert par celui ou celle qui reste dans l'ombre, qui ne fait pas de vague, qui attend patiemment l'autre. Pour certains, mener une double vie est une forme de lâcheté, une façon de ne pas miser sur un seul être ou de s'accorder une zone de liberté. Quoi qu'il en soit, il y a tromperie, l'équilibre est bancal, et le mensonge quasiment "obligatoire", d'un côté ou de l'autre, voire des deux. Avouer l'infidélité et/ou oser dire que jamais la nouvelle relation ne pourra devenir officielle, c'est courir le risque de la rupture définitive. Dire la vérité, c'est permettre à l'autre en face de soi de choisir en connaissance de cause la solution qui lui paraît la meilleure pour elle ou pour lui, c'est se livrer à la décision d'autrui. Voilà pourquoi beaucoup préfèrent se taire, raconter des bobards, s'inventer des obligations professionnelles, dénigrer leur époux(se), etc. tout un tas de pseudo-alibis, de prétextes pour manquer d'honnêteté.
    Mais à partir du moment où la réalité est tronquée pour obtenir de quelqu'un une chose qu'il ou qu'elle n'aurait pas librement accordée, il y a manipulation ! L'individu n'est plus considéré comme un sujet à part entière, avec des désirs qu'il faut entendre, respecter, auxquels les siens doivent s'arrêter. L'autre est inconsciemment mis en position d'objet au service de sa satisfaction personnelle. On s'en sert quand l'envie est là et on jette quand elle est passée. L'autre est intéressant, valorisé, chouchouté quand on en a besoin et oublié, négligé, mis au rebus quand il devient encombrant, revendicateur, etc. Au travers de votre témoignage, le même cycle qui se répète presque à l'identique à chaque fois, lors de l'approche des vacances, illustre et met en lumière ce processus. Vous semblez victime de quelqu'un qui a su toucher vos points sensibles, vous attendrir, réactiver l'espoir de cette vie à deux à laquelle vous n'osiez plus croire. Peut-être y a-t-il cru lui aussi si bien que vos doutes, votre prudence se sont calmés mais à chaque reprise un peu plus difficilement. Il est temps de regarder le passé, de tirer les leçons des épreuves et de sortir de ce scénario dans lequel vous êtes emprisonnée. Malgré ses jolis mots, malgré toute la tendresse qu'il peut vous apporter - il n'a pas bien sûr pas que des défauts -, il est très probablement illusoire de penser encore qu'il quittera tout pour vous. Il s'agit maintenant de vous appuyer sur des faits et d'affronter la vérité !
    Certaines de ses attitudes auraient dû vous mettre la puce à l'oreille beaucoup plus tôt et définitivement sur la défensive. Mais vous avez pensé que la patience, l'amour pourrait tout arranger. Vous avez sans doute adhéré au portrait critique qu'il faisait de sa femme sans imaginer que le tableau n'était peut-être pas aussi négatif qu'il le dépeignait. Aujourd'hui, vous vous interrogez, vous cherchez à démêler le vrai du faux. C'est peut-être le moment d'ouvrir les courriers que son épouse vous a envoyés, prenant ainsi l'initiative du contact et d'une éventuelle communication. Personne n'est tout blanc ou tout noir mais avez-vous besoin de la rencontrer pour le savoir ? Au travers de ce que vous écrivez, vous semblez cheminer dans la bonne direction, ce qui n'est pas du tout facile puisqu'il s'agit d'ouvrir grands les yeux et de faire face à la déception, à la fin de ce rêve, de réaliser que ce n'est pas lui qui vous manque mais le mirage de lui, d'assumer votre erreur, d'intégrer ses mauvais côtés et de ne plus oublier le mal qu'il vous a fait pour enfin tourner la page et réouvrir un nouvel horizon, rendre possible tous les autres possibles.
   
Il vous a fait miroiter un avenir ensemble et a tout mis en oeuvre pour gagner votre confiance. Les exemples que vous apportez ne me permettent pas de poser un diagnostic (toujours périlleux par personne interposée), ni d'évoquer la mythomanie qui, en tant que syndrome est au service d'une recherche compulsive d'attention. Dans votre cas, il semble plutôt qu'il essayait de vous rattraper quand vous vous éloigniez suite à ses agissements ou à ses silences. La visée paraît moins un colmatage narcissique qu'une tentative d'emprise. Cela ne change rien au fait qu'il s'est servi de vos sentiments et c'est une sorte d'abus psychologique. Il est légitime que vous ressentiez de la colère ou de la révolte et une attente de justice. Malheureusement, il n'y a pas de tribunal pour ce type de criminels (les criminels de l'amour), pas de procureur pour requérir leur condamnation, par de garde-fou pour empêcher de nuire ceux qui n'ont pas assez de conscience pour agir généreusement. Quelle vengeance serait assez grande pour vous apaiser ? Aucune n'effacera la souffrance endurée, aucune ne modifiera ce qui a eu lieu. Dites-vous que la vie se chargera de lui, tôt ou tard et qu'à fonctionner ainsi, il rate l'essentiel ce qui est certainement la pire des punitions. Entretenir le dépit, l'amertume, l'écœurement au fond de votre cœur ne ferait que vous retenir encore dans le passé. Il est salvateur d'apprendre à être compatissante envers vous-même, de vous pardonner et d'avancer vers d'autres lendemains.
   
Il a réveillé un projet qui sommeillait en vous, celui de retourner vivre sur vos terres natales. Franchir ce pas vous apparaissait plus simple avec lui mais est-ce réellement le cas ? Il y a toujours un décalage entre ce qui est subjectivement perçu et ce qui est. Les peurs sont très souvent à l'origine de cette déformation. En les affrontant, en les confrontant, les obstacles imaginés deviennent souvent dérisoires. En plus, mener à terme votre projet, seule, aura un effet important sur votre estime de vous-même et démontrera votre capacité à réaliser certaines de vos ambitions. Vous serez plus forte pour opérer de meilleurs choix dans votre existence. Cette histoire a aussi eu le mérite de mettre en évidence (après X années de célibat suite à une séparation non digérée) votre souhait de former un couple heureux et d'aiguiser votre vigilance lorsqu'un partenaire potentiel se présentera encore. Ce n'est sans doute pas par hasard que vous avez jeté votre dévolu sur un homme marié, que vous avez refait vos premiers pas dans la vie amoureuse au sein d'une relation dont la place était réduite d'emblée : une façon inconsciente de parasiter un conflit intérieur entre des souvenirs douloureux et le désir d'amour. Il va vous falloir trouver le juste milieu entre la précipitation aveugle et la méfiance à outrance, c'est-à-dire la prudence et un investissement de soi progressif, tout en sachant qu'aimer c'est toujours accepter de se donner. Prendre le temps de découvrir à qui vous confiez votre cœur !

Inhibition de l'expression des sentiments

J'ai bientôt 16ans. Je n'arrive pas à exprimer mes sentiments et mes parents et mes amis en souffrent. On m'a dit d'aller voir une psychologue, est ce que vous croyez que c'est une bonne idée?

Réponse : Le fait que vous m'écriviez démontre que vous êtes sensible à la souffrance de votre entourage. Consulter un(e) psy est souvent très enrichissant mais pour cela il est nécessaire que vous le fassiez pour vous et non sous "contrainte". Qu'est-ce qui vous empêche d'exprimer vos sentiments ? Qu'est-ce qui vous permettrait de le faire ? Voilà les questions centrales. Un(e) psy peut vous aider à dépasser certains blocages, à lever les inhibitions qui vous entravent dans vos relations avec les autres, à fonctionner de façon plus souple et plus harmonieuse, etc. C'est une belle aventure qui nécessite d'avoir envie d'explorer son monde intérieur, d'examiner son mode relationnel, de trouver un(e) psy en qui vous avez confiance. Ce dernier point est très important. Trop de personnes, qui se sont décidées à consulter, s'arrêtent au début de la démarche parce qu'elles n'ont pas pris le temps de choisir leur psy.

Névrosé ?

Je suis dans une période très difficile à vivre suite à une relation amoureuse qui s’est très mal terminée et m'a fait perdre le peu de confiance que j'avais en moi (très timide aussi).
Il y a 13 ans, au bout de 6 mois, j’ai été rejeté car, d’après elle, je ne l’aimais pas vraiment ou ne lui montrais pas suffisamment. J'ai presque 40 ans et je suis évidemment célibataire. Ma dernière vraie relation (sexuelle aussi) avec une femme, c'était avec cette personne (et oui ça fait très longtemps). Depuis, pour être totalement franc, je n'avais pas craqué ainsi pour quelqu’un. Malgré mes sentiments forts pour elle, j'ai fait comme un blocage. Je n'arrivais pas à avoir de gestes tendres, à lui dire ce que j'éprouve réellement. C'est vrai que pour être moi-même j'ai besoin d'être souvent avec la personne, avoir une totale confiance en elle, pour me décontracter. Dès la seconde rencontre, déjà je sentais que quelque chose ne collait pas. Peut être est-ce en raison de la distance (on vivait à 400 km l'un de l'autre) et du temps qui a séparé nos rencontres. Un jour, elle a pété les plombs et elle est partie en pleurs. Moi, j’étais anéanti, impuissant devant sa réaction. Malgré ça, on s'est revu 1 ou 2 fois, et j'ai bien cru qu'on pourrait remettre les compteurs à zéro. on a même passé une nuit ensemble et quelques câlins, sans aller plus loin car elle se disait très prude. C'était comme le jeu du chat et la souris à tour de rôle. J'ai passé beaucoup de temps à essayer de comprendre, analyser le pourquoi du comment. La seule conclusion est que j'ai été à côté de la plaque, un gros nul et que c'est probablement pour ça qu'elle m'a quitté. Mais mon moral en a pris un GROS coup. J'ai fait une grosse dépression pendant un an et me suis senti très dévalorisé. Que faire quand on est passé à côté de l'amour sa vie ?! Autre possibilité : je me suis fait manipuler comme un bleu, car elle a été beaucoup déçue par les hommes par le passé. Mais ça je ne peux pas croire que ça puisse exister. Pourtant mon père qui l’avait rencontrée m’avait dit que c’était une manipulatrice et encore trop amoureux, je ne l’ai pas cru.
J'oublie un détail, mon nœud à l'estomac n'a fait qu'empirer et au final j'ai eu des problèmes d'estomac, incapable de manger normalement. J'ai donc perdu beaucoup de poids. Est-ce que c'était une sonnette d'alarme, une sorte de rébellion de mon corps contre mon esprit ou simplement mon angoisse qui s'est transformé en mal être ? Ou est-ce normal quand on est amoureux ?
On s'est revu quelques mois plus tard chez des amis. je pensais que j'étais guéri d'elle et bien non, j'étais tétanisé. Nous nous sommes quand-même revus et alors que nous nous endormions, elle m’a dit ne pas vouloir se réveiller près de moi. J’ai pris ça comme un reproche contre moi et je suis parti. Après une semaine de réflexion, j'ai décidé de rompre avec elle. C'est un peu comme si elle voulait que je lui donne ton mon amour, mais qu'elle ne voulait pas me donner le sien, peut être pour ne pas trop s'engager ou souffrir. La seule chose sincère (quoique) qu'elle m'a dit après ça, c'est qu'elle a flashé sur moi dès que nous nous sommes vus la 1ère fois et qu'elle voulait construire sa vie avec moi. Mais qu'elle se sentait blessée, car pendant cette dernière soirée, « elle s'est donnée beaucoup de mal pour me draguer, pour me séduire, pour être jetée après ça ! » Puis elle a dit qu'elle avait voulu faire de moi un homme et vivre avec moi. Je crois maintenant comprendre le malaise, elle ne m'a probablement pas réellement aimé tel que j'étais et a voulu me transformer en homme idéal à ses yeux, d'où probablement mon malaise ressenti inconscient... Elle avait des troubles du comportement, des réactions impulsives et m’avait avoué prendre du lithium. Pour info, elle a perdu sa sœur à laquelle elle était très attachée étant jeune, et sa mère s'est suicidée.
Je vois un psychiatre (homme) depuis 2 mois. Les 1ères séances avec mon psy on été bénéfiques, car cela permet de vider son sac ... Mais il m'a dit que je suis « névrosé » et que j'ai besoin absolument d'un suivi psychologique, ce que je conçois parfaitement bien, mais je ne suis pas forcément d'accord sur le fait d'être névrosé. C'est vrai que depuis 2 ans où j'ai côtoyé cette femme, je me suis complètement refermé sur moi-même et ai perdu tous mes amis. Je n'arrive plus à me motiver pour rien, sauf pour mon travail pour lequel je me sens techniquement compétent. Je reste cloîtré chez moi la plupart du temps et j’ai même l’impression d’avoir peur du contact avec des personnes que je ne connais pas bien. Bref, je n'arrive plus à avancer et j'ai l'impression que le psy ne n'apporte plein rien, je sors déçu des séances. Je l'ai dit à mon psy, mais je n'ai pas eu les réponses que j'attends, il dit qu'il faut que je trouve moi-même les réponses à mes questions à mes angoisses et que j'avance seul. J'attends plutôt un plan d'action précis pour me sortir de cette situation, car pour l'instant je ne perçois pas le moindre espoir de guérison. J'ai l'impression de ne pas avoir de volonté propre et j'ai besoin qu'on me pousse à avancer, de personnes qui me prennent en main. J'ai l'impression d'avoir toujours fonctionné ainsi. A ce jour, je ne sais plus quoi faire, changer de psy, être patient avec le psy actuel ? J'ai pensé changer de psy pour une femme, car je crois aussi que j'ai « peur » des femmes, peut être aussi pour avoir plus de dialogue car mon psy ne parle pas beaucoup.
Pour ma part, j'ai perdu ma mère à l'age de 7 ans. Alors que je pensais pendant toutes ces années que j'étais en partie responsable de son suicide (peut être un enfant trop agité, ou que des jumeaux c’était trop fatiguant pour elle). Ce n’est que récemment que mon père m’a appris qu’elle avait fait une fausse-couche peu de temps avant. Mais j'ai l'impression de ne jamais avoir fait le deuil de ce décès. Ou alors ai-je manqué d'amour maternel ce qui a rendu difficile mes relations avec les femmes ? J'ai presque 40 ans et je suis évidemment célibataire. Puis-je avoir votre avis sur ma situation et des conseils sur la démarche à suivre ?

Réponse : Je termine la lecture de votre mail à l'instant. Voici donc les premières pensées qui me viennent :
- votre psy a raison quand il diagnostique une névrose. Ce n'est pas une tare ! Nous sommes tous au mieux de structure névrotique. Il y a 3 types de structures : névrotique, psychotique et perverse. La névrose est le résultat d'une structure névrotique qui décompense, c'est-à-dire la façon spécifique dont se manifeste votre mal-être. Vos angoisses, vos peurs, votre difficulté à vous risquer en déclarant votre flamme, etc. témoignent du fait que l'irrationalité prend le pas sur la rationalité dans ces moments là. C'est plus fort que vous. A la fois vous avez envie et à la fois vous êtes terrorisé.
- Il est possible que cela résulte de la perte de votre mère. Sept ans, c'est trop jeune pour grandir sans une maman. De plus, vous avez vécu sa mort en vous culpabilisant, comme si elle était due à votre comportement, voire à vos pensées ... Son suicide est une forme de rejet, rejet de la souffrance suite à la fausse-couche, rejet de la vie, rejet des personnes qui l'aimaient... ressenti comme si l'amour était insuffisant à retenir la personne.
- la rupture amoureuse d'il y a 13 ans a certainement réveillé tout cela, d'autant plus que cette femme vous a mis en cause, disant que vous ne l'aviez pas vraiment aimé... On n'a jamais fini d'apprendre à aimer, c'est le travail de toute une vie. Montrer son amour engage. En même temps qu'on se donne, on s'investit dans la relation. Osiez-vous vivre votre amour pleinement ? C'est seulement une question !
- Ou bien en vous règne la croyance qu'il ne faut pas faire de bruit, ni de vague, comme si cela pouvait effrayer, comme si cela pouvait être vécu comme trop... ?
-  Ce n'est peut-être pas un hasard si vous êtes tombé amoureux d'une personne habitant loin. Cette distance, cet espace-temps était peut-être inconsciemment recherché par vous, pour vous protéger. Ainsi, la relation n'a pas l'occasion de grandir vraiment et de prendre trop de place dans votre vie et dans votre cœur, même si toutes vos pensées étaient assiégées par cette femme. La distance permet de rêver à la relation plus que de la vivre.
- Vos mères à tous les deux se sont suicidées. Même si vous l'ignoriez au début, il est probable que vos blessures respectives soient entrées en résonance, que vos sensibilités se soient faits échos. En elle, vous reconnaissiez sans doute vos souffrances, vos difficultés, votre timidité, etc.
- le lithium est prescrit pour les troubles de l'humeur qu'il stabilise. Il est un traitement de la psychose maniaco-dépressive, maladie où la personne alterne des phases d'euphorie, d'idées de grandeur, parfois aussi de délire de persécution et des phases de profonde dépression. C'est une maladie très difficile à vivre et pour la personne et pour son entourage.
- les manifestations physiques (douleurs abdominales) sont parfois à entendre comme un signal d'alarme face à la perversité. Il s'agit alors d'un langage du corps lorsque la raison est sourde aux mises en garde de l'inconscient, plus habile à cerner les personnalités manipulatrices (mais pas toujours).
- quant à votre envie de changer de psy, pourquoi pas mais à condition d'avoir conscience que le psy ne peut pas tout, tout seul, que vous devez faire la plus grosse part du chemin et que c'est à vous de devenir qui vous voulez être. Une psychothérapie cognitivo-comportementaliste peut vous sembler plus concrète et donner de bons résultats dans un premier temps mais je pense, au vu des quelques renseignements concernant votre histoire qu'ensuite une psychothérapie d'inspiration psychanalytique peut vous aider à liquider les nœuds émotionnels hérités du passé et qui vous entravent.

Manque de confiance en soi et relations avec les hommes

Je recherche quelqu'un qui pourrait m'aider à comprendre qui je suis... , les raisons de mon comportement, etc. Ca fait maintenant plusieurs années qu'on me conseille de consulter pour mieux me connaître et pour ainsi me sentir mieux et bien agir,... mais je fais un blocage, je n'arrive pas à faire le pas. Je n'ose pas parce que je me dis toujours que mes problèmes sont futiles par rapport à ceux de certains.
Depuis 3 ans, j'ai changé d'attitude avec les hommes et je pense que plus le temps passe plus ça empire, c'est-à-dire que, dès qu'un homme montre un peu d'intérêt pour moi et qu'il me plaît, je m'y attache énormément au point de devenir très collante, de perdre tout mon caractère, de ne plus vivre que pour lui, etc. En fait, apparemment, j'ai un très réel manque de confiance en moi (c'est pour cela qu'au plus le temps passe, pire c'est) et, du coup, j'ai besoin de quelqu'un qui me montre de l'importance. Cela fait trois ans que je tombe que sur des mecs qui veulent que mon c...    
De plus, je me pose beaucoup trop de questions sur ce qui m'empêche de vivre pleinement. J'ai toujours peur de mal faire et toujours besoin de l'avis de mon entourage. J'ai envie que tout ça s'arrête. Tout le monde me dit que c'est maladif à ce point. En ce moment, il y a quelqu'un qui me plaît énormément. Je sais pas si c'est réciproque mais j'aimerais travailler sur moi et mettre toutes les chances de mon côté.

Réponse : Il semble clair que votre manque de confiance en vous vous nuit à plusieurs niveaux :
- vous vous attachez trop rapidement dès que quelqu'un vous marque un peu d'attention, comme si cela suffisait pour faire de cet homme un être qui pourrait vous correspondre ;
- vous semblez manquer d'assises suffisantes pour rester à distance le temps d'en savoir plus, de sentir si les sentiments sont réciproques ;
- vous êtes en proie à un questionnement permanent qui vous sape le moral et qui vous empêche de vivre simplement ;
- vous vous soumettez probablement aux désirs de l'autre par peur de le perdre au point d'apparaître sans relief, sans personnalité... ;
- vous faites sans doute énormément de choses en fonction des autres, de leur regard ou de ce qu'ils pourraient penser, au lieu d'agir pour votre propre satisfaction, selon vos valeurs, etc.
Il vous faut absolument acquérir plus de consistance, c'est-à-dire apprendre à vous sentir vivante simplement avec vous-même, parvenir à apprivoiser suffisamment la solitude pour vous y emmitoufler et vous y sentir en compagnie de vous-même.
Il vous faut aussi définir ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas (ce qui est parfois plus facile). Poursuivre vos rêves et tout faire pour que rien ne vous en détourne.
Un travail psychothérapeutique peut grandement vous aider pour cela.
Il n'y a pas de petites souffrances et c'est souvent le problème pour faire le premier pas que de penser que votre souffrance manque de légitimité. Vous avez le droit de devenir heureuse et tant que ce sera si galère, vous avez le droit de recevoir de l'aide pour cela. Un psy c'est fait pour ça, pour progresser avec soi-même, pour aller au-delà de ses peurs, de ses blocages, faire de ses fragilités des forces, etc. C'est un merveilleux voyage, douloureux par moment mais tellement libérateur. Au bout d'une psychothérapie réussie, vous aurez le sentiment de naître enfin à la vie. Faites le pas ! Mais surtout ne vous découragez pas dans votre recherche d'un psy qui vous convient. C'est important de prendre le temps, d'en voir plusieurs si nécessaire avant de vous décider à entamer ce long voyage. Faites aussi attention à voir quelqu'un de compétent.

Pas de désir sexuel

Mon problème est que je n'éprouve très peu, voire pas de désir sexuel envers mon compagnon, avec qui j'ai eu une petite fille de 2 ans, et lors des rapports sexuels, quelques fois je n'éprouve pas de plaisir. Quelques fois, je ne supporte pas qu'il me caresse. Est-ce normal, dois-je m'en préoccuper ? Est-ce que je dois consulter un psychologue pour m'aider à connaître la raison de mon problème?

Réponse : La sexualité fait partie de la vie d'un couple. Il peut y avoir une multitude de causes à votre manque de désir sexuel. Chaque situation est singulière et nécessite d'être explorée plus en détail avant de formuler une hypothèse. Néanmoins, voici quelques pistes de réflexion :
- si le désir était présent avant la conception ou la naissance de votre fille mais qu'il s'est considérablement réduit par la suite, il se peut que vous soyez quelque peu enfermée dans votre rôle de mère et que vous vous oubliez en tant que femme ;
- votre relation est-elle enrichissante sur les autres plans ? J'entends l'intimité de l'âme et du cœur, le partage au niveau d'une réelle amitié et des sentiments amoureux. Souvent, une femme a besoin d'atteindre cette proximité- là avant celle des corps. La tendresse est un prélude qui la conduit petit à petit à l'envie de faire l'amour, à accueillir l'autre en elle et à se donner.
- le regard que vous portez sur votre corps peut aussi jouer un rôle. Qu'en est-il ?
- etc.
Une vie sexuelle épanouie est une source de joie, de rapprochement... L'absence de désir sexuel est soit un symptôme soit un signe, à entendre comme le signifiant d'un dysfonctionnement. Celui-ci, se situe-t-il au sein de votre interaction avec votre compagnon ou est-ce un problème qui vous concerne plus personnellement ? Je dispose de trop peu d'éléments pour me prononcer. Quoi qu'il en soit, n'attendez pas d'avoir épuisé la patience de votre ami pour vous en préoccuper ; des rapports harmonieux font partie de l'équilibre d'un couple. Les partenaires frustrés souffrent, en silence parfois, en devenant de plus en plus pressants d'autres fois, et là c'est le cercle infernal parce si vous vous sentez "obligée", il n'y a plus de place pour le désir. Consulter semble une bonne idée, seule ou à deux, selon l'intuition et/ou la qualité du dialogue avec votre compagnon...

Amoureux de ma belle-sœur

J'ai un gros problème. Je pense être amoureux de la sœur de ma femme. Je sais que c'est très mal, que c'est une mauvaise pensée, mais elle s'est insinuée en moi comme quelque de fort que je n'arrive pas à repousser.
La sœur de ma femme est depuis longtemps mon amie, ma meilleure amie, et la meilleure oreille que j'ai jamais rencontrée, quand j'ai un souci, je me confie en elle, elle ne se moque jamais et s'efforce de ne pas me juger. Malheureusement cette amitié entre nous est "trop forte" et j'ai commencé à ressentir quelque chose pour elle.
Je la trouve parfaite à tous les égards aussi bien physiquement que mentalement et je ne peux m'empêcher d'y penser. J'aime être avec elle, on discute des heures durant aussi bien sur sa vie que sur la mienne. On parle du petit ami qu'elle n'arrive pas à trouver. Elle se sent très inférieure aux autres filles alors qu'aucune fille à mes yeux ne peux l'égaler, et cette modestie la met encore plus en valeur à mes yeux. Elle ne se doutait pas du tout que je puisse éprouver quoi que ce soit pour elle. Elle me considère comme son grand frère. On n'arrête pas de se chamailler et de lancer des vannes, c'est toujours une joie d'être avec elle. Elle est très réservée quand on ne la connaît pas mais quand on la connaît, elle se révèle être très sensible et ses yeux  quand ils me regardent sont deux émeraudes pleines d'innocence.
Je ne pouvais plus garder ça pour moi, alors je lui ai avoué, non seulement parce qu'elle est concernée mais surtout parce qu'elle est ma confidente, que je pensais sans cesse à elle.
Elle a été très compréhensive et ne m'a pas rejeté, elle m'a dit qu'il fallait que j'arrête d'y penser, que ça partirait comme c'est venu. J'ai beau me dire qu'il faut que j'arrête d'y penser, je me sens horriblement mal, autant vis-à-vis d'elle que vis-à-vis de ma femme.
J'ai toujours l'impression de trahir ma femme et de ne pas agir correctement en pensée. Mais je ne sais pas comment faire pour m'en sortir. J'aimerais ne jamais avoir eu ce sentiment.
Le fait est que je me sens vraiment très mal. Je me sens coupable et je le suis. Je ne sais plus quoi faire. C'est une véritable torture. Je dis à ma femme que je ne suis pas parfait et que si elle lisait en moi, elle trouverait quelque chose de bien rebutant. Ma femme me dit que je suis parfait et que je culpabilise pour rien mais elle ne sait pas... Je ne me pose pas en victime, je sais que je suis fautif, et je ne veux pas créer de dégât dans la famille, dans mon couple et aussi en moi. Mais je suis envahi par un sentiment d'impuissance face à mes sentiments, je n'arrive pas à les contrôler et je pense sans cesse à ma belle sœur.
C'est pourquoi j'ai besoin d'aide. Est-ce que je dois aller voir un psychologue pour m'aider à résoudre mon problème?

Réponse : Tant que vous condamnerez les sentiments que vous éprouvez, vous ne pourrez pas entendre ce qu'ils cachent. Il y a une différence entre ressentir et passer à l'acte. Il est sain de suspendre la réalisation d'un désir et de peser le pour et le contre. Telle est votre attitude de sorte que vous n'avez pas à vous culpabiliser de vos états d'âme. Il s'agit d'aller au-delà et de retrouver la paix intérieure. Votre mal-être indique que la perspective de rompre votre mariage vous angoisse. Cette angoisse atteste d'une lutte en vous entre deux tendances opposées. La solution peut être de vous rapprocher de votre épouse.
Qu'est-ce que cette attirance pour votre belle-sœur signifie ? Quelles sont les relations que vous avez avec votre femme ? Êtes-vous proches tous les deux ? Partagez-vous les 3 niveaux de l'intimité, à savoir celle du cœur (se sentir amoureux), celle de l'âme (être de véritables amis l'un pour l'autre) et celle du corps (la relation d'amants) ? Si ces trois niveaux n'ont jamais coexisté ou ont cessé de coexister au sein de votre couple, il se peut que vous cherchiez à compenser cela à "l'extérieur". Le risque est alors de fantasmer une réalité autre que ce qui serait si vous deviez effectivement consommer cet amour. Autrement dit, il y a toujours un décalage entre ce que l'on imagine et ce qui est.
Le tableau que vous dépeignez est tellement trop beau qu'il témoigne d'une idéalisation de votre belle-sœur de sorte que l'on peut s'interroger sur votre capacité à supporter l'ambivalence, c'est-à-dire les qualités et les défauts, les points positifs et les aspects négatifs, bref que tout ne soit pas parfait, ni vous ni elle (votre femme ou votre belle-sœur). De plus, on peut supposer que cette relation reste ainsi surtout parce qu'elle est "impossible".
Aller à la rencontre de soi et de l'autre exige de prendre conscience de ce qui se passe en soi et de le donner en partage. Communiquer et être en relation authentiquement passe nécessairement par là. Dans votre cas, on peut parler de triangulation de la relation, c'est-à-dire que vous êtes en couple avec l'une et proche émotionnellement de l'autre. Qu'est-ce qui en vous empêche de concilier les deux avec une même personne ? Si ce n'est pas la peur, qu'est-ce ? La peur de s'investir tout entier, de s'engager pleinement... de n'être pas compris... etc.
C'
est une source de souffrance que de se sentir impuissant. Il y a toujours une issue et la difficulté est souvent de changer d'angle de vue pour devenir capable d'entrevoir une porte, un passage. Votre histoire démontre à quel point les relations d'amitié entre hommes et femmes sont périlleuses. Il serait intéressant d'identifier le moment de glissement...  Songez aussi qu'à persister dans cette "passion", vous pourriez perdre une précieuse amie.
Oui, consulter est certainement une excellente idée.

Capable d'aimer à nouveau ?

Alors voila j'ai XX ans et je sors d'une longue relation amoureuse très douloureuse. En fait on ne peut pas dire que je sors, puisque cela fait 2 ans que nous nous sommes séparés mais nous étions restés très proches l'un de l'autre jusqu'à aujourd'hui. J'ai beaucoup aimé ce jeune homme mais je crois l'avoir aimé car il incarnait une sorte de fantasme et j'adorais son univers... mais il n'était pas beaucoup disponible pour moi et me donnait assez peu... du moins j'en avais l'impression. Nous nous sommes beaucoup disputés, nous nous sommes beaucoup réconciliés... nous tenions beaucoup l'un à l'autre mais tous deux nous étions des "incapables" en amour dans le sens où nous ne savions pas aimé de façon équilibrée... on a jamais réussi à se quitter, dès que l'un s'éloignait, l'autre le rattrapait... nous nous étions dit que nous finirions ensemble mais que ce n'était juste pas le moment... il a déménagé pour son travail et on s'était dit que ce serait mieux ainsi, mais nous avons continué à nous voir, à s'appeler régulièrement. Le pire c'est que nous nous racontions nos aventures... On ne se cachait pas grand chose même si on rendait l'autre jaloux... jusqu'au jour où nous avons rencontré chacun de notre côté quelqu'un d'un peu plus important que les autres. Je lui ai demandé qu'on coupe les ponts car je n'arrivais pas à avancer dans une autre relation. Il a accepté. Seulement aujourd'hui je souffre car il me manque, j'ai peur de l'avoir perdu à tout jamais et d'être incapable d'aimer à nouveau, notamment la personne avec qui je suis en ce moment. Je n'arrive pas à me détacher de lui, je me suis tellement investie... surtout au niveau de la pensée. Je me suis beaucoup convaincue de certaines choses... j'ai attendu désespérément que quelqu'un me le fasse oublié mais aujourd'hui alors que j'ai quelqu'un qui m'aime énormément et qui me donne tout ce dont j'avais rêvé, je n'arrive pas à être heureuse. Je suis bloquée et cela me fatigue beaucoup... je suis tout le temps malade... je souffre de mes choix, de mes actes passés. Je n'aurais peut-être pas dû opter pour une situation aussi radicale car aujourd'hui je remets tout en question et l'estime que j'ai pour moi est très faible (même si je n'ai jamais eu beaucoup confiance en moi), je culpabilise d'avoir été celle que j'étais avec lui... très excessive dans mes actes et exigeante... pourtant je lui en veux aussi, de m'avoir fait croire en des choses... et d'avoir rencontré quelqu'un avec qui il pourra peut-être être heureux ! Je me sens nulle même si sa dernière phrase a été "tout ça n'est peut-être que passager, avance toi aussi..."
Je suis bloquée, je n'arrive plus à avancer dans mes projets personnels, mes études... J'ai l'impression d'avoir perdu quelque chose qui me donnait la force d'avancer. Je suis d'un pessimiste affolant ; plus rien n'a de goût... et, en plus de tout ça, je culpabilise d'être aujourd'hui avec quelqu'un qui m'aime énormément. J'ai peur de lui faire subir ce que moi j'ai subi... alors je n'arrive même pas à le quitter... d'autant plus que cette personne serait en fait mieux pour moi !
Comment continuer à avancer?

Réponse : Il est nécessaire pour avancer de regarder devant. Or, une certaine nostalgie du passé semble littéralement vous happer, comme si vous restiez accrochée à tout ce qui était positif dans la relation avec ce jeune homme. Même si, par ailleurs, vous avez conscience que celle-ci était loin d'être sereine, que votre ami était peu disponible pour vous et qu'en réaction, sans doute, vous vous montriez exigeante. On n'est jamais seul(e) responsable d'une relation. Il y a au minimum deux personnes en interaction.  La façon de réagir ou de ne pas réagir de l'un est une communication, à laquelle vous réagissez. N'oubliez pas que tout est communication, y compris, et peut-être surtout, le non-verbal. Si vous ne vous sentiez pas rassurée par lui, vous pouviez difficilement vous abstenir d'attendre et de demander la preuve du contraire. Il se peut que vous étiez tous les deux prisonniers du "jeu" psychologique suivant : Au plus, tu fuis, au plus je te suis ou pourchasse, et que ce jeu se poursuive encore aujourd'hui.
Votre esprit d'analyse vous permet de percevoir tout cela, le positif comme le négatif mais il apparaît que cela ait peu ou pas de prise sur le registre affectif. Vous vous décrivez comme une personne ayant peu confiance en elle. J'entends : "suis-je capable d'aimer et d'être aimée ?" Il est possible qu'au travers de cette histoire se soit répétée une situation du passé dans laquelle vous avez été confrontée au même questionnement : "si je ne suis pas aimée, ou pas aimée assez, ou mal aimée, n'est-ce pas à cause de ma manière d'aimer ?". Ce qui compte dans la construction psychique, ce ne sont pas les événements tels qu'ils se sont réellement déroulés mais tels qu'ils ont été ressentis. Il est fréquent que les drames dont on s'extirpe avec peine soient ceux dans lesquels on espère réparer les blessures du passé, en inscrivant enfin une expérience pleinement satisfaisante par-dessus.
Le fait que vous ayez attendu de rencontrer quelqu'un d'autre (qui compte) pour prendre la décision de rompre vraiment tend à révéler une insécurité profonde. Je soupçonne une grande difficulté, voire une impossibilité, à vivre seule, sans quelqu'un auprès de vous, que ce soit au quotidien ou dans votre cœur. Sans période de solitude et de transition, au cours de laquelle s'effectuent des retrouvailles avec soi-même et aussi le deuil de tout ce à quoi on tenait dans une relation, il est périlleux de se lancer dans une nouvelle rencontre. Ce que vous appréciez chez l'un vous manque chez l'autre, vous n'avez pas encore tourné la page qu'il faut que vous en écriviez une suivante, etc. Cela engendre inévitablement de la confusion et jette le trouble dans vos sentiments, d'autant plus que l'échec de la relation précédente réactive certainement des peurs anciennes, du type abandon, séparation, trahison, etc. Vous vous étiez tellement investie que la déception a été très grande, bien plus que les apparences le laissaient entrevoir, de sorte qu'aujourd'hui, vous penchez vertigineusement vers le passé vous permet, inconsciemment, peut-être de ne pas investir dans l'avenir. Mais de ne pas profiter non plus du présent.
Peut-être vous sentez-vous coupable de n'avoir eu la force de prendre le temps d'être seule et de vous être en quelque sorte jetée dans les bras de votre ami comme dans une bouée de sauvetage, pour oublier... ?
Je pense que nous n'oublions jamais rien de ce que nous vivons. La question n'est pas d'oublier mais d'accepter... L'aide d'un psy est souvent précieuse pour parcourir ce chemin et m'écrire était peut-être déjà un premier pas. Si vous décidez de cela pour vous-même, prenez le temps de trouver quelqu'un qui vous respecte.
Quelques mots encore pour conclure : La passion amoureuse a toujours une fin tandis que l'on apprend à aimer tous les jours. Ayez de la compassion pour vous-même et apprenez à connaître celui qui vous aime et qui semble mieux vous correspondre.

Difficultés à avoir un projet professionnel

Je me turlupine....
Je me demandais si tu pouvais répondre à quelques interrogations... un peu à cheval entre l'amitié et le professionnel... En gros, je coince avec le boulot et je me souviens mais pas entièrement d'une discussion à propos du sabotage, un exercice permettait de mettre à jour les bénéfices cachés ou inconscients pour ne pas aboutir à quelque chose...
Bref, je travaille comme [...] et ai l'envie, ambition de faire [...], mais malgré des encouragements à gauche et à droite, j'ai, je l'avoue, une grande difficulté à me projeter, et à avoir un projet professionnel...
Un peu à l'image d'une amie, il y a longtemps, je ressemble au bateau ivre, je vais de ci de là sans ancrage profond, au gré du vent et ça m'énerve : je voudrais changer cela.
Alors j'écris, presque en écriture automatique "les freins" mais je ne vais pas très loin avec ça.
Voilà en gros le truc.  Une amie.

Réponse :   Je me sers souvent d'une métaphore pour mettre au jour des trésors cachés. La voici : si tu rencontrais une fée qui te propose d'un coup de baguette magique d'exaucer trois vœux, que lui demanderais-tu ?
En relisant ton mail, j'ai envie de te dire : "regarde simplement ton objectif". Sois toute orientée vers la réalisation de celui-ci. Mais quel est-il, me diras-tu ? Vouloir faire [tel métier] n'est pas anodin, c'est un vecteur pour porter ta parole, comme l'artiste témoigne d'un certain regard sur l'objet...

J'ai toujours senti en toi une forme de révolte, parfois sous la forme d'un murmure, quelques fois comme une sorte de rage difficilement contenue. Tes cicatrices sont nombreuses mais le sang bouillonne dans tes veines. Ma question est : qu'as-tu appris des épreuves de l'existence ? qu'as-tu envie de dire au monde ?
Le seul ancrage valable me semble être celui qui te relie avec qui tu es vraiment. La vie est mouvance. La destinée canalise l'énergie, elle lui donne une direction. Ithaque n'est pas importante en soi, elle est cette île sans laquelle le bateau voguerait comme ivre sur l'océan. Ithaque ne compte que parce qu'elle permet le voyage, elle est celle qui favorise un certain cheminement, grâce à elle les marins avancent et leur course n'est plus erratique.
Vivre, ce n'est pas survivre ! Vivre, c'est être en harmonie avec son âme et ses désirs profonds ! Vivre c'est tenter d'effacer les frontières entre les rêves et la réalité. Vivre c'est oser abandonner le confort, les habitudes... pour se lancer dans l'aventure... Vivre, c'est renoncer aux certitudes et savourer la découverte de l'inconnu...
Il y a peu de projets trop grands mais il y a toujours trop de peurs... Quelles sont tes peurs ?

Manipulé(e) ?

J'essaie de me construire de manière positive mais mon entourage me voyant bien tente de me manipuler (ma mère notamment..) afin que je sois comme il le souhaite. Ces personnes ont étudié la psychologie et après une discussion avec eux je suis démotivé(e), je perds confiance, j'ai envie de dormir tout le temps...
Comment faire pour me protéger contre ces emprises mentales qui de plus me donnent des tremblements quand je veux penser comme avant la discussion.
Je suis fatigué(e) de me reconstruire à chaque fois.
Merci.

Réponse :    Au cours de l'enfance, la parole et le regard des parents sont un peu comme le reflet d'un miroir, dans lequel l'enfant se perçoit comme bon ou mauvais. Au début de la vie et parfois bien après, l'enfant est magnifié par sa mère et par son père. Cet amour inconditionnel construit les assises narcissiques de l'individu (l'amour de soi). Petit à petit, les règles de la vie en société sont présentées à l'enfant et il comprend qu'il faut les intégrer s'il veut continuer à être aimé. Cette croyance s'appuie très souvent sur des messages explicites du type "si tu fais ceci, tu seras gentil..." mais elle repose également sur la communication non verbale transmise à l'insu des partenaires.
    En effet, chaque parent porte en lui l'image de l'enfant idéal et rêve d'un avenir pour celui-ci. Pour plaire ou ne pas déplaire, l'enfant se conforme aux modèles parentaux et il adopte les comportements attendus ou valorisés. Inconsciemment, pour séduire le parent de sexe opposé au sien (complexe d'Oedipe), il s'identifie de façon privilégiée au parent de même sexe que lui.
    Un des enjeux de l'adolescence est de permettre au futur adulte de re-choisir ses propres valeurs et de définir son projet de vie personnel. C'est une crise nécessaire puisqu'elle permet, lorsqu'elle peut aboutir à son terme, l'accès au statut d'individu autonome, c'est-à-dire capable de penser par lui-même et pour lui-même. Que ce soit pour le jeune ou pour sa famille, cette étape est difficile à traverser parce qu'elle suppose un temps de perte de repères et une redéfinition des modalités de la relation. De plus, il s'agit pour le futur adulte de se libérer de l'emprise parentale et pour les parents d'accepter que leur enfant ne construise plus son existence autour d'eux.

    Ce processus d'individuation-séparation, qui s'initie dès le commencement de la vie et se poursuit tout le long, peut être entravé par de nombreux facteurs tels que :

- un cadre insuffisamment sécurisant pour que l'enfant pubère ose balayer les anciens repères; 
- la peur d'être rejeté(e) pour oser, au besoin, entrer en conflit avec un de ses parents ou les deux;
- la culpabilité qui interdit à l'enfant de contrarier les attentes de sa mère et/ou de son père;
- une sécurité de base insuffisante qui entrave les potentialités de se réaliser, de se fixer des objectifs et de les atteindre;
- une forme de complaisance à rester sous l'influence parentale qui est certes ressentie comme un carcan mais dans laquelle la personne trouve un certain confort puisqu'elle fait ainsi l'économie de la prise de risques;
- etc. 

    L'hypersomnie est très fréquemment une fuite de la réalité externe ou interne. Elle traduit alors un refus temporaire ou plus permanent d'affronter une situation pénible. Les tremblements sont une des manifestations possibles de l'angoisse. Ils sont donc le symptôme d'un conflit intra-psychique, c'est-à-dire de deux tendances opposées qui tentent de s'imposer l'une et l'autre. Il s'agit probablement et ce n'est qu'une hypothèse, dans votre cas, d'une lutte entre le sentiment de déloyauté vis-à-vis de vos parents si vous suivez vos désirs et le besoin de mener une existence qui vous ressemble.

    Il semble que vous soyez répétitivement aux prises avec ce problème et qu'à chaque fois, vous avez à refaire tout un cheminement mental pour tenir à distance les pensées qui vous minent et remonter la pente. Une psychothérapie vous aiderait très certainement à sortir de ce cercle vicieux. D'une part, en rendant conscient ce qui sape en souterrain votre moral, elle participe à l'amélioration des voies d'action et donc au changement. D'autre part, elle favorise un renforcement du Moi, qui, dans la théorie psychanalytique, est l'instance psychique qui remplit une fonction d'adaptation et d'intégration. On peut assigner au moi «le domaine d'une instance interne, cautionnant une existence cohérente en filtrant et en synthétisant, dans la série des instants, toutes les impressions, les émotions, les souvenirs et les impulsions qui essaient de pénétrer dans notre pensée et réclament notre activité et qui nous mettraient en pièces s'ils n'étaient pas triés et contrôlés par un système de protection progressivement établi et constamment en éveil» (Erickson, E.H. (1968), Adolescence et crise - la quête de l'identité, Paris, Flammarion, 1972, p. 219).

Un psy qui ne va pas bien, est-ce un comble ?

Bonjour, je suis étudiante en psychologie et le comble c'est que dès que je ne vais pas bien je n'ose pas l'avouer à mon entourage. Vous écrire est donc un échappatoire...

Réponse :   Tout d'abord, je voudrais vous dire qu'être étudiante en psychologie ou même psychologue ne vous met pas dans l'obligation d'être une "super-woman". Personne n'a jamais définitivement tout réglé dans sa vie et la vie est rarement un long fleuve tranquille. Les événements se chargent de ramener à la surface ce qui n'a pas été apuré d'affects... 
Il m'arrive aussi de traverser des moments difficiles et j'ai le droit d'en parler avec mes amis proches. Mais j'avoue que comprendre cela m'a demandé à moi aussi un peu de temps, comme si j'étais dans le fantasme de devoir être infaillible pour être reconnue compétente dans l'exercice de mon métier. L'expérience m'a appris que mes zones de fragilité sont aussi ce qui me permet d'entendre, avec plus de sensibilité, la souffrance de l'autre, ses difficultés et qu'ainsi intégrées à ma personnalité, elles sont une force, un allié.
En qualité de psychologue-psychothérapeute, je distingue très clairement ce qui est de l'ordre de ma vie privée et qui ne concerne en aucune manière mes patients. Le travail personnel effectué sur Soi en psychothérapie ou en psychanalyse permet d'éviter de projeter son histoire sur celle de son patient, de prendre conscience des points de résonance et de faire le tri entre ce qui appartient à soi et ce qui appartient à l'autre. Il s'agit d'être dans l'empathie et surtout pas dans la contagion émotionnelle. Nous sommes là pour aider la personne à nouer le registre du rationnel avec celui de l'émotionnel et ce, de la façon la plus harmonieuse possible. Ainsi, l'existence s'enrichit de l'intérieur de l'être.

 

Isabelle LEVERT
Psychologue clinicienne
Psychothérapeute
Pernes les Fontaines (84)

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