Livre : "Les violences sournoises dans le couple"

Auteur : Isabelle Levert

Paru en avril 2011
Éditions Robert Laffont, collection Réponses
334 pages

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les violences sournoises dans le couple4ème de couverture

Mythomane, paranoïaque, narcissique, pervers… Souvent galvaudés, ces adjectifs font pourtant référence à des perturbations de la personnalité dont les effets se manifestent dans la relation à l’autre, et en particulier au partenaire amoureux. Quelles sont les racines de ces dysfonctionnements ? Quel est le déclencheur du volte-face ? Comment le conjoint procède-t-il pour soumettre son partenaire et l’inciter à poursuivre une aventure devenue très désagréable voire toxique ?

Les nombreuses situations de vie présentées dans cet ouvrage témoignent du pouvoir mortifère des échanges, de l’ensemencement d’un sentiment d’impuissance qui étouffe toute velléité de rébellion, jusqu’à ce que la victime trouve les ressources pour se libérer de cette emprise et prononcer un « non » irrévocable, premier mot d’un être qui renaît à sa vie.

Cri de révolte contre la banalisation de la violence conjugale psychique, ce livre est une invitation à se débarrasser de la honte et à briser la loi du silence. Pour toutes les proies qui ont payé le prix fort des larmes, il est un outil sur le chemin de la réparation de soi – pour apprendre à refuser catégoriquement tout empiètement sur son individualité et permettre de se réinvestir dans une histoire amoureuse.

Présentation par l'éditeur

http://www.laffont.fr/site/les_violences_sournoises_dans_le_couple_&100&9782221124765.html

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Article paru dans Migros Magazine du 28 juin 2011.

LE HARCÈLEMENT MORAL N’A RIEN DE BANAL

La psychologue Isabelle Levert nous met en garde contre ces pervers qui usent et abusent des mots et comportements blessants pour miner les fondements psychiques de leur partenaire.

Invisible, pernicieuse, redoutable, la violence conjugale psychique fait peu parler d’elle… Parce qu’elle se déroule à huis clos, dans le secret des alcôves, sans témoin. Parce que les victimes sont souvent honteuses et ne parviennent que très difficilement à se libérer de l’emprise de leur bourreau. Et parce que ces derniers, fins manipulateurs, minimisent leurs actes et affichent leur plus beau profil en société. «Faute de preuves, dénoncer de telles situations, c’est quasi mission impossible!» constate Isabelle Levert. On sent un peu d’amertume dans sa voix.

«Extrêmement destructeur»

Auteur de l’ouvrage Les violences sournoises dans le couple, cette psychologue clinicienne et psychothérapeute française s’insurge contre la banalisation du harcèlement moral. «C’est extrêmement destructeur, ça touche aux assises de la personne, à son équilibre psychique, ça détruit l’amour de soi, la confiance en soi, l’image de soi.» Les blessures sont intérieures, indiscernables. Aussi profondes que douloureuses. Aussi handicapantes que traumatisantes. Le poids des mots, des comportements peut faire autant de dégâts que le choc des coups! Très souvent mythomane, petit paranoïaque ou pervers narcissique (lire encadré), l’abuseur psychique ne vise qu’un but: dominer son conjoint. Pour cela, il déploie des trésors de ruses et d’ingéniosité. Déjà, il joue les don Juan pour charmer sa proie et endormir sa méfiance.
Puis, à mesure que le filet se resserre, il distille son poison par petites touches assassines. La violence monte crescendo, se fait quotidienne: paroles méprisantes, reproches, critiques acerbes, rabaissement, dénigrement, rejet, mépris, indifférence, isolement, intimidation, menaces… Tel un Dr Jekyll et Mr Hyde, le persécuteur alterne attitude douce et charmante avec propos déplaisants et réflexions humiliantes. Ce qui a l’art de déboussoler son souffre- douleur, de lui faire perdre pied.

La victime est comme une mouche prise dans une toile d’araignée: plus elle se débat, plus elle s’englue. Conditionnée par son partenaire toxique, elle est complètement sous son emprise. Elle n’arrive pas à mettre des limites, à se faire respecter, à dire non. Elle pense que c’est de sa faute s’il y a un problème dans le couple et espère encore que cela s’arrangera avec le temps.

Comment s’en sortir?
Difficile dans ces conditions de se libérer de cette prison aux barreaux invisibles. «Etre en mesure de refuser catégoriquement tout empiètement sur son individualité, toute atteinte de son intégrité est important pour ne plus se rendre complice malgré soi du jeu pervers de l’autre, écrit Isabelle Levert. Cette redéfinition des termes du contrat est possible à condition de laisser monter la colère presque jusqu’à la rage – une émotion vitale dans ce contexte –, pour mettre fin à ce système relationnel odieux et destructeur qui est plus un asservissement qu’une relation de couple.»

Enfin, cette psy conseille aux victimes de suivre une psychothérapie pour mettre des mots sur leurs maux, pour retrouver des repères, pour se reconstruire, pour éviter de commettre les mêmes erreurs à l’avenir et donc pour pouvoir se réinvestir un jour dans une nouvelle histoire amoureuse. Bien sûr, les bourreaux, qui ont pour la plupart mal à leur narcissisme, devraient également consulter. Mais là, le pronostic s’avère hélas plus réservé. «Ces personnes ne voient pas forcément le bénéfice qu’elles pourraient tirer d’un changement et, en plus, elles sont manipulatrices et terriblement méfiantes.»


******* PROFILS DE BOURREAUX *******

----- Le mytho -----

Ce Pinocchio est sans doute le moins dangereux de ce trio de persécuteurs. Lui, il ne s’aime pas et ne peut donc pas imaginer que quelqu’un puisse l’aimer comme il est. Alors, il se présente sous un autre jour, comme s’il revêtait un déguisement. Il s’invente un personnage, il incarne un héros pour plaire à l’autre, pour ne pas être rejeté. Il se montre charmant, attentionné, mais laisse entendre à son conjoint, comme l’écrit Isabelle Levert, «que ne pas le croire signifie ne pas l’aimer». Pour continuer à rêver, son partenaire amoureux «adhère à son mythe et devient en quelque sorte complice de la supercherie». «Il en résulte, quand le pot aux roses est découvert, un sentiment de malaise d’avoir été trop naïf, de s’être laissé bercer et berner.»

----- Le petit parano -----

En public, côté face, ce Calimero au sang chaud va paraître plutôt sympathique, charismatique même. En revanche, côté pile, c’est un despote autoritaire qui souffre d’un délire de persécution. Maladivement rancunier, jaloux et susceptible, il en vient à être suspicieux, à accuser l’autre de tous les vices, à le menacer, le harceler, le terroriser.
Isabelle Levert: «Le parano, qui se vit comme le vilain petit canard, a posé en principe de base la méfiance si bien que plus l’autre se rebelle, plus il semble dangereux, ce qui d’ailleurs justifie les attaques virulentes dont il est la cible.» Tout prétexte est bon pour déverser les immondices qui l’encombrent.

----- Le pervers narcissique -----

Le plus redoutable d’entre les trois. Il considère l’autre comme un simple objet au service de sa satisfaction personnelle. Il exècre tout attachement. Il est manipulateur, méprisant. La violence lui permet «d’évacuer les hantises qui l’étouffent». C’est un prédateur sans scrupule! Certains pervers narcissiques peuvent se transformer en de véritables Dracula. «Ces vampires se repaissent de la douleur de l’autre, de ses émotions et de ses larmes. Ils pressent leurs victimes jusqu’à ce qu’il n’en sorte plus rien et après ils s’en détournent pour aller chasser d’autres proies», précise Isabelle Levert.

 

 

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