Choisir son psy

Une femme ou un homme

Quel que soit votre choix, vous progresserez selon le degré avec lequel vous investirez les séances. Autrement dit, quelqu'un qui s'impliquera peu récoltera peu de fruits tandis qu'une personne qui s'impliquera beaucoup avancera plus. Peu importe donc que vous consultiez une femme ou un homme.
Mais, face à la difficulté qu'est parfois la démarche de consulter, il peut être important pour vous de respecter votre préférence. Si vous avez le sentiment que vous serez mieux compris(e) par une femme ou au contraire par un homme, votre choix peut faciliter le premier pas. De plus, suivre votre souhait peut s'avérer décisif quant à vos possibilités d'accorder votre confiance.
A terme, ce choix sera probablement examiné afin d'analyser les motivations inconscientes souvent différentes de celles qui vous apparaissaient aux premiers temps.

Vos premières impressions

Après la première rencontre, il est possible que vous vous sentiez dans un état inhabituel. En effet, il est fréquent d'éprouver à ce moment-là une impression de soulagement, voire de libération, quelques fois de vide, d'autres fois d'inconfort ou de perplexité, etc. Il importe de se pencher sur d'autres points pour déterminer si la personne que vous avez consultée vous convient et de répondre aux questions suivantes :
- vous êtes vous senti(e) accueilli(e) ?
- avez-vous été à l'aise pour vous exprimer ?
- êtes-vous surpris(e) de ce que vous avez dit ?
- vos inquiétudes, peurs ont-elles été respectées ?
- avez-vous le sentiment que votre souffrance a été entendue ?
- vous êtes vous senti(e) en confiance ?
- vos questions quant à la formation du psy, au rythme des séances, à leur prix ont-elles reçu une réponse claire ?
- etc.

Lorsque la décision de consulter un psy est prise en état de crise aiguë, il peut arriver que le premier entretien ait déjà permis d'atténuer l'angoisse ou le désespoir, que votre motivation soit retombée et que vous ne soyez pas très emballé(e) à l'idée de poursuivre. Dans ce cas, il peut être utile de vous interroger non pas sur l'intensité de votre mal-être mais à propos de ses causes et de votre capacité à remonter la pente. Il peut s'agir d'un moment de découragement exceptionnel dans votre histoire ou cela peut être répétitif, voire cyclique, et témoigner de processus inconscients à l'oeuvre malgré toute votre bonne volonté. Dans ce cas, il faut garder en mémoire que le changement soulève toujours des résistances et que celles-ci peuvent vous pousser à rebrousser chemin.

Attention aux dérives sectaires ou charlatanesques

Toute psychothérapie vise à augmenter l'indépendance et le libre arbitre. L'objectif est donc à l'opposé d'une quelconque aliénation. Cependant, étant donné que certains mouvements sectaires ou charlatanesques se cachent sous les termes de "développement personnel" ou autres et que les techniques psychologiques peuvent être utilisées à d'autres fins que celles de votre mieux-être, il faut être vigilant. 

Le rapport de la Commission d'enquête sur les sectes, remis à l'Assemblée nationale le 22 décembre 1995 (aversion intégrale), cite la définition suivante :
«Groupes visant par des manœuvres de déstabilisation psychologique à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l'esprit critique, une rupture avec les références communément admises (éthiques, scientifiques, civiques, éducatives), et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l'éducation, les institutions démocratiques.
Ces groupes utilisent des masques philosophiques, religieux ou thérapeutiques pour dissimuler des objectifs de pouvoir, d'emprise et d'exploitation des adeptes. »
La Commission retient les indices suivants :

A titre d'illustration, ni la kinésiologie, ni la sophrologie n'ont été validées par aucune méthode scientifique. Elles ne sont de ce fait ni définie ni reconnue par le code de la santé publique. Au contraire, Mivilude* attire l'attention sur les dérives charlatanesques et sectaires de la kinésiologie, exercée comme une pratique substitutive et exclusive. L'article L.4161-1 du code la santé publique prévoit que toute personne qui prend part à l'établissement d'un diagnostic ou au traitement de maladies réelles ou supposées, par des actes personnels, consultations verbales ou écrites, ou par tout autre procédé quel qu'il soit, sans être titulaire d'un diplôme exigé pour l'exercice de la profession de médecin ou sans être bénéficiaire des dispositions relatives aux actes qui peuvent être pratiqués dans le cadre des professions paramédicales, est passible de poursuites pour exercice illégal de la médecine.

*Mission interministérielle chargée de la vigilance et de la lutte contre les dérives sectaires
aRapport 2005 de Mivilude 175 p.

Autre article :
Faux souvenirs et manipulation mentale

Isabelle LEVERT
Psychologue clinicienne
Psychothérapeute
Pernes les Fontaines (84)

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